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Opinions of Friday, 31 July 2020

Journaliste: Michel Biem Tong

Crise anglophone: voici pourquoi Paul Biya et son régime fuient la médiation suisse

Le régime Biya veut se servir d'Ayuk pour un accord de négociations Le régime Biya veut se servir d'Ayuk pour un accord de négociations


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Depuis juin 2019, le pouvoir de Yaoundé fait des mains et des pieds pour éviter de se retrouver sur la même table de négociations que le mouvement indépendantiste anglophone, sous l'égide de l'organisme suisse HD Center. Pour se faire, il a organisé du 30 septembre au 4 octobre 2019 un grand dialogue national dont les résolutions ont été rejetées par les États-Unis, notamment le plan de reconstruction des régions anglophones.

Alors que la communauté internationale (y compris les USA) accentue la pression sur le régime de Yaoundé afin de l'amener à participer à la méditation suisse, ce dernier multiplie des milices terroristes au Southern Cameroons qui kidnappent contre rançons, assassinent et décapitent leurs victimes, filment ces scènes de violence puis engagent une campagne contre les résistants armés anglophones en qualifiant ces derniers de terroristes.

Au moment où le régime Biya est pressé de toutes parts pour négocier avec les indépendantistes, il contourne plutôt cet appel et opte pour des mises en scène notamment l'opération de rapatriement de 87 réfugiés ayant fui vers le Nigeria à cause de la guerre. L'opération organisée le 31 décembre 2019 visait à donner l'impression à la communauté internationale que la guerre tire à sa fin.

La dernière trouvaille du régime de Yaoundé et de ses services secrets est l'entame des négociations avec l'ex-président par intérim déchu de l'"Ambazonie (régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest), Sisiku Ayuk Tabe, kidnappé le 5 janvier 2018 au Nigeria et déporté au Cameroun, avec 9 membres de son gouvernement, où ils croupissent à la prison principale de Yaoundé. Après avoir utilisé Sisiku Ayuk Tabe pour casser l'Interim Government dirigé par Sako Ikome Samuel, le régime Biya veut se servir d'Ayuk pour un accord de négociations devant permettre à Yaoundé de garder le contrôle sur le Southern Cameroons.

Pourquoi le gouvernement camerounais fuit-il tant la médiation suisse? Pourquoi avoir choisi de négocier avec Ayuk Tabe et bien d'autres militants anglophones n'ayant rien à voir avec la lutte d'indépendance? C'est parce que Paul Biya et sa bande sont conscients de ce que depuis le 20 mai 1972, ils ont annexé le Southern Cameroons et lui ont nié le droit de jouir de son indépendance pourtant votée le 19 avril 1961 à l'issue de l'Assemblée Générale des Nations Unies.

C'est justement parce que depuis Ahidjo jusqu'à Biya, le pouvoir de Yaoundé est hors-la-loi au Southern Cameroons (Nord-Ouest et Sud-Ouest), c'est parce qu'il est incapable de dire lors d'éventuelles négociations si le Cameroun est né le 1er janvier 1960 (date d'indépendance de la République du Cameroun [sans le Southern Cameroons] ) où alors le 20 mai 1972 (date du référendum sur l'État unitaire), c'est parce que Yaoundé n'a aucun argument juridique de droit international pour justifier l'État unitaire décentralisé actuel qu'il redoute la médiation suisse. Ne dit-on pas souvent dans les faubourgs camerounais que c'est le coeur du bandit qui bat?

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