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Opinions of Thursday, 24 September 2020

Journaliste: Actu Cameroun

Chefferie des Bana: la bataille du Lamido de Guilou se poursuit

Le journaliste Alain Foka de la FRI aime répéter au cours de son émission fétiche, ARCHIVES D’AFRIQUE, qu’ « un peuple sans histoire, est un peuple sans âme.» et Heureusement que la Chefferie des Bana, la Chefferie du Canton de Guili, a une histoire, par conséquent elle a une âme au grand malheur de certaines personnes qui tentent, à tout prix, de réécrire son histoire en leur faveur.

Qu’il me soit donc permis de rappeler ci-dessus, de façon succincte, l’histoire de la Chefferie des Bana, l’histoire de la Chefferie du Canton de Guili, telle que m’a racontée mon feu oncle paternel et que son âme repose en paix.

En effet, avant l’arrivée des Blancs, le commandement traditionnel était exercé par les clans suivants : Ka Soukati, Ka Gameu, Ka Chagour, Ka Talama.
Le premier chef des Bana, appelé Groupement des Bana par le Colon à l’époque, était un Ka Soukati et s’appelait JOUA. Il était l’arrière grand- père de M. HAMADOU YANOUSSA.

En 1946, lorsque les Blancs créèrent le Canton de GUILI, qui allait regrouper toutes les populations qui parlaient la même langue, à savoir la langue Bana, comme ce fut partout ailleurs, ils trouvèrent NAIKOUA TEF comme Chef du Groupement des Bana et grand-père de M. HAMADOU YANOUSSA.

Bien longtemps avant, un certain LOUMBI, un Peul parait-il, venu de GAWAR et qui avait pour activité principale la vente des gandouras traditionnels, fut accueilli et adopté par NAIKOUA TEF. C’est ainsi qu’il devint donc un membre à part entière de la famille NAIKOUA TEF, avec tous les droits et devoirs. Car, il en est ainsi selon les coutumes des Bana. A cette occasion de l’assimilation, on lui donna le nom de TOUMBA, c’est-à-dire l’ainé de la famille, car il était plus âgé que NAIKOUA TEF.

LOUMBI avait l’avantage de parler la langue Bana et le Foulfouldé. C’est qui le qualifia d’office pour être l’interprète de NAIKOUA TEF auprès de l’Administration coloniale.

Lorsqu’il fallait désigner, celui qui allait être le Chef de Canton de Guili en 1946 date de sa céation, NAIKOUA TEF a donc proposé à l’Administration coloniale, son grand frère TOUMBA LOUMBI. Selon la compréhension de NAIKOUA TEF, TOUMBA LOUMBI sera le chef des peuls minoritaires et musulmans, (moins de 20 habitants à l’époque) et lui chef des Bana majoritaires et animistes.

Cette proposition n’a plu plu aux Colons dans un premier temps, car ils voulaient un Bana de souche. Or, physiquement, TOUMBA LOUMBI était fin et d’un teint clair, comparé aux Bana qui étaient corpulents et d’un teint sombre. Le chef du Groupement des Hina est même venu à Guili, pour tenter de convaincre NAIKOUA TEF de revenir sur sa proposition. Mais hélas.
C’est ainsi que TOUMBA LOUMBI a été intronisé comme chef de Canton de Guili, en tant grand frère de NAIKOUA TEF. Mais avant de partir, les colons ont tenu à présenter aux populations TARGADJI NAIKOUA, l’oncle paternel de M. HAMADOU YANOUUSA, comme celui qui deviendra leur chef après ses études scolaires.

Un certain GOUNGOURI, chasseur de son état, natif du village Kapsiki, appelé Mhta, croyant tuer un singe, tua un être humain. Il s’en fuit et se réfugia dans le village Soua, dans le Canton de Guili. Il intégra une famille des Ka Houda, c’est-à – dire des gens qui assurent la discipline lors des cérémonies. Par conséquent ne peuvent pas prétendre au trône. Car, pour pouvoir prétendre au trône, il faut être des Ka Maz, c’est-à-dire des gens appelés à exercer le commandement traditionnel.

La femme de GONGOURI, qui était enceinte, accoucha d’un garçon et mourut peu après.

La première femme de TOUMBA LOUMBI n’avait pas eu la chance d’avoir un enfant. Aussi a-t-elle exprimé le besoin d’élever ce bébé dont la venait de mourir.

Ce bébé grandit donc dans la famille de TOUMBA LOUMBI, fut appelé HAMADOU LOUMBI et devint l’ainé de cette famille. Alors que, sans ce geste de cœur de la première femme de TOUMBA LOUMBI, ce garçon serait appelé TCHIKOUA NGOUNGOURI.

Avant sa mort en 1970, TOUMBA LOUMBI s’arrangera avec l’Administration pour que HAMADOU LOUMBI lui succède.

Lors de la cérémonie de désignation du chef de Canton de Guili en 1970, il y avait comme candidats HAMADOU LOUMBI et TARGADJI NAIKOUA et oncle de HAMADOU YANOUSSA. Ce dernier fut porté en triomphe par les populations comme leur chef au grand désarroi de son adversaire. Ce qui n’était de nature à plaire à l’Administration. C’est ainsi que tous ceux qui étaient en mesure de s’opposer à l’intronisation de HAMADOU LOUMBI furent arrêtés et déportés dans les différentes prisons du Département de MARGUI WANDALA (Départements actuels de Mayo Tsanaga et Mayo Sava).

Les prisonniers de fortune furent libérés trois mois après, le temps nécessaire à l’Administration pour imposer aux Bana HAMADOU LOUMBI comme Chef de Canton.

TOUMBA LOUMBI régna de 1946 à 1970, soit pendant 24 ans. HAMADOU LOUMBI, quant à lui, régna de 1970 à 2020, soit pendant 50 ans.

Pendant 74 ans le peuple Bana fut dirigé, non seulement par des allogènes, mais aussi et surtout, par des personnes impropres à exercer le commandement traditionnel. Les mauvaises langues disent que TOUMBA LOUMBI était un esclave venu de GAWAR et GOUNGOURI, le grand père de BOUBAKARI HAMADOU un forgeron venu de Mhta.

C’est donc dire que M. HAMADOU YANOUSSA n’a fait que récupérer la chefferie de son grand père, pour le grand bonheur des populations du Canton de Guili.

Et si jamais un seul instant, HAMADOU YANOUSSA n’était pas de la lignée, les populations du Canton de Guili seraient les premières à contester son intronisation. Mais constate-t-on en réalité ? Les populations dans leur immense majorité, ont accueilli, dans la joie, l’arrivée de ce nouveau chef comme un libérateur venu laver l’affront qu’ils ont subi pendant 74 ans.
Q
Question à 1 F CFA : Pourquoi BOUBAKARI HAMADOU s’agite-t-il tant ?

Réponse : il a assumé l’intérim de son défunt père malade pendant sept bonnes années. Ce faisant, il a certainement goûté aux délices de la chefferie. Comme disait mon feu oncle : « on ne peut pas arracher l’os à un chien et l’empêcher d’aboyer. »

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