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Opinions of Monday, 17 June 2019

Auteur: Olivier Tchouaffe

Guerre en Ambazonie: le viol de masse désormais érigé en butin de guerre

Avec les informations faisant état de la généralisation de la « prostitution», qui commencent à nous parvenir au nombre des effets collatéraux de la sale guerre anglophone au Cameroun, le CL2P insiste sur le fait que cette forme particulière de «prostitution» est une des conséquences des différentes tactiques meurtrières mises en œuvre par le régime de Biya dans les régions anglophones du Cameroun. Il s’agit, en effet, d’un viol de masse comme résultat de butin de guerre.

De nombreux journalistes, tels que Michel Biem Tong, commencent à lever le voile sur l’étendue des sévices infligés aux anglophones dans les lieux de détention, montrant combien le régime de Biya se délecte de la violence et carbure littéralement à la haine, dans un sentiment de pouvoir absolu sur des personnes vulnérables sans aucune défense, brisant de la sorte le corps et toute volonté de résistance – et c’est exactement ce qu’il obtient à travers cette « prostitution » de la guerre.

Sur ce sujet, Joël Didier Engo, président de la CL2P, écrit que
“Le dictateur Paul Biya n’aimerait certainement pas voir sa propre fille Brenda Biya contrainte un jour de se prostituer pour assurer au moins un repas à ses parents…

Non, assurément pas.

Alors pourquoi l’inflige-t-il aux enfants des autres, en refusant obstinément d’engager ce dialogue inclusif réclamé aujourd’hui par tous les acteurs et observateurs avisés de la guerre civile qui sévit au Cameroun anglophone?
Par pure cruauté véritablement diabolique.”

En effet, cette affaire de «prostitution» fait simplement partie du modus operandi d’un régime tyrannique, qui utilise la terreur et la violence pour prendre ce qu’il veut (la terre, le pouvoir, les femmes) par la force, car ils ne peuvent pas l’obtenir de la même manière que le feraient des gens civilisés.

C’est pourquoi la guerre n’est rien de plus qu’une forme de violence organisée, où des personnes brutales et sans morale imposent la domination absolue du plus fort sur la victime sans défense, et où le vainqueur s’accapare de tout le butin, pendant que la vérité et les droits de l’Homme deviennent et sont les premières victimes. Dans ce contexte, faire face à la brutalité primaire comme celle-ci avec une brutalité égale ou supérieure ne peut non plus jamais être la bonne solution. C’est seulement en promouvant et en construisant une société véritablement civilisée que nous pourrons espérer débarrasser le monde du fléau de l’exploitation sous toutes ses formes. Y compris le viol.

Aussi, le CL2P ne blâmera pas les jeunes femmes contraintes de se prostituer car il ne croit pas au type de culture de la diversion par la culpabilisation des victimes dans laquelle le régime tyrannique laisse fréquemment entendre que les « prostituées » seraient d’abord à blâmer pour leur propre comportement déviant, ou que les opposants politiques pacifiques et légitimes seraient soit des « prévaricateurs des fonds publics », soit des insurgés » ou des « terroristes ».

La vérité, cependant, est que même la barbarie, dans sa forme la plus bestiale, finira par se révéler inefficace.

Certes, il n’y a relativement (par rapport à la masse globale) que peu de femmes qui soient violées, ainsi qu’un nombre forcément limité individus qui puissent être jetés en prison avant que ces actes ne perdent leur « efficacité » escomptée par la tyrannie. Mais en punissant tout avec une telle brutalité sans égale comme on l’observe au Cameroun, le régime de Biya est en réalité dans une spirale interrompue d’échecs programmés. C’est une vérité horrible à prendre d’ores et déjà en compte malgré le supplice infligé à ses victimes. Car, encore une fois, les régimes dictatoriaux brutaux animés par une moralité et une immortalité obscènes se sont tous systématiquement effondrés dans le temps et le régime de Yaoundé n’y échappera pas.

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