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Opinions of Friday, 28 June 2019

Journaliste: Dan Eboudou Essissima

Gouvernance de Paul Biya: à Mvomeka'a, la population est divisée


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Du 7 au 13 Janvier 2018 dans son 1er numéro (n°2974) de 2018. Jeune Afrique est allé à Mvomeka'a, village de Paul Biya, le président du Cameroun depuis novembre 1982. Nous y apprenons: Il y a deux Mvomeka'a. Celui de Paul Biya avec route parfaite menant au palais, à l'aéroport et le reste sans eau courante, ni électricité.. (P.35).

« Il y a deux Mvomeka’a. La route qui mène au palais est parfaite. Mais regardez l’état des autres ! Qui peut croire que nous sommes les voisins directs du chef de l’État ? » demande Émilienne, une institutrice, avant de conclure, amère : « Nous ne sommes pas les petits princes que certains imaginent. L’eau courante fait défaut. Depuis trente-cinq ans, Biya omet de régler les problèmes de son village. »

Émilienne aimerait voir Biya se servir de son pouvoir pour transformer son fief en une ville résolument moderne. Au contraire, il en a fait un sanctuaire d’œuvres inachevées, comme les 120 logements sociaux financés en partie par le Crédit foncier du Cameroun. Treize ans après le lancement de ce programme, en 2004, dix villas sortent péniblement de terre. David Nkoto Emane, le très dévoué directeur général de Camtel, également originaire de la région, a bien tenté de sauver les meubles en achetant une cinquantaine de logements destinés à ses salariés pour un montant de 100 millions de F CFA. Mais son initiative a fait long feu.

Calcul politique ou égoïsme ?

« Tout le monde flatte Biya : “Papa, je construis quelque chose.” Une fois les félicitations d’usage reçues, le projet est aussitôt abandonné », déplore Émilienne. Et de citer aussi l’exemple du stade Paul-Biya de Meyomessala, également inachevé alors que 2 milliards de F CFA ont déjà été engloutis. À ses yeux, les seuls lieux qui valent le détour sont la mairie et le complexe commercial, construits à l’initiative de l’ancien directeur général du Feicom, Gérard Ondo Ndong, emprisonné depuis 2006 dans le cadre de l’opération « mains propres ». Ou encore la radio communautaire Etete FM et le centre multimédia, financés par l’Unesco.

« Les Français diront que les Biya sont discrets, poursuit la jeune femme. Pour nous, les Boulous, ils sont égoïstes. » Et, contrairement à Ondo Ndong, qui continuerait à dispenser ses largesses depuis sa prison, notamment en période de fêtes, « Biya n’a jamais offert ne serait-ce qu’une cuisse de poulet à un fonctionnaire de son village ». Mojaz, lui, veut bien reconnaître quelques privilèges. « Pour la fête du mouton, la Turquie a coutume de donner de la viande de bœuf aux habitants de la commune. » À en croire Mono Ndjana, « ne pas consentir d’extravagantes faveurs est une manière de prouver qu’il œuvre pour l’ensemble des Camerounais et non pour son seul village. C’est un calcul politique à valeur pédagogique. »

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