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Opinions of Monday, 5 July 2021

Auteur: Stefan Nanga

De l’ethno-fascisme comme sujet de propagande d’un régime tribaliste

Ces clans au pouvoir conservent le pouvoir qu’ils n’entendent jamais céder play videoCes clans au pouvoir conservent le pouvoir qu’ils n’entendent jamais céder

Les dernières manifestations de la diaspora camerounaise à Paris fait l'objet d'une critique essentiellement basée sur le tribalisme et l’ethno-fascisme. Et selon l'activiste Stefan Nanga, le régime Biya se sert de ce sujet pour s'attaque à tous ceux qui constituent un menace à la survie du système mis en place.

La rédaction de CamerounWeb vous propose l'intégralité de l'analyse

Biya Bi Mvondo qui considère le Cameroun comme son marchepied, a fini par donner l’impression aux clans qui lui sont solidaires, que le Cameroun leur appartient. Ces clans ne s’en cachent plus pour le clamer haut et fort : « nous sommes les seigneurs […] nous sommes nés pour gouverner […] après Biya ce sera Biya […] nous avons la clé d’Etoudi […]. » ce sont paradoxalement les mêmes qui qualifient tous ceux qui veulent conquérir le pouvoir d’ethno-fascistes ; ça c’est clairement de la propagande en miroir, c’est-à-dire le fait d’attribuer à ‘’l’adversaire’’ les délits qu’on commet soi-même, afin de justifier ses propres méfaits. Cette méthode est connue, l’histoire nous l’enseigne. Et c’est justement parce que l’on est bien renseigné là-dessus, que la pilule devient difficile à avaler.

Pour la faire avaler à tout prix, leur stratégie consiste à laisser – malgré les lois contre votées au parlement – se métastaser le tribalisme dans toutes les couches de la société et venir par la suite indexer seulement ceux-là qui constituent une menace le pouvoir dont ils sont détenteurs. Pour ce faire ils ont fabriqué des professeurs d’universités, véritables idéologues qui ont théorisé l’ethno-fascisme et pollué l’espace public avec cette théorie à travers les media conventionnels et réseaux sociaux. Les relais de ces idéologues sont universitaires, avocats, cybers-miliciens, etc…vous les reconnaîtrez à leur langage consistant à qualifier x ou y de tribaliste/ethno-fasciste, sans toutefois jamais reconnaitre et condamner le tribalisme d’état, qui est le noyau autour duquel gravite toute autre forme de tribalisme.

L’objectif est de coller l’étiquette d’ethno-fasciste à tous ceux qui constituent une menace véritable au pouvoir des clans constitués et solidaires à Biya Bi Mvondo. Si cela leur réussi, alors il est évident que le reste des camerounais se retourneront contre ceux-là qui portent cette étiquette. Conséquence : ces clans au pouvoir conservent le pouvoir qu’ils n’entendent jamais céder, puisqu’ils sont « nés pour gouverner » disent-ils. Ce serait toute autre communauté différente de celle des clans présentement constitués qui convoiterait le pouvoir, que la stratégie serait la même. On l’a vécu depuis 1992, on l’a revécu 2018, on le revivra 2025 ou bien avant, car ces clans ont vicié le système électoral et sont prompts à emprisonner et massacrer les populations, juste pour conserver le pouvoir. Un pouvoir qui appartient pourtant au peuple camerounais tout entier.

Il est donc temps que le peuple camerounais en prenne conscience et se réapproprie le pouvoir !