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Opinions of Saturday, 7 November 2020

Journaliste: Me Jean Guy Zogo, homme politique

Guerre au Noso : le mensonge d'Etat éventré

«Un peuple qui entend se gouverner lui même doit s’armer du pouvoir que confère la connaissance» disait James Madison.

Alors qu’il y a quelques années encore, la plupart des Camerounaises et des Camerounais ne voyaient la violence, la barbarie, et toutes les formes d’expression de la bêtise humaine, que dans les films ou les informations et images d’archives venant des pays africains, asiatiques et sud-américains en proie à des guerres civiles à répétition et des rébellions armées, des coups d’État, des génocides ou des guerres interétatiques; toutes ces horreurs semblent désormais avoir posé leurs valises chez nous.

Du grand banditisme qui a semé la terreur dans des viliés comme Douala, à la crise sociopolitique et sécuritaire qui sévit dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, en passant par le banditisme transfrontalier caractérisé par le phénomène des «coupeurs de routes», la piraterie maritime dans le golfe de Guinée, les incursions des groupes armés dans la région de l’Est et les attaques terroristes de la secte islamiste Boko Haram, le niveau de violence, de brutalité, de bestialité, de barbarie et de tuerie auquel se sont retrouvées exposées les Populations Camerounaises, est allé crescendo. Les limites de l’inimaginable, de l’inexplicable, de l’impensable, de l’impardonnable, de l’irréparable et de l’horreur cédant chaque jour qui passe sous les coups de boutoirs d’une ignominie humaine qui a fait, malheureusement, son lit dans notre pays, prenant pour cible, dorénavant, les plus faibles, les plus vulnérables, les plus précieux et les piliers de toute société soucieuse de la construction de son avenir : les femmes et les enfants !



On ne compte plus les vidéos de compatriotes lâchement assassinés par décapitation, tirs de balles réelles, explosions de bombes artisanales, et autres, des corps sans vie dépecés dans un mépris indescriptible de l’être humain. Et depuis quelques jours, ce sont des vidéos d’enfants dénudés de force dans une école, des enseignants enlevés, qui saturent les réseaux sociaux. En cherchant ainsi à terroriser et à traumatiser des élèves et leurs enseignants, c’est aux fondements même de la société Camerounaise que ces barbares ont décidé de s’attaquer. Ce qui ne laisse plus aucun doute sur leurs funestes ambitions pour le Cameroun.

« Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore la certitùde absolue.» disait Albert Einstein. Je pourrais ajouter à sa suite, que la bêtise humaine est infiniment féconde en duperie, en méchanceté, en cruauté, en stratégies destructrices, et en hypocrisie. Oui, le mot est lâché, hypocrisie !



Comment comprendre en effet qu’il se trouve des Camerounais pour apporter leur soutien à ces gens qui tuent, pillent, mutilent, et terrorisent les Populations Camerounaises, en justifiant de tels actes par des raisons de revendications d’un retour au fédéralisme ? Décidément, la bêtise humaine a cette exceptionnelle faculté d’être insensible aux souffrances de la vie.

« Tout le monde est contre la guerre, mais les forts ont besoin d’elle pour prouver aux faibles qu’ils sont forts. Si bien qu’on ne s’en débarrassera jamais, parce qu’il y aura toujours des faibles.» disait Roger Fournier. J’ai l’habitude de le dire, les Populations Camerounaisés sont victimes d’une véritable escroquerie idéologique, politique, socioculturelle et économique, depuis l’instauration, dans les années cinquante, dans notre pays, sous l’impulsion de Louis Paul Aujoulat, pour le compte de la puissance colonisatrice et esclavagiste, la France, d’un système néocolonial mafficux de gestion du Cameroun, destiné à perpétuer sournoisement l’esclavage et l’asservissement des Populations, pour mieux continuer à exploiter de nos ressources naturelles au seul profit de l’État français. Les agents infiltrés du néocolonialisme que j’appelle les nouveaux administrateurs des colonies, qui tiennent tous les leviers du pouvoir dans notre pays aujourd’hui et ce depuis un demi-siècle pour certains, n’ont eu de cesse d’implémenter des politiques publiques néfastes pour la construction d’un État de droit, de la cohésion sociale, d’un développement économique réel, de la prospérité et de l’autodétermination du Cameroun.


Après 38 ans de pouvoir, le régime de Yaoundé nous offre aujourd’hui, un bilan, au mieux mitigé, au pire, et c’est ma position, calamiteux ! Devenu champion de l’esbroufe politique, de la gouvernance par embuscades, et de la répression systématique des voix dissidentes, dans un contexte de corruption systématique à laquelle n’échappe pas hélas le système judiciaire, pourtant le dernier rempart contre les déséquilibres sociétaux, et la poutre maîtresse de la construction d’un État de droit.

Depuis le début des manifestations contemporaines de la crise dite anglophone il y a quatre ans, le régime a mis en application sa recette favorite : répression, corruption des consciences, manipulation politique de l’information, déni de la réalité du terrain, minimisation du problème pourtant latent depuis les années soixante, et il persiste aujourd’hui encore dans la même stratégie avec des entourloupettes politiques tels que le fameux grand dialogue national sans exclusive. Pourtant le nombre de morts et d’actes terroristes ne cesse de croître au fil du temps.

Il y a quelques mois, le gouvernement disait de manière péremptoire que la situation est déjà sous contrôle et que le retour à la normale se ferait de manière progressive, invitant lès Populations déplacées à l’intérieur du pays, à regagner les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest qu’elles avaient fui et à envoyer à nouveau leurs enfants dans les écoles et les universités.

La rentrée scolairé a eu lieu le 5 octobre dernier, c’est-à-dire il y a à peine un mois, et des enfants innocents perdent déjà la vie ! Jusqu’à quand va-t-on persister dans ce véritable mensonge d’État ? Combien de morts faudra-t-il déplorer pour que l’on sorte de cette escroquerie politique et idéologique ? Aussi bien ceux qui sont derrière ce mouvement sécessionniste, notamment les puissances impérialistes et prédatrices occidentales et orientales qui veulent faire main basse sur les immenses richesses de notre pays, que les compatriotes qui leur servent de relais, et les nouveaux administrateurs des colonies actuellement au pouvoir et visiblement décidés à le conserver à n’importe quel prix, toutes et tous semblent n’avoir aucune empathie pour les Populations Camerounaises meurtries, paupérisées, et sacrifiées sur l’autel des intérêts géopolitique, géostratégique et économique bien connus. Comme le disait Frantz Fanon, le plus grand succès des ennemis de l’Afrique, c’est d’avoir réussi à corrompre les Africains eux-mêmes !

Comment des Camerounais, des Africains peuvent-ils accepter d’être des co-auteurs, des complices, des comparses de telles atrocités commises sur d’autres Camerounais, d’autres Africains ? Au nom de quoi des Camerounais sont-ils tués dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest ? Au nom d’un héritage colonial mal connu, mal assumé et mal géré ?

Comme il y a quatre ans, et chaque année depuis lors, sur la question de la résolution définitive de la crise dite anglophone, je continue à tendre la main au régime de Yaoundé, pour que nous instaurions ensemble, un véritable dialogue politique national inclusif et sincère. Le Cameroun est un bien commun et nous devrons, que nous le voulions ou pas, travailler ensemble à le préserver.

J’appelle toutes les Populations Camerounaises, des 10 régions, des 58 départements, des 360 arrondissements, des villes, villages et quartiers, à me rejoindre dans la lutte Panafricaniste authentique et pacifique, afin qu’ensemble, unis par la même vision d’un Cameroun indépendant, dans une Afrique unie et libérée, nous mettions tout en œuvre, pour l’avènement des États-Unis d’Afrique.

Le Panafricanisme authentique est la seule, l’unique et l’ultime voie de salut pour le Cameroun et l’Afrique. »

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