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Opinions of Tuesday, 15 December 2020

Auteur: tgv de l'info

Jeu politique: Serge Aimé Bikoi analyse la démission de Célestin Djamen

Avant, pendant et après les échéances électorales au Cameroun, certains leaders et acteurs politiques s'inscrivent dans le jeu des transactions au sein de l'espace public. Question de se positionner pour certains et, pour d'autres, et de se repositionner dans le champ administrativo-politique. L'on se souvient, par exemple,que dans la moitié des années 90, quelques formations politiques de l'opposition camerounaise ont été fissurées par le parti au pouvoir. Et pour cause: certains leaders avaient accepté d'être cooptés par le régime dans le but de bénéficier d'un strapontin dans le kaléidoscope gouvernemental. Au sein de l'Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), certaines figures politiques qui plus est cadres avaient démissionné pour créer l'Andp(Alliance nationale pour la démocratie et le progrès). C'est le cas de Amadou Moustapha qui est, toujours au prix de la signature de la convention d'alliance gouvernementale avec le Rdpc, ministre chargé de mission de la présidence de la république. Autre cadre dissident du parti qui avait démissionné Issa Tchiroma Bakary avait été aussi coopté dans le gouvernement de 1997. Après avoir été éjecté du gouvernement, Tchiroma y est revenu quelques années plus tard ayant forgé une nouvelle entité politique dénommée le Front du salut national du Cameroun(Fsnc). Tour à tour, il a été ministre de la Communication (Mincom), puis ministre de L'Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop).
L'Union des populations du Cameroun continue, aujourd'hui, de subir la fièvre des divisions internes à cause de la mutation du parti historique en parti administratif à la solde de l'État. Dans le gouvernement de 1997, à la faveur de la signature de l'alliance gouvernementale par feu Augustin Frédéric Kodock, bien de cadres avaient intégré le gouvernement : Simon Mbila, Samuel Makon Wehiong, Isaïe Toko Mangan, Bernard Massoa 2. Dans l'optique de créer un factionnalisme, l'enjeu étant d'opposer Kodock à une autre figure de l'Upc, Henri Hogbe Nlend avait été nommé ministre de la Recherche scientifique, puis limogé quelques années plus tard. Les factions avaient même été, à l'époque, ventilées par des médias : Upc K(Kodock), Upc H(Hogbe Nlend), Upc N(Ndeh Ntumazah), Upc M(Mack-Kit Samuel), etc.

Les querelles intestines qui continuent d'être exposées sur la façade de la république entre Robert Bapooh Lipot, qui se livre au jeu du régime gouvernant en place, et Pierre Baleguel Nkot, Secrétaire général élu aux dernières assises du congrès, témoignent de ce que le pouvoir de Yaoundé met toujours à contribution le paradigme de la division pour mieux régner. Toutes les formations politiques mentionnées supra, qui ont accepté de se muer en partis politiques alliés au Rdpc ont été émiettées et essorées de manière à perdre une représentativité politique quant à la répartition des élus locaux. Le nombre des députés, des sénateurs, des mairies et conseillers municipaux de ces partis alliés en témoigne à l'heure actuelle. Seuls les leaders de ces formations politiques qui sont toujours membres du gouvernement bénéficient, à titre individualiste, des prébendes ou dividendes de cette alliance gouvernementale. De temps en temps, quelques figures de ces partis sont cooptées à certaines positons de pouvoir et d'autorité.

****** L'entrée en scène du G20 en 2018 et l'intégration de deux acteurs-membres dans les instances décisionnelles.

Ces dernières années, un autre mouvement est né dans l'optique de s'impliquer, voire de renforcer le jeu des alliances au Rdpc et d'aider le parti de Paul Biya à gagner les suffrages de la démographie électorale. Il s'agit du G20, dont les figures les plus connues de la scène publique sont Jean de Momo, président national du Paddec(Parti des patriotes démocrates pour le développement du Cameroun), Robert Bapooh Lipot, mandataire de L'Upc, Banda Kani, etc. Après avoir soutenu, mains et pieds liés, le parti au pouvoir à la présidentielle du 7 octobre 2018, deux figures politiques du G20 ont été repositionnées dans des cercles de décisions. J.De Dieu Momo a été nommé ministre délégué auprès du ministre de la Justice, garde des sceaux, le 4 janvier 2019. Le 4 mai 2020, R. Bapooh Lipot, 2ème figure du G20, ancien député Upc à l'Assemblée nationale, bénéficie de la confiance du chef de L'État et est nommé membre du conseil d'administration de la Société de recouvrement des créances (Src). A la faveur de la nomination de Joseph Owona au conseil constitutionnel, Bapooh est élu président du conseil d'administration de cette entreprise. Le G20 est, au regard de ce qui précède, perçu comme un conglomérat clientéliste d'acteurs politiques faisant le jeu du régime en place et adhérant à la cause du parti au pouvoir. Au-delà des espèces sonnantes et trébuchantes dont les membres bénéficient pour mener leurs actions, des membres escomptent, in fine, une insertion dans les arcanes de prise de décisions.

***** Célestin Djamen: dans lentre-jeu de l'entrisme?

En jetant un regard sur la démission du Mouvement pour la renaissance du Cameroun(Mrc) de Celestin Djamen ce lundi, 14 décembre 2020, quelques curiosités attirent l'attention de plus d'un, notamment celle relative à la nouvelle mission que le désormais ancien Secrétaire national en charge des droits de l'homme s'assigne. Dans sa nouvelle aventure, Djamen décide de mettre en place ce qu'il appelle "La république en force" dans le dessein de travailler à l'ancrage des valeurs républicaines. Cet homme politique, dans son exposé, dit combattre la politique de la personnification de la gestion du pouvoir, entreprend de combattre l'intolérance entre les tiers et exprime le vœu de rassembler hommes et femmes engagés respectant une idéologie visant à prôner la formation des militants, l'éducation et l'acceptation de la liberté des autres. Ce registre de la "république en force" semble converger vers les idéaux du Front démocratique pour la réconciliation et la relance(Fpr), créé par Jean Claude Shanda Tonmè, et dont l'objectif est de réconcilier les gens dans une société où la haine, les mésententes, le tribalisme, les querelles, la ruse, etc ont brisé les relations interindividuelles.
En analysant, de manière holistique, la convergence des idéaux émis par chacun, idéaux tendant à promouvoir les valeurs citoyennes chères la république, il n'est pas exclu que ces deux figures se repositionnent dans des cercles de décisions et s'intègrent dans le champ de la gestion des parcelles du pouvoir au gré de la cooptation. Tout est possible dans la dynamique des tractations, des transactions et des interactions avec les barons de la nasse gouvernementale et du pouvoir étatique. Tel que Djamen évolue en persiflant et en stigmatisant ses anciens camarades du parti, l'enjeu est de se repositionner et de bénéficier, au demeurant, des largesses et des faveurs du régime, dont il défend, d'ores et déjà, des idéaux. Pour quel dessein? Visiblement, pour rentrer dans le jeu de l'entrisme. Question d'accéder à un strapontin déterminé vu qu'il n'a pas obtenu un poste électif dans le Mrc ayant boycotté les dernières élections locales. La politique alimentaire ou celle de la manducation ou de l'œsophage semble être un desiderata des acteurs politiques ayant pour ambition de se faire de l'argent en politique. Du coup, l'on s'enlise dans les considérations de la politique du ventre visant, au demeurant, à tirer des rentes des transactions avec des têtes de proue du pouvoir de Yaoundé. Lorsque Alain Fogue, trésorier national du Mrc, annonçait, il y a quelques mois, que certains cadres du parti sont prêts à briser la dynamique de la renaissance, Djamen était-il l'un des présumés acteurs concernés par cette récrimination exposée sur la place publique en guise d'avertissement aux Mrcistes? Cela ne se dessine-t-il pas aujourd'hui a posteriori ? A qui le tour serait-on tenté de se demander? En tout cas, les prochains mouvements de nomination, d'intégration et de réintégration dans les positions de pouvoir et d'autorité nous renseigneront, à coup sûr, sur ce que deviendront les nouveaux convertis aux idéaux pro-Biya. Wait and see!"
Le Don King

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