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Opinions of Tuesday, 3 March 2020

Journaliste: Boris Bertolt

Comment la mafia du milliardaire Baba Danpullo dicte ses lois à Etoudi

Jan Capelle de nationalité belge est arrivé au Cameroun et travaillait pour l’ONG Organic Farming for Gorillas Cameroun dans la région du Nord - Ouest en zone anglophone. Une organisation qui intervient dans l'agriculture durable et la protection de l'environnement.

Au commencement, Jan Capelle va séjourner au Cameroun une Première fois 2014 pour le compte de l’ONG GREENPEACE, où il occupe le poste de coordinateur de recherche au Cameroun et au Congo. Il quitte le Cameroun et revient en début d’année 2015 et poursuit son travail pour l’ONG Internationale GREENPEACE.

En mai 2015, Capelle qui Green Peace pour travailler avec les communautés locales et lance l’ONG organic farming for gorillas. Il s’agissait d’accompagner les populations locales dans le développement durable.

Il va mettre sur pieds des projets portant sur l’agriculture durable afin d’améliorer les capacités de production agricole des populations locales. Par ailleurs, il va construire des fermes.

Vu les situations auxquelles les populations sont confrontées, il décide de porter plainte contre le sous préfet de Mbengwi aminkeng charles formin, impliqué dans l’accaparement des terres à Mbengwi. Ces plaintes sont envoyées au préfet de la Momo et au gouverneur du Nord-ouest.

En septembre 2015, le préfet ouvre une enquête et invite en janvier 2016 les communautés, chefs de terre et chefs du village pour discuter des actes du sous préfet. En réaction des investigations, le sous préfet accuse au contraire les populations et Jan Capelle de poser des actes illégaux. Ils sont arrêtés puis relâchés par la police et la gendarmerie qui estiment que les plaintes du sous préfet sont fictives.

- LE BRUTAL DANPULLO

Entre temps, Jan Capelle est contacté par son avocat, qui lui demande de travailler à Big Babanki dont il est également avocat des communautés locales qui s’estiment victimes des abus du milliardaire Baba Ahmadou Danpullo, PCA de l’entreprise Ndawara Hightland Tea State qui est une vaste exploitation agricole de production du thé en zone anglophone.

Au cours des investigations avec plus de 300 personnes à Big Babanki ils découvrent que Danpullo a effectué un accaparement illegal des terres à Big Babanki, spécifiquement de 8 à 12 km. Le Gouverneur confirme des chiffres dans un rapport local dont nous avons obtenu copie.

Les enquêteurs relèvent également un accaparement illegal des terres à Esu, Santa etc. Un rapport d’un comité inter ministériel adressé à la présidence de la République confirme les violations des droits de l'homme, y compris l'abus de pouvoir orchestré par Baba Hamadou. Le rapport gouvernemental dont nous avons également copie dit clairement que Danpullo utilise son réseau administratif et politique pour intimider tous ceux qui s’attaquent à ses intérêts.

- EKO EKO À LA MANŒUVRE

Afin de faire taire Jan Capelle et son équipe qui au bout de leurs investigations concluent qu’il existe à Big Babanki dès éléments suffisants pour porter plainte contre l’Etat du Cameroun et Baba Hamadou Danpullo, la DGRE entre en scène.

C’est d’abord le commandant de la légion de gendarmerie de Fundong qui dans une note de renseignement datée du 20 mars 2016 adressée au patron de la DGRE, accuse Jan Capelle de mener une “ campagne d’intoxication “ contre Baba Danpullo. Par la suite Jan Capelle est convoqué le 11 mai 2016 par la gendarmerie de Momo pour investigation.

Contre toutes toutes attentes, le 10 mai 2016, Jan Capelle est arrêté par la police à Bamenda, transférée nuitamment à Yaoundé où il sera gardé en détention jusqu’au 13 mai. Le belge n’est pas alimenté. Or, Pendant ces trois jours, le patron de la DGRE, Eko Eko prend soin de contacter l’ambassade de Belgique pour leur fait savoir que leur concitoyen a été arrêté pour activités illégales.

Avant même que l’ambassade de Belgique au Cameroun ne lance une enquête pour vérifier les allégations de Eko Eko, le 13 mai 2016, Jan Capelle est expulsé du Cameroun.

- LE FAR WEST

Après cet événement Formin, le sous préfet de Mbengwi détruit les fermes agricoles pour les populations et confisque des biens de Jan Capelle. Une plainte est déposée à la Commission Nationale des Droits de l’homme.

En avril 2017, la CNDH ouvre une investigation conduite par Christophe Bobiokono. La CNDH conclut que les plaintes contre Jan Capelle étaient fictives, dénonce son expulsion qui était illégale, l’arrestation et la détentions illégales. La CNDH dès lors le comportement de la bande à Danpulo. Point le plus important, la CNDH demande au gouvernement d’accepter que Jan Capelle puisse revenir au Cameroun.

Le gouvernement ne réagit pas. En mai 2019, les Nations Unies à leur tour demandent au gouvernement camerounais de punir tous ceux qui sont impliqués dans l’arrestation, la détention et l’expulsion de Jan Capelle et demandent au gouvernement de laisser le belge revenir au Cameroun.

Le 29 juillet 2019, la mission permanente du Cameroun à Genève après investigations confirme que Jan Capelle peut librement retourner au Cameroun.

Tout gentiment, Jan Capelle se rend à l’ambassade du Cameroun en Belgique le 17 février 2020 et il reçoit un visa de 6 mois. Le 26 février 2020, le belge embarque à bord de Bruxelles Airlines à destination de Yaoundé. Il arrive à 20h. Contre toutes attentes, la police des frontières demande à Bruxelles Airlines de remettre le belge dans son avion pour qu’il retourne dans son pays. Jan Capelle est donc retourne le même jour en Belgique alors qu’il avait reçu l’autorisation de tout un gouvernement.

Ainsi va la vie dans le Far West qu’est devenu le Cameroun.

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