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Opinions of Thursday, 20 February 2020

Journaliste: Boris Bertolt

Exclusif: Christian Penda Ekoka livre les secrets de l'echec de Paul Biya

L’analyse qui suit de M. Christian Penda Ekoka faite il y 22 ans alors qu’il était encore au sein du parti au pouvoir, le RPDC, nous permet de comprendre comment le régime de M. Paul Biya a lamentablement échoué à résoudre les problèmes des Camerounais afin d’améliorer leurs conditions de vie. En 2020, la situation du Cameroun s’est aggravée car nous n’avons pas réussi à faire une véritable réforme de nos institutions politiques. C’est pour cette raison que M. Christian Penda Ekoka rejoint le professeur Maurice Kamto et d’autres acteurs politique, religieux et de la société civile pour inviter les Camerounais à boycotter les élections de février 2020. L’extrait qui suit, tiré de son livre écrit en 1997, souligne que sa lutte pour la réforme du nos institutions politiques datent de plusieurs décennies:

«A peine le pays se remet-il d’une crise institutionnelle, le voilà à nouveau assommé par un cataclysme économique. Le pouvoir est acculé à réagir aux événements, tellement la cadence et l’urgence du politique semblent laisser peu d’alternatives. C’est presque malgré lui que le Cameroun engage, en 1988, des négociations avec le F.M.I. pour la mise en œuvre d’un plan d’ajustement structurel, alors qu’un an plus tôt, le Président de la République avait rejeté cette éventualité.

Deux ans plus tard, en 1990, l’onde de choc de la Pérestroïka soviétique, après avoir traversé les pays d’Europe de l’Est, atteint les rives africaines, y provoquant des secousses qui ouvrent la voie à la généralisation de revendications démocratiques. Le Cameroun n’en est pas épargné : l’affaire Yondo Black, la marche de NI John Fru Ndi, le Congrès du RDPC de juin 1990, les villes mortes, etc., sont autant de faits Participant de la gestation démocratique.

Jouissant d’une faible marge de manœuvre dans un pays sérieusement fragilisé par une double crise institutionnelle et économique, le leadership politique est mis à rude épreuve pour maintenir la cohésion sociale. Il y répond par une série d’actes de réformes : la modification de la Constitution en 1990 pour y introduire le multipartisme ; la tenue d’une « Tripartite » en lieu et place d’une Conférence Nationale Souveraine ; la formalisation des droits et libertés individuels ; la tenue, en 1992, d’élections législatives qui consacrent et légitiment l’opposition, le large débat national ayant précédé la seconde révision constitutionnelle, etc.

En somme, de 1982 à 1992, en l’espace de dix ans, le Cameroun de Biya connaît trois crises de natures spécifiques mais dont les effets se conjuguent et se renforcent :

-1983-1984, une crise institutionnelle dont l’enjeu est le pouvoir, et le risque, la stabilité politique et sociale du pays ;

-1986, le déclenchement d’une crise économique dont les effets néfastes sur le niveau de vie des populations ont persisté jusqu’à ces jours, fragilisant davantage la cohésion sociale ;

-à partir de 1990, une crise politique marquée par de fortes revendications démocratiques.

*On ne peut probablement pas bien comprendre le Cameroun d’aujourd'hui et dégager, pour lui, des perspectives d’avenir sans bien appréhender les caractéristiques fondamentales de la gestion de ces crises par le nouveau pouvoir. Quelle a été la capacité du pouvoir en place à gérer ces différents moments critiques? Quelles stratégies a-t-il utilisées? Etaient-elles défensives ou offensives ? Etaient-elles passives ou volontaristes Quelles en étaient les lignes de force majeure ? Quelles en étaient les forces et les faiblesses? Et comment se sont-elles traduites dans le vécu des Camerounais ? Quelle(s) leçon(s) doit-on en tirer pour l’avenir ? Des réponses à ces interrogations sont avancées dans les développements qui suivent.»*


Christian Penda Ekoka, CAMEROUN VERS LE TROISIÈME MILLÉNAIRE, 1997, pp 46-48

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