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Opinions of Tuesday, 17 August 2021

Auteur: Xavier Messè À Tiati

Encore un journaliste en route pour Kondengui, la presse camerounaise se mobilise

Le Directeur de publication du quotidien ÉcoMatin, Émile Fidiek. Le Directeur de publication du quotidien ÉcoMatin, Émile Fidiek.

Dans une alerte publiée il y a quelques heures, le journaliste et patron de presse Xavier Messè À Tiati lance officiellement la presse camerounaise aux trousses de l'homme d'affaires indien Avinash Hingorani Omprakash qui manœuvre depuis quelques jours pour mettre en prison le Directeur de publication du quotidien ÉcoMatin, Émile Fidiek. Ceci se passe dans le cadre d'une publication de notre confrère sur les pratique malsaines au sein des entreprises du milliardaire indien au Cameroun. CamerounWeb vous propose la tribune de Xavier Messè.
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Notre confrère, Émile Fidiek, Directeur de publication du quotidien ÉcoMatin sera à la barre mardi 17 août 2021, du Tribunal de première instance. Il se défendra contre une plainte déposée à son encontre par un milliardaire indien nommé Avinash Hingorani Omprakash. Il est établi à Mumbai en Inde, avec agence au Cameroun. Il a une chaîne de création des vêtements de luxe «Sammy création » et des agences de voyages « Rêves Voyages » pour ne citer que cela.

Si Emile Fidiek n’a pas passé le long week-end dernier en prison, (il était retenu jeudi au Parquet de 9h à 21h), c’est grâce à la lucidité d’un magistrat qui a pris sur lui de laisser notre confrère comparaître libre, il aurait été déféré ce jour-là à la prison de Kondengui, sans que l’opportunité lui soit laissée de se défendre. Voilà comment ça se passe chez nous.

Le tailleur indien accuse notre confrère de l’avoir diffamé de maltraiter ses agents basés au Cameroun Https://ecomatin.net/trafic-humainn-enquete-sur-lexploitation-dess-indienss-au-cameroun-1-3/.

Sans un débat contradictoire à la barre, un procureur a fait entendre Emile Fidiek et choisi de l’envoyer en prison, sur la seule plainte de Havinash Hingorani. Il allait l’extraire de la prison à son gré, afin qu’il aille se défendre à la barre. Une telle pratique ne respecte en rien le principe de la présomption d’innocence, proclamée dans le monde entier.

L’enquête journalistique est le fondement de la presse. Elle met à la disposition des autorités des informations relevant des maux et des travers de la société, de manière à permettre aux dirigeants d’un pays, de prendre des décisions conséquentes aux entorses commises envers les honnêtes citoyens.

Nous pensons qu’un magistrat à qui la nation a conféré les missions d’assainir la société, a le devoir de confronter toutes les parties en cas de différend afin de tirer les conclusions qui s’imposent. Prendre une position avant que cette procédure ne parvienne à son terme, cela ne relève que d’une pratique barbare, révolue et inacceptable de nos jours.

La presse camerounaise est disposée à accompagner le Dp d’EcoMatin à la là barre.

Pour le faire, elle va informer le monde entier des entraves qu’elle subit pour faire son travail. Toutes les représentations diplomatiques accréditées au Cameroun seront mises au courant. Les Ong qui défendent les droits de l’Homme, les grands médias internationaux aussi.

Pour finir, les journaux locaux et internationaux qui le désirent, vont reprendre intégralement la première partie de l’enquête que notre confrère ÉcoMatin a publiée dans les règles professionnelles d’équilibre. Que M. Havinash Hingorani Omprakash se prépare donc à les assigner tous aussi en justice pour « diffamation ».