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Opinions of Tuesday, 19 May 2020

Journaliste: Jean-Pierre Du Pont

Démission d'Amadou Ahidjo: voici ce qui s'était réellement passé

'Mais de quoi aurais-je l'air moi, devant les Camerounais ?' 'Mais de quoi aurais-je l'air moi, devant les Camerounais ?'


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Lorsque le président Ahmadou Ahidjo, à son retour de France le 2 novembre 1982, annonce à son premier ministre Paul Biya , venu avec l'ensemble du gouvernement l'accueillir à sa descente d'avion, son intention de démissionner de la présidence de la République Unie du Cameroun, et qu'il lui propose de lui succéder, et lui accorde 24 heures de réflexion en lieu et place des 48 h que lui demandait ce dernier, il en informe également Samuel Eboua , le Sécretaire général de la présidence de la République.

Ce dernier en informe les membres du gouvernement individuellement. Il y’a des ministres visiblement effondrés, et d'autres dont Delphine Tsanga, première femme ministre au Cameroun, sont en larmes. Ayisso Mvodo Victor, fidèle d'entre les fidèles et ministre de l'administration territoriale, et pour la petite histoire, l'homme qui asséna une violente gifle à Paul Biya en 1975 dans le bureau du président Ahidjo, décide séance tenante de constituer une délégation dans le but d'aller persuader le président Ahidjo de renoncer à sa démission. François Sengat Kuo, le ministre de la communication, est du même avis. Mais quand le président Ahidjo les voit débouler dans son bureau, il marque un temps d'arrêt et de surprise, les écoute patiemment et longuement faire valoir leurs arguments, se lève ensuite pour rabrouer sans ménagement: " Mais que faites-vous encore là ? J'ai pourtant cru avoir été suffisamment clair ! Nul n'est indispensable ! C'est ma mort que vous voulez ? Ou vous voulez que je m'écroule un jour publiquement en prononçant un discours ? C'est cela que vous souhaitez vraiment ? "

Delphine Tsanga, ministre des affaires sociales, la voix entrecoupée de sanglots, tente de prendre la parole, mais s'écroule d'émotion. C'est finalement Samuel Eboua, qui prend courageusement la parole, et explique au président que tout le monde estime qu'il peut s'absenter le temps qu'il sera nécessaire pour se soigner, et revenir. Là-dessus, le président sursaute : " Mais vous êtes tous devenus fous ! Tous autant que vous êtes ! Mais de quoi aurais-je l'air moi, devant les Camerounais ? Non, les camerounais ne méritent pas ça, et je n'ai jamais été un tricheur, et ce n'est certainement pas maintenant que je vais chercher à le devenir vis -à -vis de ce peuple qui m'a toujours loyalement suivi, en consentant à tous les sacrifices que j'ai eu à lui demander au nom de l'intérêt supérieur de la nation. Ce peuple est majeur, et il faut le traiter comme tel, et c'est d'ailleurs pourquoi l'avant -dernier congrès de l"UNC (Union nationale camerounaise) s'est appelé le congrès de la maturité. Allez-Messieurs, et Dames, vous avez tout ce qu'il faut pour m'aider à réussir cette sortie, car je compte sur vous ! " .

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