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Opinions of Saturday, 15 February 2020

Journaliste: Siméon KUISSU

En s’attaquant à Kamto, Célestin Ndjamen expose ses tares


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« La VRAIE RÉVOLUTION, c'est au Cameroun même …... J'ai presque de la peine à le rappeler tellement c'est une évidence même pour les simples d'esprit » …. des pseudo-intellectuels lâchant la proie pour l'ombre, (quelle est la proie et quelle est l’ombre ? –SK) envoûté par un certain culte de la personnalité et l'hystérie collective…. Célestin Ndjamen

Traiter les dirigeants du MRC – y compris Maurice KAMTO ? - de simples d’esprit (c’est-à-dire d’idiots pour parler simplement), est quelque chose de surréaliste.
Ce faisant Ndjamen étale au grand jour son ignorance de l’historique des luttes des peuples africains et camerounais en particulier, pour leur libération.

« Les Sud-africains n'ont jamais eu besoin de méga meeting pour VAINCRE L'APARTHEID ». écrit Ndjamen. Faux !

Malheureusement pour lui, l’exemple Sud-africain est la démonstration la plus éclatante de l’importance du soutien international et de l’activisme des diasporas pour la libération d’un peuple.

De ma position d’exilé politique en France pendant près de 40 ans, j’avais remarqué comment la mobilisation internationale était importante pour la libération de l’Afrique du Sud (et de beaucoup d’autres peuples).
Oliver Tambo, « acting president » de l’ANC pendant le séjour de MANDELA à la prison de ROBBEN ISLAND, passa une bonne partie de son temps à sillonner le monde pour chercher les soutiens à l’ANC.

Je l’ai vu personnellement à Londres quand il vint présider un meeting de commémoration de « December sixteen » (16 décembre 1961, date de création de « UMKHONTO WE SIZWE » - armée de libération nationale).

La salle était remplie de Sud-Africains en exil (moins que de camerounais sur la place de la République à Paris le samedi 1er février 2020) et des partisans blancs et noirs de cette lutte.

De mémoire d’opposant en exil, moi qui ai organisé des conférences de presse et des meetings en France avec l’UPC, je n’ai jamais vu une mobilisation de camerounais aussi massive et spectaculaire que celle du 1er février à Paris.

Ndjamen peut donc fulminer contre le meeting de Maurice Kamto à Paris, cela ne change pas la réalité.

MANDELA lui -même reconnut ce soutien international lorsque, premier président de l’Afrique du Sud libre , il se déplaça pour aller remercier les pays africains, Cuba et l’URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques, remplacée par la Russie actuelle) etc… qui leur avaient apporté un soutien multiforme, y compris diplomatique et militaire pendant leur lutte.

Plus récemment on a vu comment la Gambie s’est débarrassé du dictateur YAYA JAMMEH en partie grâce à l’intervention de l’armée sénégalaise soutenue par la CEDEAO et venant en appui au peuple gambien mobilisé derrière Adama Barro.

On avait aussi vu comment la pression internationale (Mandela avait pesé de tout son poids), combinée avec la lutte de Kabila (le père) avait fait partir Mobutu du Zaïre (l’actuelle RDC ou République démocratique du Congo). On pourrait citer d’autres exemples qui démentent les allégations de Ndjamen.



D’autre part il est faux de prétendre que les événements à l’étranger n’ont pas d’impact sur l’évolution politique intérieure.
L’activisme des diasporas correspond à l’extraversion des luttes étouffées par la répression des dictatures intérieures. Paul Biya l’a bien compris, lui qui a essayé maladroitement d’exporter la dictature à Genève, avec le « succès » que chacun a vu…

Ahidjo, lui avait été plus intelligent en sous-traitant la répression en France au gouvernement français. Michel Poniatowski (ministre de l’intérieur du président français Valéry Giscard d’Estaing) lança sa police à nos trousses, contraignant l’UPC à l’action clandestine même en France.

C’est ainsi que le professeur Samuel OYONO (paix à son âme) membre du bureau politique de l’UPC fut-il arrêté à Strasbourg alors qu’il collait nuitamment des tracts de l’UPC.

Les efforts d’Ahidjo pour briser notre action n’auraient pas de sens si cette action ne le gênait pas. Les propos sarcastiques semblables à ceux de Ndjamen, du genre « rentrez vous battre au pays », nous étaient souvent adressés ; ils provenaient toujours de partisans du régime et non des sympathisants de notre lutte. C’est pourquoi on peut se demander de quel côté se trouve en réalité monsieur Ndjamen.

Si les nombreuses résolutions internationales (du parlement européen, de l’Union Africaine, du Sénat américain, des canadiens), très critiques envers le pouvoir RDPC, sont une marque d’inféodation du MRC à ces puissances, il lui reste à démontrer la réalité de cette inféodation. C’est aux Camerounais de faire en sorte que ces soutiens (utiles) ne se transforment pas en une nouvelle domination et une nouvelle exploitation de notre pays.

« …prototype du bon Nègre apprivoisé, incapable (le camerounais- SK) de prendre son destin en main, incapable de faire SA révolution, il en appelle au Yankee, au Maître Blanc pour le sauver ou pour lui livrer une "liberté clef en main" qu'il n'a jamais (??!!) su conquérir ni mériter » !

Cette déclaration insupportable de M. Ndjamen est une insulte au peuple camerounais et à sa mémoire.

Que fait-il de notre guerre de libération (1955-1972) avec son million de morts, des mouvements étudiants des années 1970, des morts des années de braise (1990-1992), du soulèvement de 2008 avec ses centaines de morts, du soulèvement des anglophones depuis 2016 avec ses 30 000 morts, et enfin du puissant Mouvement National de Résistance en cours depuis fin 2018 avec ses morts, ses blessés, ces détenus torturés ? Pourquoi MAMADOU YACOUBA MOTA a-t-il eu le bras brisé par les tortionnaires du pouvoir et se trouve –t-il encore en prison ? A-t-il oublié JOE LA CONSCIENCE et Jacques TIWA ? Combien de morts faut-il à Ndjamen pour le convaincre du patriotisme et du sens de sacrifice des camerounais qui ne comptent donc pas sur les « yankee » pour se libérer ? Que faisait-il sur les plateaux de la campagne présidentielle de Maurice KAMTO? Attendait-il, comme les nombreux partis politiques soi-disant alliés du MRC – ils étaient près d’une vingtaine au meeting de Maurice Kamto au stade Saint Michel à Douala en septembre 2018-, aujourd’hui disparus dans la nature, une victoire rapide de Maurice Kamto pour se faire nommer ministre ?

Si cette lutte des masses populaire qu’on voit grandir de jour en jour n’est donc pas révolutionnaire, qu’est-ce alors la lutte révolutionnaire ? La lutte armée ?

Que Ndjamen tire donc le premier coup de feu au lieu de laisser cette tâche à d’autres.

Le peuple burkinabè n’a pas recouru aux armes pour chasser Blaise Compaoré. On ne peut que constater que Ndjamen est contre « le changement dans la paix » prôné par le président du MRC. Que fait-il alors dans la direction de ce parti ? A-t-il une mission secrète à y accomplir ?

Si monsieur Ndjamen ne sait pas que le peuple camerounais fût le premier en Afrique Noire à se soulever contre le colonialisme français, et que le Cameroun fût le premier pays d’Afrique Noire sous influence française à devenir indépendant, le 1er janvier 1960, il peut au moins constater comme tout le monde que ce peuple est aujourd’hui à nouveau debout et qu’il ne fait aucun doute qu’il vaincra.

Siméon KUISSU
09 FEV 2020

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