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Opinions of Friday, 8 May 2020

Journaliste: Le collectif ‘LES BANEN DISENT NON‘

Cameroun : les Banen disent non à la vente de leurs terres


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Le 04 février dernier, le ministère des Forets et de la Faune de la République du Cameroun lançait un avis public pour le classement de 64 835 ha dans le domaine privé de l’Etat afin d’en faire une concession d’une trentaine d’Unités Forestières d’Aménagement en abrégé UFA. Ce projet a tout de suite suscité l’inquiétude et l’incertitudes des populations. Toute chose qui les ont conduites à se mobiliser et à s’organiser de manière à faire entendre leur voix dans le but de s’opposer au processus d’expropriation en cours.

Et, de défendre leurs droits inaliénables sur leur patrimoine ancestral et de sauvegarder les intérêts des générations futures. Par le biais de personnes ressources, volontaires et bénévoles ; des démarches ont donc été engagées dans le sens de comprendre les fondements juridiques, le rôle, les objectifs et les enjeux de ladite dépossession auprès de ministre de l’administration concernée auquel nous avons rendu visite en délégation le 28 avril 2020.

Notre délégation en a profité pour lui exprimer l’OPPOSITION catégorique des populations autochtones de la forêt d’EBO. Et ce, en nous adossant sur des cas précédents, sur des faits historiques connus et indéniables et enfin sur un argumentaire juridique en relation à la protection des minorités et des peuples autochtones. Nos arguments reposent respectivement sur des données factuelles vérifiables qui attestent l’existence des droits ancestraux des communautés plaignantes sur les terres convoitées par l’Etat ; sur le précédent de l’arrêt du projet de WWF à la suite de l’opposition vigoureuse des communautés intéressées en 2006.

Il faut dire que l’arrêt dudit projet en lui-même, fut à la suite de l’opposition des communautés concernées, constituait la reconnaissance formelle par l’Etat des droits ancestraux et traditionnels desdites communautés sur les terres litigieuses ; sur le non-respect des exigences de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones adoptée le 13 septembre 2007 en ses articles 8, 10, 19 et 32 de cet instrument international qui fait consensus au sein des Etats membres de l’Organisation des Nations Unies ; sur le bilan peu élogieux la gestion calamiteuse des 100 Unités Forestières d’Aménagement en abrégé UFA existantes au Cameroun et enfin sur l’existence des démarches parallèles et intérêts contraires à ceux des populations directement concernées par ces terres.
Notre mouvement

Le collectif ‘LES BANEN DISENT NON‘ est un regroupement des fils et filles des déportés des terres de la foret d’EBO qui envisagent le retour dans ce qui fut jusqu’en 1963 la terres de leurs parents, grands-parents et arrière-grands-parents. Une terre qui constitue la matrice principale de leur âme collective car s’y trouve : cimetières et lieux sacrés qui constituent pour eux des repères culturels et traditionnels irremplaçables. Ils y ont encore leurs villages leurs cases, leurs cacaoyères, les caféiers, leurs plantations de palmier à huile, leurs cocotiers, leurs pruniers et d’autres cultures vivrières régulièrement entretenues... La raison d’être de notre engagement se trouve dans l’expression de notre volonté collective de rentrer chez nous et de ne plus être des apatrides au Cameroun. Notre rassemblement est le relais de nos Chefs Traditionnels, des représentants des grandes familles, des figures culturelles sportives administratives, politiques et, de toutes nos élites pour le bien de l’ensemble du peuple BANEN au Cameroun.

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