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Opinions of Wednesday, 20 May 2020

Journaliste: Patrice Nganang

Homosexualité: ' Nganang est 'pédé', Owona Nguini en a pris trop en pleine figure'

Patrice Nganang et Owona Nguini Patrice Nganang et Owona Nguini


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J’ai lu avec amusement la note que Mathias Owona Nguini a insérée en dessous de ma critique de son populisme de droite. Ma critique doit lui être entrée sous la peau au point de court-circuiter son squelette. C’est bien, car tel est la fonction de la vérité. Cependant en toute convivialité, j’aimerai bien lui donner quelques conseils, car sans doute ne sait-il pas que ses textes sont lus en dehors de Yaoundé où il les crache dans la rue. Manière de lui suggérer de ne pas devenir aussi facilement la risée des universitaires, car tout échange n’est pas ce pugilat avec les Billy Show et autres Ateba Eyene qu’il a eu. Je vais donc aller point par point et lui montrer les fautes graves de logique que j’ai relevées dans sa note, ma volonté étant de l’élever, sinon d’élever le débat.

1. Eviter les accusations mimétiques : parce que je l’ai accusé d’avoir suivi une ligne de raisonnement tribale, il m’accuse moi, de tribalisme. Reflexe typiquement camerounais qui veut que qui accuse quiconque d’un mal souffre du mal identique, du genre : ‘tu es une bordelle.’ Réponse : ‘bordelle toi-même !’ Ainsi chez nous, qui défend une victime d’exclusion, est frappé de la même identité exclusive que cette victime. A cette allure, moi qui défends Enoh Meyomesse, ai defendu Bertand Teyou, Joe la Conscience, changerais de nom tout le temps !

2. Eviter à tout prix l’injure à la personne comme réponse, bref, la confusion entre critique et dénigrement : Mon texte sur le populisme de droite qui s’est saisi de notre pays depuis Epervier, et ce dans sa version la plus vile, le poujadisme haineux, adressait spécifiquement le manque de courage politique d’Owona Nguini ‘dans l’action’, même quand celle-ci a lieu sur le campus où me dit-on il enseigne. Ainsi, disais-je, il n’a même pas levé le petit doigt quand ses propres étudiants, Hervé Nzouabeth, Emilien Atangana, Barthelemy Tchoauleu, sont jetés dans la prison de Mfou. Sa réponse ? Amande honorable ? Non, elle néantise ce fait établi et s’attaque à ma personne pour me décrédibiliser. Vieille tactique RDPCiste – tuer le caractère de son adversaire au lieu de lui répondre.

3. La confusion entre les petits et les grands, entre le vrai et le faux : ceux qui ont vécu les années de braise se rappellent sans doute le décret qui avait fait de Um Nyobe, Ouandie, Moumie et… Ahidjo, des héros nationaux. La critique était alors que dans une phrase, les victimes et les bourreaux étaient unis, et que l’écriture camerounaise devait être plus prudente, plus intelligente, oui, avec ceux qui se sont mis aux côtés du peuple. L’établissement de fausses équivalences dont le but évident, dans l’association d’un membre de l’auto-défense et d’un dissident, nivelle les deux et fait disparaître les distinctions entre le faux et le vrai sans quoi on ne sait plus qui est qui, qui a fait quoi et pourquoi, ni pourquoi par exemple Semengue de son propre aveu, a coupé la tête des Camerounais dans l’Ouest, de 1960 à 1970 ou Ateba Eyene vendre ses camarades de classe dans l’auto-défense.

4. L’hystérie à la place de l’analyse : Ma critique accusait Owona Nguini de plonger dans le ressentiment qui au Cameroun voit des ‘pédés’ partout où il y a du succès, trouve des ‘rosicruciens’ chez tous ceux qui excellent, jette en pâture à la meute l’éclat en le criminalisant (‘sectes magico-anales’, ‘anustocratie’, ‘homocratie’), et donc capitalise sur la haine de la populace qui a soif de sang après trois décennies de cette tyrannie qui l’a nourri car son père en est un architecte, lui, et a trouvé son porteur de voix dans Ateba Eyene qui en avait fait son fond de commerce. Cette écume aux mains sanglantes-là donc, qu’Owona Nguini appelait ‘homme de vérité’. Conséquence ? Owona Nguini m’accuse de populisme et d’user des ressentiments. Nous voilà dans l’hystérie qui identifie ma critique et la sienne, pour ainsi créer le chaos, le désordre mental chez le lecteur donc, et nullifier ma parole.

5. Le verbiage à la place de la pensée : Je dois dire que, universitaire, je n’aime pas le jargon, et qui plus est, j’ai écrit et défendu mon doctorat dans une langue qu’Owona Nguini ne pourrait pas utiliser, et j’enseigne tous les jours dans une autre dans laquelle il est analphabète. Ecrivain, j’ai compris depuis longtemps cependant que le jargon cache plus le creux de la pensée qu’il ne révèle l’intelligence, et est parapluie de l’imposture. Allez le lui dire !

6. Le Cameroun comme exception politique ! Nous voilà avec la maxime du RDPC, ‘le Cameroun c’est le Cameroun’. Je cite une fois de plus Owona Nguini : ‘la notion de poujadisme n'a aucun sens historique, sociologique ou anthropologique au Cameroun.’ Aucun sens, nessa. La conséquence logique ici : le Cameroun est un pays extraterrestre. Du Biyaisme pur et dur donc. Pas surprenant vu qu’il s’en est nourri bébé.

7. ‘Nganang est un pédé !’ ou la quête des boucs émissaires – eh bien, quiconque s’est fabriqué une personnalité, a du succès, est taxé aujourd’hui au Cameroun de ‘pédé’, ‘d’anustocrate’, etc. Lisons Owona Nguini : ‘On voit la collusion idéologique de Nganang avec les baronnies du Renouveau installées dans ce que le Patriarche Woungly Massaga a appelé l'homocratie.’ La conséquence logique : le succès est criminalisé, parce que devenu incompréhensible dans ce pays. Mais parce qu’il n’est pas courageux, Owona Nguini se cache derrière ‘le Patriarche Woungly Massaga’ pour sombrer dans la boue homophobe. Quel lâche !

8. Accuser l’autre du crime que l’on vient de commettre soi-même – le tribalisme. Allons-y donc : Owona Nguini élève son ami et frère de l’Océan, tout en silenciant cet autre-là, Lapiro de Mbanga, lui ‘l’analyste socio-politiste’. Dans la suite de cette infamie qui a une très longue histoire au Cameroun je lis une suite de Jean-Marie Mollo Olinga dans Le Jour qui continue ce qu’a dit Owona Nguini. Or voilà, quiconque présente cette suite de favoritisme tribal comme fait de tribalisme, est soudain taxé de tribalisme par Owona Nguini! Il y a plus, et je le cite: je serai donc selon lui ‘cripto-fasciste’ ‘ethnofasciste’, etc, pour avoir débusqué et condamné son propre tribalisme ! La conséquence logique : confusion entre description et prescription. Mais ici c’est un mal bien Camerounais, et là Owona Nguini est le commun de mes compatriotes. Hélas !

9. Le reflexe négatif : autrement dit, parce qu’Ateba Eyene jetait en pâture des membres du RDPC dont il était membre du comité central, pas tous, cad, pas le président de ce parti, Paul Biya ; parce qu’il coupait la branche sur laquelle il était assis, alors il est un héros positif. Citons Matthias Owona Nguini : ‘S'il n’y avait aucun progressisme chez Ateba, comment notre brave Nganang explique-t-il la puissante antipathie des barons du Renouveau pour Ateba?’ La conséquence logique : la confusion intellectuelle qui fait prendre l’envers pour l’endroit. Pauvre Matthias !

10. La ‘diaspora’ comme nouvel ennemi, car tel est bien la ligne de démarcation que le régime a tracé pour encore plus enfoncer ce pays, et que la commune mesure accepte comme principe. Je cite Owona Nguini : ‘Ateba ne jouait pas au héros à 4000 km comme le fait notre polémiste don quichottesque!’ La conséquence logique : vertige devant la fin des dualismes. Cad. Owona Nguini ne peut que ce présenter ceci : puisque je ne suis pas à bavarder avec lui à la télé ou à la radio à Yaoundé ou à Douala, alors je suis à New York. Quelle rigidité intellectuelle ! Il ne peut pas s’imaginer que je vive dans ces deux endroits à la fois (bilocalité ! binationalité !, mais ça vient, ça vient !), ni encore à plusieurs endroits l’un après l’autre, dont Yaoundé, Berlin, Paris, Douala, New York, Johannesburg, etc., et partout me serve du même MacBook Air qui me sert pour écrire.

11. Le fils à papa qui veut tuer les autres aux dépends de son père. Ah, si seulement ma génération n’avait des souvenirs sanglants de Joseph Owona. La main couverte de sang n’inspire jamais la confiance, même si elle est lavée par le fils. Je lis ceci : ‘Il est insupportable pour notre petit prétentieux de Gotham City qu'un critique politico-intellectuel du régime soit dénommé Owona Nguini et soit qui plus est, fils d'un baron de ce régime.’ La conséquence logique : l’exercice trop visible chez le RDPC de la triangulation des forces progressistes doit être avalé par toute intelligence critique. Que non, que non ! Il en faut plus chez moi, et supporter l’écume populiste de ce pays n’y aide pas, encore moins quand elle est astroturfée par le RDPC et ses organismes satellitaires comme le Rassemblement pour la Jeunesse du l’homophobe en chef Sismondi Barlev Bidjoka.

12. Un jour Owona Nguini comprendra que chaque microphone dans lequel il parle est plongé dans le sang de ces Camerounais de son âge qui, parce que Parlementaires, furent tués durant les années 1990, et que cela seul devrait empêcher à son pater de dormir si celui-ci avait une conscience. Hélas, qu’avons-nous ? Il parle plutôt latin : car c’est ainsi qu’ils parlent dans le pays organisateur, de Jacques Fame Ndongo à Owona Nguini : en latin. J’ai lu : ‘Du véritable délirium tremens’. Bebela ! Et puis, il parle lui aussi de lui-même à la troisième personne du pluriel, parce que peut-être se croit-il être devenu ce peuple que leur parti a éloigné de la chose politique sinon chassé du pays. Lisons : ‘Il pousse même le ridicule jusqu'à nous taxer de populiste de droite!!!’ La conséquence logique : C’est si facile de se croire excellent dans une cour de laquelle toute intelligence critique a été chassée ! La première critique fait frémir, bégayer, et perdre tout son… latin, car d’où peut-elle venir sinon du néant ?

13. Lire, lire beaucoup, surtout quand on est un professeur d’universités. Dans sa note, j’ai cru comprendre qu’Owona Nguini identifie ma position ‘idéologico-intellectuelle’, comme il écrit, avec la défense systématique du ‘lumpenprolétariat’, ce que je comprends être les déshérités de la société camerounaise, à la différence de défendre des gosses de ministre comme lui. Pour caricaturale que cette vue est, elle révèle cependant ceci : des douze livres que j’ai publiés, dont plusieurs ont fait l’objet de thèses de maîtrise, de DIPES et de doctorat dans les universités et Grandes écoles au Cameroun et ailleurs, Owona Nguini n’en a vraisemblablement lu aucun. On me le dit aussi universitaire. Ne pas lire des livres, il me semble, est le pire des crimes de notre profession. Mais au Cameroun, sans doute, le niveau universitaire des enseignants des facultés se reflète dans le luxe de l’inculture qui lui fait se contenter de quelques phrases de moi qu’il a glanées ici et là pour porter un jugement sur ce que je pense.

14. Avoir de la curiosité politique. Owona Nguini résume donc mes ‘position idéologiques’ comme étant ancrées dans le ‘lumpenprolétariat’, dont je ne ressortirais que rancœur et jalousie. Etonnant pour quiconque me voit depuis 2003 défendre les leaders estudiantins de l’ADDEC (ses propres étudiants donc), sinon pêle-mêle Marafa Hamidou Yaya, le collègue de son papa, Enoh Meyomesse, Bertrand Teyou, Vanessa Tchatchou, bâtir des coalitions de partis (SDF, UDC, CPP, MANIDEM, etc.) pour former des citoyens dans la défense de leurs droits ! Qui ai crée le prix Bibi Ngota avec le Tribunal Article 53, et beaucoup plus encore, étonnant que pour un ‘socio-politiste’, tel travail se résume dans des catégories marxisantes. A-t-il vraiment un doctorat, ce gars ?

15. La prochaine fois où il prend la peine de permuter les lettres de l’alphabet pour écrire ‘Nganang’, je lu conseille honnêtement de se renseigner auprès de ses étudiants, ses collègues, et même, oui, sa famille, pour savoir qui je suis vraiment, afin d’éviter ce que je viens de lire et qui est honteux simplement.

Remarque générale pour finir : j’ai fait le trajet Yaoundé-Douala tout à l’heure avec le professeur Mono Ndjana qu’il connaît sans doute. A un moment le vieux s’est retourné vers moi et m’a demandé ceci : ‘quand vous êtes ici, n’avez-vous pas peur pour votre sécurité ?’ La question ne m’a pas surpris, car elle m’est posée tous les jours quand je suis au Cameroun – mais venant de lui ? La sincérité de son visage m’a cependant fait l’embrasser. ‘Pourquoi ?’, lui ai-je demandé. ‘A cause des genres de textes que vous écrivez, car ils sont très durs’ ‘Non’, lui ai-je-dit, ‘ce pays est certes inhabitable, mais c’est le mien.’ ‘Ces gens se retournent surtout contre ceux qui comme vous ont bâti leur indépendance d’esprit sans le soutien d’un parrain’, me dit le vieux. Eh oui ! Je sais que cette peur de chaque libre penseur fait les médias privés se retourner en masse vers le seul Owona Nguini, qui a la couverture de son papa champion d’Essingan pour parler, comme Ateba Eyene avait celle de Semengué le coupeur de têtes des Camerounais. Se promener impunément dans une scène publique vidée d’intelligence critique par l’œuvre sanglante de son père et par celle des hordes sanglantes de l’auto-défense des Charles Ateba Eyene donne certes des airs de supériorité à Owona Nguini. Cela ne lui confère cependant pas la sagacité critique, comme je viens de le montrer en quinze points qu’il devrait prendre très au sérieux la prochaine fois où il lui vient en idée de mentionner mon nom. La néant critique camerounais est une marque déposée de la tyrannie dont il est issu. Pauvre pays pris en otage par les mêmes gens ! Vraiment, le Cameroun est dans le cabinet !

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