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Opinions of Tuesday, 2 June 2020

Journaliste: Gaston Kelman

Charlotte Dipanda victime du syndrome du messianisme en politique camerounaise


Pandémie Coronavirus au Cameroun : Lisez toute l’actualité ici →

« Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes. Ils peuvent se tromper comme les autres hommes ». Il en va de même pour les princes de nos scènes, de nos écrans et de nos stades.

Les artistes ont le droit d’avoir des opinions. Ils ont aussi le droit de les exprimer comme tout le monde. Généralement selon le niveau de leur talent, leur opinion est courtisée. La maîtrise de leur art en fait des alliés ou des adversaires redoutables pour les hommes et les structures ayant besoin de visibilité. On recherche leur compagnie. Ils apparaissent aux côtés des candidats dans les campagnes électorales et les meetings en tout genre. Ils s’affichent sur les supports publicitaires, pour les causes humanitaires. Néanmoins, s’ils lisent la pièce de théâtre de Corneille intitulée le Cid, ils tomberont sur le passage où le Comte, père de Chimène commente en ces termes, le choix du roi porté sur le père de Rodrigue pour l’éducation du prince. « Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes. Ils peuvent se tromper comme les autres hommes ». Il en va de même pour les princes de nos scènes, de nos écrans et de nos stades.

Le problème pour les stars camerounaises, c’est qu’elles appartiennent à un pays où la quête de Messies et de boucs émissaire a fait que l’artiste, comme d’autres personnalités, porte une charge qui n’est pas la sienne. Le deuxième malheur, plus grave encore, c’est que certains de ces artistes se sont pris au jeu comme s’ils ne pouvaient pas exister sans cette autre reconnaissance du petit peuple. On les érige en messies et ils croient qu’ils en sont. Alors, on observe souvent des situations cocasses. Certains tombent purement dans un état psychotique, sinon névrotique. Dans un délire profond, ils inondent la toile de multiples apparitions quotidiennes, lancent des défis donquichottesques, engagent des paris grand-guignolesques, se font spécialistes de tout et de son contraire, bombent le torse, sermonnent à qui mieux-mieux, insultent à tire-larigot, bavent des insanités, et au bout de ce combat contre des ombres qui ont envahi leurs têtes, deviennent la claire image méphistophélique de la haine de soi postcoloniale que je définissais dans une récente chronique.

Si l’artiste a droit à la parole comme tout citoyen, le fait de maîtriser un art le rend-il apte à traiter de tous les sujets ? Pourquoi ne privilégierait-il pas l’utilisation des moyens dont il dispose pour servir son pays ? Bien entendu, ce service n’exclut pas un engagement politique. Nous allons poser ici quelques portraits de l’artiste camerounais face aux soubresauts politiques de l’heure.

Les formes de l’expression des artistes

Au moment où je trace cette prose malhabile, un internaute – Moussa Njoya, à tout seigneur tout honneur – nous propose un texte d’anthologie sur « l’artiste engagé en dictature : le cas de Fela Kuti ». Alors, on entend le silence de la magnificence et on parodie Césaire car ici, les chiens se taisent, tous les chiens, ceux de François Mitterrand pleurant Bérégovoy, comme ceux qui suivent la caravane. A ceux qui savent reconnaître les pépites d’internet et se remettre en cause, je conseille de lire ce texte. « Les exemples vivants sont d’un autre pouvoir », disait Corneille dans le Cid.

Les artistes peuvent s’exprimer. Mais ils doivent tenir compte du contexte. Le contexte politique camerounais est spécial. Aujourd’hui il est gangréné par le syndrome du Messie côté face et celui du punching-ball, côté pile. Chaque pays a les dirigeants qu’il mérite. Le Camerounais a maladivement besoin des dirigeants à qui il a quelque chose à reprocher. Ce qui lui permettra de museler la petite voix qui lui rappelle ses propres turpitudes. Ensuite, il se présentera l’élu de sa quête comme un Messie. Paul Biya de par sa longévité au pouvoir, son âge et son bilan que ses opposants trouvent médiocre, est l’épouvantail rêvé des corbeaux criards de la nécrophagie et des porcs de la scatophagie ambiantes. On l’a vu, on l’a voulu, on l’a prédit mort si souvent qu’il est bien au-delà des neufs vies de la résistance du chat. Le même Biya pour ses partisans, cède la place du diable à son ministre et thuriféraire d’hier, aujourd’hui désireux prendre la place du vizir, et revêt l’habit du Messie créateur des créatures. Kamto le sus-décrit ancien thuriféraire est quand à lui une manière de dieu de l’Olympe et qui ose le toucher ou tout simplement en soutenir un autre, est menacé, maudit, honni banni, agoni d’anathèmes. Même le jeune Cabral Libii n’a pas échappé à cette peste messianisante, en qui ses nombreux adeptes voient ni plus ni moins que la réincarnation du Messie Mpodol Ruben Um Nyobè. Devant cette foire existentielle, l’artiste a le choix. Seulement, l’artiste est Camerounais. Alors l’artiste camerounais se jette souvent dans la mêlée. Pourtant d’autres voies sont possibles.

Les artistes peuvent s’exprimer. Mais ils doivent tenir compte du contexte. Le contexte politique camerounais est spécial. Aujourd’hui il est gangréné par le syndrome du Messie côté face et celui du punching-ball, côté pile. Chaque pays a les dirigeants qu’il mérite.

Nous avons vu dans le pays voisin, le modèle Fela Kuti. Hélas, nous n’avons pas cette envergure chez nous, ni dans la connaissance, ni dans l’action. Nous avons eu plus grand dans un autre registre. C’est Manu Dibango. Le plus grand musicien d’Afrique de tous les temps ne s’est jamais permis de prendre la parole en politique. Il n’a jamais essayé d’influencer l’opinion publique. Il n’a jamais été donneur de leçons. Il n’a jamais insulté personne. Il savait que l’homme n’est ni ange ni bête. Mais il connaissait aussi la suite de cette maxime de Blaise Pascal. Il savait qu’il n’y a ni Messie ni diable sur la terre et que chacun doit remplir sa mission en bon citoyen. Il savait surtout qu’il y avait un long processus vers la libération des peuples et que c’est comme musicien qu’il allait y jouer un rôle et non comme insulteur, aboyeur et donneur de leçons.

Nous observons parfois des artistes qui savent garder leur place avec beaucoup clairvoyance. Je me souviens du temps où en France, on donnait la parole aux rappeurs et aux sportifs noirs sur tous les sujets. Il faut leur reconnaître que globalement, ils évitaient le piège et ne se prenaient pas pour ce qu’ils n’étaient pas. Un jour, je me suis retrouvé sur le plateau de France 2 pour parler de la sociologie des banlieues, avec un jeune rappeur qui caracolait en tête du hit parade. Toute la France avait pour lui les yeux de Chimène. Il était jeune beau et bourré de talent. J’ai pu apprécier la grandeur de ce garçon. Il n’a pas arrêté de s’excuser d’être là. Il disait, « je ne comprends pas pourquoi on m’a invité sur le même plateau que les spécialistes comme Monsieur Kelman». Chaque fois qu’il devait intervenir, il me regardait pour quêter mes encouragements, parce que j’étais le seul autre noir du plateau, mais surtout – il me l’avouera – parce qu’il avait lu mes œuvres et appréciait ma grande maîtrise du sujet.

Puis il y a la foule des exubérants, experts en tout, qui savent tout. Cette légion d’imbéciles que Umberto Eco ce spécialiste de la communication, a su si bien définir. Au Cameroun, aujourd’hui, c’est la race dominante. Il y a des spécimens au talent des plus rachitiques qui ânonnent sans fin la même ratatouille rythmique sur le même thème en changeant à peine les mots ; des sous doués dont la production traversera péniblement les frontières camerounaises vers les pays de la CEMAC, dont l’état mental n’est pas certain, mais leurs déclarations rythment la vie publique sociale et politique de ce pays. Mais la tristesse absolue, ce sont ceux qui ont un certain talent, qui auraient dû s’en contenter, mais se prostituent néanmoins pour les ovations virtuelles.

Notoriété, valeur, patriotisme.

Le cas d’actualité, ce sont les propos de Charlotte Dipanda en faveur de l’alternance. Nous savons le tollé que sa déclaration a soulevé. Certains l’ont récupérée ayant jugé qu’elle apportait un soutien à leur camp et ce faisant, elle abominait le camp ennemi. Du coup, ceux d’en face se sont senti obligés d’agonir la chanteuse d’injures. Vous me direz qu’elle s’en tire à bon compte. Vous me rappellerez que certains ont été molestés et empêchés de faire leur travail parce qu’ils soutenaient le camp adverse.

Qu’a donc dit Charlotte Dipanda de si révolutionnaire ? Elle a déclaré que l’alternance était bonne pour le développement. Tout simplement. Dans bien d’autres contextes, sous d’autres cieux, cette déclaration n’aurait pas soulevé le plus petit commentaire. Je n’ai jamais entendu rien de plus banal de si peu original. C’est comme si elle avait dit, l’école est une bonne chose. Elle a aussi dit qu’un vieillard octogénaire était au pouvoir depuis trop longtemps à son goût. Quel jeune de son âge ne le penserait pas ? Je reste intimement convaincu que même les soutiens du président à la longévité exceptionnelle, Paul Biya pour ne pas le nommer, vous diront eux aussi que l’alternance est une bonne chose. Ceux de Robert Mugabé disaient la même chose.

Après cette mise au point, je vais faire un peu de pédagogie car en fait c’est la seule raison pour laquelle ce débat m’intéresse, vraiment pas pour hurler avec les loups.

Je reste intimement convaincu que même les soutiens du président à la longévité exceptionnelle, Paul Biya pour ne pas le nommer, vous diront eux aussi que l’alternance est une bonne chose. Ceux de Robert Mugabé disaient la même chose.

Est-ce que la pertinence des propos d’un artiste est proportionnelle à sa notoriété ? Parce que l’on est bon musicien ou bon footballeur, devient-on plus pertinent dans ses prises de positions publiques ? L’importance que les Camerounais ont accordée aux propos de Dipanda, je répète, propos d’une logique mais aussi d’une banalité absolues, porte à croire que la réponse à cette question ne saurait être que positive. Alors, dans ce cas, nous devons tous suivre Samuel Eto’o, le meilleur de tous en terme de notoriété. Quel Camerounais oserait dire que notre 9 national a un concurrent dans toute l’Afrique ? N’a-t-il pas été une étoile du foot dans le monde, à un niveau qu’aucun Africain n’avait jamais atteint ? Si on réunit tous les footballeurs, tous les musiciens, tous les écrivains camerounais, Samuel Eto’o Fils seul a plus de notoriété que tous réunis. Pourtant, il s’est fait laminer pour ses positions par le camp adverse qui aujourd’hui acclame Dipanda et la couronne d’infaillibilité. Beaucoup de ceux qui récupèrent la position de la chanteuse sont les mêmes qui ont pourri la vie de certains artistes à cause d’un choix qui était leur droit le plus absolu.

Un artiste peut-il être utile à son pays, hors des stades, des scènes, des positionnements tapageurs où il se fait grand stratège rompu à l’injure et à l’anathème ? En effet, c’est ici que l’efficacité de l’artiste peut être proportionnelle à sa notoriété.

Samuel Eto’o Fils, ce champion toute catégorie du football mondial, nous l’a prouvé à plusieurs occasions. Je ne parle pas de ses engagements caritatifs et de ses expériences économiques. A lui seul, il est plus influent dans la diplomatie que tous les ambassadeurs du Cameroun réunis. Si le Cameroun fait des affaires particulières avec la Turquie et bien d’autres pays, on le doit à ce garçon. Dans la diplomatie du football, il pèse plus que le président et le ministre des sports réunis. Je pense que c’est grâce à lui que vous avez pu rattraper in extremis la CAN que vous ne méritiez même plus. Mais il s’est battu pour vous, pour son pays, pour la jeunesse. Dès lors, a-t-il besoin de descendre dans le caniveau, dans la mare aux canards pour exister ? S’il le fait, je dirai ce que j’en pense. Je ne sais pas s’il a une page Facebook. Je ne connais pas une seule de ses vidéos virales. Il à choisi de se mettre bien au-dessus de la mêlée, là où l’on rencontre les géants, comme le disait François Mitterrand.

Un autre géant, Manu Dibango, a ouvert la Cameroun au monde entier avec sa chanson Soul makossa. Grâce à lui, son pays et l’Afrique tout entière sont entrés aux Etats-Unis d’Amérique au-delà de ce que notre diplomatie aurait pu réussir.

Un autre géant, Manu Dibango, a ouvert la Cameroun au monde entier avec sa chanson Soul makossa. Grâce à lui, son pays et l’Afrique tout entière sont entrés aux Etats-Unis d’Amérique au-delà de ce que notre diplomatie aurait pu réussir. Il m’a raconté la suite qu’il aurait voulu donner à cette aventure. Il a proposé au Cameroun de surfer sur ce succès pour promouvoir les produits camerounais en les réunissant sous le label Makossa. Rien n’a été fait. Le label Makossa – banane makossa, café makossa, cacao makossa, poivre makossa, ananas makossa – aurait ouvert les portes des Etats-Unis et de bien d’autres pays à notre commerce extérieur. Des années plus tard – un peu tard, trop tard ! -, son ami Njala kwam qui était directeur de la CDC a exploité ce filon pour la banane. Il y a eu quelques résultats.

De l’alternance en question.

S’il m’avait été donné de (psych)analyser les propos de Charlotte Dipanda, voici ce que j’aurais trouvé. Oui Charlotte Dipanda appelle l’alternance de tous ses vœux. En fait, elle va même plus loin, car il s’agit d’une double alternance ; celle des hommes et celle des générations au pouvoir.

S‘agissant des hommes, nous avons à la tête du pays lemême président depuis 38 ans. Charlotte Dipanda s’en indigne. Beaucoup de Camerounais partagent cette indignation et aimeraient qu’il passe la main. Mais ce n’est pas tout. Ce qu’il convient d’ajouter, c’est que cet homme incarne un certain Cameroun, un type de gouvernance, un modèle qu’il a construit avec une équipe. Cela ne vous aura pas échappé, depuis l’indépendance, tous les candidats à la présidence de la république ont été des compagnons de route de Paul Biya. Ils l’ont aidé à fabriquer le Cameroun que nous vivons et que beaucoup rejettent. Ils ont parfois participé à la mise en place de lois que l’on conteste aujourd’hui. Ils ont encensé Biya au-delà de ce que le pire tyran aurait espéré. Ils ont sacralisé le culte de la personnalité et l’infaillibilité du chef. Une fois à la retraite, ils deviennent des Iznogoud. Ce camp héberge trois catégories de prétendants au trône du vizir. La dernière élection présidentielle nous en fait une illustration magistrale, tous puisés dans le camp des retraités du pouvoir de Paul Biya. Il y a ceux qui font ça pour rire. Garga Haman Adji ne s’en cache pas. Et ça lui réussit bien. Chacune de ses interventions télévisées est une mise en scène. Adamou Ndam Njoya, très lucide, dit clairement qu’il se présente pour faire vivre son parti en attendant le grand soir. A son âge (qu’il repose en paix), c’était une noble et altruiste mission qu’il s’était assigné. Maurice Kamto, le troisième larron et le dernier de cordée – chronologiquement bien sûr – se pique au jeu et promet le grand soir. Certains le croient. Ne l’oublions pas, le Camerounais a besoin de se décharger de ses responsabilités sur un Messie ou sur un épouvantail. Tous ceux-là, Charlotte Dipanda leur demande de partir et de devenir des conseillers de la jeunesse.

Ne l’oublions pas, le Camerounais a besoin de se décharger de ses responsabilités sur un Messie ou sur un épouvantail. Tous ceux-là, Charlotte Dipanda leur demande de partir et de devenir des conseillers de la jeunesse.

Et puis il y a l’alternance des générations. Pendant les soixante dernières années, depuis son premier gouvernement, le champ politique camerounais a connu un modèle unique UC/UNC/RDPC qui a façonné Paul Biya et ses trois collaborateurs, Haman Adji, Njoya et Kamto. En 2018, à l’occasion de l’élection présidentielle du 07 octobre, on va assister à la première révolution dans ce champ politique. Elle a été portée par trois hommes : Cabral Libii, Serge Espoir Matomba, Joshua Oshi. Chacun a été le meilleur dans son style. Cabral le fonceur, Matomba le méticuleux, Oshi le besogneux. Ils sont jeunes comme la majorité des Camerounais et comme la majorité des nouveaux dirigeants au monde. Ils sont talentueux. Ils ont inventé chacun une façon de faire de la politique au Cameroun. Alors que les jeunes avaient été formés à attendre que les vieux les forment à leur système vieilli, qu’ils les adoubent, et qu’ils leur donnent des miettes, nos trois mousquetaires ont foncé. Oshi a viré l’indéboulonnable Chairman, John Fru Ndi. Cabral a surgi comme un indomptable corsaire. Matomba a commencé en créant un parti alors qu’il était loin de ses trente ans et a entrepris sa longue marche step by step.

Cabral Libii, Serge Espoir Matomba, Joshua Oshi. Chacun a été le meilleur dans son style. Cabral le fonceur, Matomba le méticuleux, Oshi le besogneux. Ils sont jeunes comme la majorité des Camerounais et comme la majorité des nouveaux dirigeants au monde.

Qui pourrait imaginer que si elle n’est pas bête, et elle ne l’est pas, Charlotte Dipanda ne pense pas à ceux-là, ne mise pas sur ce tiercé prometteur comme la vraie alternance que le pays attend ? Qui pourrait sans la mépriser, s’imaginer qu’elle lâcherait ces poulains sémillants et frémissants, pour un quarteron de haridelles dépolies par l’âge et l’usure du pouvoir. Qui pourrait imaginer sans l’offenser, que la jeune femme ne soit pas dans une logique de solidarité générationnelle ?

Cabral Libii a compris la contribution de sa cogénérationnelle Charlotte Dipanda. Saisissant la balle au bond, alors que les aboyeurs de tout bord s’écharpent sur la toile de leurs griffes vermoulues, il interpelle. « Peuple Camerounais, lève toi et marche pour le changement et l’alternance. Ce n’est que comme ça que le Cameroun pourra avancer ». Ce corsaire finira par réussir son abordage. Et les autres ne seront pas loin. Les paris sont ouverts.

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