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Opinions of Monday, 27 April 2020

Journaliste: Jean Pierre Samedjeu

Descente aux enfers du journalisme au Cameroun

Confrères et consœurs,

Même s’il s’agit de journalisme, je vous pris tout d’abord, de prendre une minute pour savoir le pourquoi de ce projet et sa proximité avec ma personne.

Depuis mes débuts dans ce corps de métier, je nourris l’espoir de pouvoir prouver à tous que la matière est contenue dans l’abstrait et non l’inverse.

Ceci dit: la religion et certaine sciences essaient jusqu’ici de démontrer que le corps humain comprend plusieurs niveaux de conscience et que cette trinité définit notre être. Personnellement je ne m’aligne pas avec cette idée puisque le monde que nous avons est principalement défini ou interprété par l'image que nous avons de lui ou que nous nous faisons de lui: un enfant ne voit pas le monde mais il découvre le monde à travers une langue qui lui a été apprise, des images et des significations qui lui ont été donnés.

Partant de ce qui précède vous comprenez donc que c'est le monde qui est en nous qui définit le monde qui est au dehors de nous.

Quand un journaliste rédige un reportage, il ne fait que matérialiser les éléments déjà existant dans son for intérieur. Le cameraman quant à lui, avant d'appuyer sur le bouton d'enregistrement a déjà une idée plus ou moins clair de l'image ou du résultat final.

S'il faille expliquer cela de façon plus technique, je dirais que le cameraman pour sa part lorsqu'il regarde à travers son objectif, il cadre la cible à filmer, sans avoir pris de photos où lancer l'enregistrement, a déjà une image une idée, de ce que sera le résultat de cette prise.

Il en est de même pour la matière et l'immatériel : l'immatériel qui est non palpable définit les conditions favorables pour le matériel ou la matière : il n'est donc pas possible pour le corps d'agir, si l'esprit ne lui donne pas les conditions idéales ou favorable à son action.

Je serais d'accord avec vous, chers confrères et consœurs, que de ce qui précède, la définition du moi (journaliste) s’avère être très complexe. Alors que signifie ce métier à mes yeux ?

Comme dit précédemment ce que je vois n'est pas forcément ce que je vois, il s'agit de la matérialisation de ce que je pense voir: un daltonien est sur des couleurs qu'il voit car c'est l'interprétation que lui renvoie son cerveau du monde qui est devant lui.

L'image que je me fais de moi et la façon la plus acceptable pour moi de me définir en conformité avec la définition que les autres font de moi. Au Cameroun, nous avons plus de deux cent cinquante-cinq groupes culturels. Ce qui bien entendu a exposé le journaliste classique conformément à ce qui précède, à porter un regard différent sur les cultures différentes de la sienne.

Plus clairement, un ressortissant de Yaoundé ne saura apprécier objectivement les rites bamilékés sans y apporter un jugement de valeur lié à sa propre culture. Le risque ici étant, la valeur normative imposée aux « quo-citoyens ».

Je reconnais que jusqu'ici, il s’agit d’une démonstration que le journalisme est plus politique qu’il ne semble l’être et, moins anthropologique qu’il ne devrait l’être ou, qu’il ne l’a été jusqu’ici dans les colonnes de nos publications. Il est en quelque sorte la lampe qui éclaire les chemins inexploités.

Permettant ainsi aussi bien aux bourgeois qu’aux simples Lamda de partager de façon équitable et égale, le doux sentiment de « Camerounité ».

En réalité, ce métier auquel je consacre depuis quelques années déjà mon existence, est à la fois risible et admirable car, on est à la fois, Le porte-parole du roi mais aussi et surtout du peuple. Raison pour laquelle nous nous devons de rejoindre les États plus avancé en ce qui concerne la liberté de la presse, dans le débat de l'objectivité journalistique qui apparaît comme étant le réel défi à surmonter en tant que collecteur, traiteur, diffuseur de l’information.

Jusqu’ici, face aux crises successives que traverse le pays, la quasi-totalité des médias camerounais se sont illustrés de façon à remettre en doute la probité des Écoles de formation professionnelles. Même s’ils apprennent l'importance de l'image dans ce métier, il apparaît au vu de la démission criarde des journalistes à leurs missions de renseigner, éduquer, informer (…) que les conséquences et les avantages du choix d'une image quelconque sur l’individu et la cohésion sociale est mal connue.

Il en est de même pour l'importance du son dans la production journalistique. Puisque une observation basique de la recrudescence des mots vecteurs de tribalisme dans les médias laisse sans voix.

Afin de bien expliquer la nature du phénomène par lequel la mort du journalisme et certaines de ses manifestations les plus importantes, est imminente, je propose de combiner des perspectives analytiques et comparatives dans le processus de collecte, de traitement et de diffusion de l’information au Cameroun. Les contributions portant sur le paradoxe du nationalisme contemporain, sur la manière dont les identités collectives deviennent des identités nationales et sur l’équilibre entre identité et citoyenneté de même que sur la cohabitation des communautés nationales: Bamiléké, Béti, Peuls etc. Le journaliste devrait se consacrée à la consolidation des rapports entre francophones et anglophones mais surtout, du rapport entre le citoyen et l’émergence: la mise en commun des forces pour la reconstruction d’une définition de la patrie.

Dans cette missive ouverte, dirigé à mes confrères, j’ose espérer que ceci justifie de ce que de droit et approfondit différentes facettes du « nationalisme majoritaire ».

Cordialement.

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