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Opinions of Friday, 23 October 2020

Journaliste: Serges Espoir Matomba

Espoir Matomba demande au gouvernement de réguler la présence des firmes étrangères

Depuis quelques années des grandes surfaces commerciales, comme Carrefour, Super U,Casino et bien d'autres s’implantent dans les métropoles Camerounaises. Ces arrivées d’enseignes de la grande distribution étrangères, si elles contribuent à faciliter l’accès à certains produits, à créer des emplois, à embellir nos villes et apportent des rentrées de nouvelles taxes, ne sont toutefois pas sans dangers et doivent être régulées.

Car aux avantages que j’ai cités, il y a un revers de la médaille qu’il faut connaitre pour en limiter les conséquences.
Tout d’abord, à la source ce que nous consommons ce sont des produits issus de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage ou transformés par l’industrie. L’important c’est aussi que nos achats contribuent au développement du pays et que donc ces établissements commercialisent nos productions locales.

La défense du tissu économique camerounais c’est un point qui me parait crucial. Pour mémoire en 2014, j’avais entrepris une grève de la faim pour m’opposer aux accords avec l’Union Européenne, non pas par principe, mais pour alerter sur la concurrence qui serait faite à notre production nationale avec des taux de taxation des produits importés de l’UE qui chutaient de 100% à 20%. Pour nourrir la croissance de notre économie, notre marché intérieur doit protéger la production locale et la favoriser pour permettre l’éclosion de nouvelles entreprises et filières agricoles ou industrielles.

Je l’affirme clairement nous devons imposer aux grandes surfaces commerciales qu’elles proposent prioritairement des produits nationaux. De plus, ces enseignes, de la grande distribution, qui vendent aussi à côté des marques, des produits génériques moins chers sous leur nom (Carrefour, Super U...) dans tous les pays du monde peuvent parfaitement les faire produire pour partie au Cameroun. Prenons par exemple le cas du chocolat. Un accord ambitieux devrait être passé par ces magasins avec Chococam, qui est le premier fabricant de chocolat et de bonbons produits dans la zone CEMAC, afin de non seulement distribuer les produits de la marque Chococam, mais aussi pour que notre entreprise nationale fabrique le chocolat vendu sous les marques génériques et qu’il ne soit pas importé d’ailleurs.
Notre rôle de responsables politiques est d’imposer ce type de contreparties pour notre économie. Les entreprises occidentales parlent beaucoup de développement durable, de circuits courts, qu’elles passent donc de la parole aux actes. Vendre au Cameroun ce qui est produit ici c’est bon aussi pour la planète.

Examinons maintenant le volet emploi qui est loin d’être aussi favorable qu’il n’y parait à première vue. Aujourd’hui,le secteur informel, notamment dans le commerce assure la subsistance de nombreuses familles camerounaises. Nous avons tous dans nos familles une mère, une sœur, un frère ou un parent qui vit de cette activité. A côté de ce secteur, existe aussi de petits magasins, déclarés qui emploient parfois quelques salariés. Il leur revient d'ailleurs de relever le défi en améliorant la qualité de leurs services.

L’implantation de ces grands magasins, crée des emplois sans nul doute de meilleure qualité en matière salariale, de couverture de santé, et de pénibilité mais risque par contre d’être destructrice pour des pans entiers de l’économie informelle mais aussi pour les petites boutiques.
A l’arrivée, nous enregistrerons plus de destruction d’emplois dans les petits commerces de rue que de créations par les grandes surfaces. En Europe, certes dans un contexte différent, les villes pleurent la disparition de leurs petits commerces de centre-ville devenus déserts au profit des zones commerciales périphériques. De plus, les taxes versées par ces grandes surfaces peuvent paraître importantes mais l’addition des milliers et des milliers de petites taxes versées pour des emplacements sur le domaine public par nos commerçants de rue, rapporte beaucoup d’argent aux collectivités locales.

Limiter l’implantation en nombre de ces Hyper et Super marchés c’est aussi socialement défendre l’emploi de nombreux de nos concitoyens qui se battent et se lèvent chaque matin pour gagner durement leur vie.
Le PURS n’est pas opposé à la modernité, ni à des emplois de qualité mais pour arriver à la transformation de la société que j’appelle de mes vœux, une nouvelle fois nous devons tracer en Afrique une voie originale pour notre développement qui s’appuie sur nos valeurs et prenne en compte les points positifs mais aussi tire les enseignements des erreurs commises ailleurs.

La loi doit encadrer strictement l’implantation des Grandes surfaces commerciales, en limiter le nombre afin que survivent nos petits commerces de proximité qu’ils soient déclarés ou du secteur informel. Ces Enseignes de la distribution doivent commercialiser prioritairement notre production locale qui favorise l’activité de nos planteurs, producteurs et permettent de développer de nouvelles filières industrielles ou dans l’agro-alimentaire.

Non à l’implantation anarchique des grands magasins. Oui à une loi qui régule ce phénomène, qui protège nos petits commerces et défende notre production nationale face aux importations massives. C’est bon pour le tissu économique de notre pays, c’est bon pour la planète.

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