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Opinions of Thursday, 6 August 2020

Journaliste: cameroonvoice.com

Cameroun : les journalistes préparent la deuxième mort de Samuel Wazizi

Apres avoir minutieusement scruté les médias Camerounais, je suis triste de vous annoncer la préparation de la deuxième du mort du journaliste Wazizi, et cette fois-ci sous les plumes sèches et les micros muets de ses confrères journalistes.

En effet, le 02 Aout 2020 a marqué le premier anniversaire de l’arrestation du journaliste Samuel Wazizi qui fut kidnappé le 02 Aout 2019 et assassiné deux semaines plus tard par le régime de Yaoundé, soit le 17 Aout 2019. Aucune mention de cet évènement dans la presse et les médias Camerounais. Le bilan est dévastateur et nauséabond car les journalistes Camerounais auront parlé de la mort de leur confrère en tout et pour tout pendant 7 jours chronos :

02 Juin 2019, Cédric Noufele annonce la mort probable du Journaliste depuis le mois d’Aout 2019. La toile s’enflamme.

05 Juin 2019, l’armée confirme que le journaliste était “décédé à l’hôpital militaire de Yaoundé des suites d’une nouvelle technique de torture baptisée sepsis (septicémie) sévère”. C’est l’émoi général au Cameroun et dans le monde: « Nous espérons que la 14eme audience en habeas corpus dira ce qui s’est réellement passé et où se trouve le corps du journaliste Wazizi ».
9 juin 2020, le président du tribunal de grande instance du Fako va déclarer l’incompétence de son tribunal à statuer sur la 14ème demande d’habeas corpus dans cette affaire.

Les journalistes de la ville de Buea et de la région du Sud-ouest en général qui s’étaient mobilisés seront déçus, eux qui espéraient que les conditions de rétrocession du corps de Samuel Wazizi seront évoquées.
Depuis cette date du 9 Juin 2020 où les criminels de Yaoundé ont décidé de garder le corps du journaliste comme un trophée, les journalistes Camerounais n’ont plus parlé de Wazizi et comme vous avez-vous-même compté, les journalistes ont consacré 7 jours à cette mort violente, brutale et insoutenable de leur collègue Wazizi ; C’est presque un deuxième assassinat !

Sous l’effet soit de la terreur du régime ou de la natation dans l’huile de sardine, les journalistes Camerounais ont perdu leur langue et jurent tous ne pas vouloir savoir ce qui est arrivé au journaliste. Ils pousseront un cris de désespoir dans une déclaration lue lors d’une conférence de presse à Douala : « Le SNJC et la CAMASEJ dénoncent la confiscation du corps du journaliste Samuel Wazizi ». Le régime de Yaoundé en tremble encore.

Il faut le dire, si les journalistes Camerounais ne se mobilisent pas pour obtenir des sanctions exemplaires ou même suprêmes pour l’assassinat de ce journaliste, alors ils confirmeront tout ce qu’on dit de biens sur leurs ballets nocturnes avec le régime, surtout que le régime est conscient de la puissance du pouvoir des journalistes. C’est pourquoi le régime ne va annoncer son forfait que 10 mois plus tard.

A titre indicatif ou comparatif:

La mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné en octobre 2018 au consulat du royaume à Istanbul, en Turquie, va entrainer la condamnation de 11 membres de haut rang du régime Saoudien avec cinq condamnations à mort.
La mort de Mohammed Bouazizi, vendeur ambulant, par auto-immolation par le feu en Décembre 2010 va entrainer la chute de Zine El Abidine Ben Ali, le 14 janvier 2011. Bouazizi n’était pas journaliste mais les journalistes en ont fait un symbole qui a fait fuir le dictateur Ben Ali, malgré le soutien disponible de la France (Michelle Alliot-Marie).
Le 17 Août prochain, ce sera l’anniversaire de la mort de Wazizi et nous verrons bien qui sont les assassins ou les complices de l’assassinat de Wazizi. Oui ! Les journalistes Camerounais peuvent faire retentir la mort de Wazizi comme celle de Bouazizi et celle de Kashoggi. Et je profite pour envoyer deux messages :

Aux journalistes, je leur rappelle la chanson du prince des montagnes de Nkongsamba : « Aujourd’hui c’est ma peau, demain c’est la tienne ».
Aux assassins de Wazizi, je les exhorte à profiter de cet anniversaire pour dire eux-mêmes toute la vérité sur sa mort avec la libération de son corps. Nous révèlerons si besoin les résultats de nos enquêtes sur la mort atroce de ce journaliste qu’on peut considérer miraculeusement comme étant vivant.

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