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Opinions of Wednesday, 27 May 2020

Journaliste: Michel Biem Tong

Fuites, refus de visas: voici comment la mafia israëlienne protège Paul Biya et ses proches


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Il y a quelques jours, le journaliste et lanceur d’alertes camerounais Boris Bertolt annonçait que le secrétaire général à la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, était en train de faire voyager sa famille pour Israël. Ceci n’a rien d’anodin car Tel Aviv semble avoir installé au sommet de l’Etat du Cameroun un réseau mafieux qui opère dans tous les domaines de souveraineté (notamment la sécurité) et met à mal les intérêts français.

De sources dignes de foi, l’une des filles de Ngoh Ngoh s’est vue refuser le visa d’entrée en France. Sans doute parce que son géniteur est jugé trop proche d’Israël ? Le fameux "réseau nanga" (celui de Chantal Biya) qui s'active pour la succession de Paul Biya, jouit-il de la protection israélienne? Difficile d’y aller avec certitude.

Après le coup d’état manqué du 6 avril 1984, Paul Biya, sur proposition d’un diplomate américain, a confié sa garde rapprochée aux Israëliens, ne faisant plus trop confiance aux français. C’est ainsi que la formation et l’instruction au sein de la toute nouvelle Garde Présidentielle (née des cendres de la Garde Républicaine), créée en 1985, ont été confiées à Israël. La Garde Présidentielle du Cameroun est l’une des rares dans le monde qui porte un uniforme aux mêmes couleurs que ceux de Tsahal (l’armée israélienne), des rangers jusqu’au bérets. Le Bataillon d’intervention rapide (BIR), unité d’élite de l’armée camerounaise, est, elle aussi, une fabrication de Tel Aviv.

L’un des conseillers militaires de Paul Biya depuis 1984 s’appelait (le régime Biya serait en train de camoufler son décès, nous confie une source digne de foi) Mayer Herès, ancien sergent au sein de l’armée israélienne devenu agent du Mossad, les services de renseignement israéliens. Israël est également très présent dans le contre-espionnage au Cameroun à travers des appuis logistiques et techniques à la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) et à la Division de la Sécurité Militaire (SEMIL), en charge du renseignement militaire.

Cette contribution importante de Tel Aviv dans les milieux de la sécurité et du renseignement au Cameroun a eu pour conséquence une ruée lente mais sûre vers certaines affaires de souveraineté notamment le pétrole. Les massacres sur des civils en cours dans le Cameroun anglophone est l’œuvre du BIR sur ordres de certains responsables civils et militaires camerounais, certes. Mais en arrière-plan se trouve le lobby israélien qui veut garder la mainmise sur le pétrole qui git en zone anglophone. La France ne se contente que du volet diplomatique.

Comment Israël s’impose dans les milieux de la mafia camerounaise ? Ex-conseiller militaire du président zaïrois, Mobutu Sese Seko, Mayer Heres a été sollicité par Paul Biya pour penser sa sécurité rapprochée. Arrivé au Cameroun en 1984, il occupe tout le 14e étage de l’Immeuble SNI, situé en plein cœur de la ville de Yaoundé pour ses activités de conseil en matière de sécurité et de lobbying. La présidence de la République a également réservé la suite 802 de l’hôtel Mont Fébé à Mayer, aux membres de sa sécurité et à ses proches collaborateurs. Parmi ces derniers se trouve Abraham Sirvan, officier supérieur retraité de l’armée israélienne. C’est ce dernier qui créé, entraîne et contrôle le BIR. Abraham Sirvan va trouver la mort dans un crash d’hélicoptère le 22 novembre 2010.

En plus des questions de sécurité, Mayer Heres conseille Biya sur des questions économiques notamment la vente du pétrole où le lobby israëlien est très actif. De sources dignes de foi, Mayer Heres est en réalité décédé en Suisse en 2011 dans une baignoire des suites de crise cardiaques (même si d’autres sources soutiennent avec vigueur qu’il est encore vivant). Toujours est-il que l'un des cerveaux de cette mafia israélienne à l’heure actuelle s’appelle Eran, informaticien et protégé de Sirvan.

Avec certains officiels à la présidence de la République et dans le haut commandement de l’armée, Eran se lance dans l’affairisme : Restaurant Famous, Ringo (télécoms), Airport Security (en charge de la sécurité des aéroports et du port de Kribi), etc. Eran, contre 10% de commissions, aide également certains dignitaires du régime Biya à acheter des maisons en Europe et en Amérique avec de l’argent détourné au Cameroun. Les faux observateurs de Trasparency International avaient été recrutés par Eran et confiés à Atanga Nji Paul, le ministre de l’Intérieur, pour couvrir d’un voile d’ange la mascarade électorale du 7 octobre 2018.

Voilà de quoi tient la longévité de Paul Biya au pouvoir. Voilà pourquoi la France cherche à avoir la tête de Ferdinand Ngoh Ngoh, jugé trop proche de ce réseau mafieux venu de Tel Aviv et nocif pour les intérêts de Paris au Cameroun. Voilà pourquoi toute idée de coup d’Etat au Cameroun est chimérique car la Direction de la Sécurité Présidentielle, le BIR, la Garde Présidentielle, La DGRE, la SEMIL, bref la dernière ceinture de sécurité autour de Paul Biya et de son clan familial est assurée par les Israéliens.

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