Vous-êtes ici: AccueilWallOpinionsArticles2020 11 07Article 554470

Opinions of Saturday, 7 November 2020

Journaliste: Tchana Bopou John Michael, Juriste

Cameroun : la triste réalité du Noso que le régime cache

« Il appert sans ambages que la crise actuelle qui sévit dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest plombe considérablement non

seulement accès à “ l’éducation pour les jeunes, mais aussi et surtout la densité ou la qualitè de cette éducation. Comment parler d’une éducation de qualité dans un contexte où les enseignements évoluent en dents de scie dans ces régions en crise, qui plus est qualifiées de zone économiquement sinistrées ? Au regard de ce qui continue de s’y passer, on n’est pas loin de qualifier ces deux régions de zone d’éducation morte puis après zones à éducation prioritaire.

L’Etat ne peut pas fléchir sur la question de l’éducation puisqu’il est le garant de ce droit à l’éducation. C’est à l’État de mettre en place toutes les mesures nécessaires pour permettre aux jeunes d’avoir libre accès à l’éducation. Ce qui est difficile actuellement dans ces régions. L’État a souscrit à des conventions internationales qui prônent le respect du droit à l’éducation pour tous ; c’est la raison pour laquelle bon gré mal gré, l’Etat reste fermé sur la question de la continuité de l’école. Dire qu’il n’y a plus de possibilité de poursuivre l’éducation des jeunes dans ces régions, ce serait reconnaître l’échec de l’autorité de l’Etat et consacrer par-delà la victoire des sécessionnistes. Ce qui est inacceptable pour un État qui a le monopole de la force.

Il est clair que de plus en plus la peur s’installe chez les élèves et les parents au regard de tout ce qui s’est produit ces derniers temps. L’on pourrait croire qu’il faut maintenir le cap pour ne pas montrer de signe de faiblesse et faire preuve de défaitisme face aux assaillants, mais à la vérité, face à l’importance de la vie humaine en général et celle de nos enfants en particulier, il y a lieu d’avoir peur de continuer à courir le risque. Encore que l’État ne pourrait pas installer un poste de police, de gendarmerie, ou un groupe de soldats aux alentours de chaque établissement scolaire dans le Nord-ouest et le sud-ouest ; d’où l’équation difficile de garantir la sécurité totale de tous les élèves et enseignants dans ces zones.

A lire aussi Cameroun: La pénurie des timbres fiscaux paralyse l’activité administrative à Mbalmayo C’est normal qu’il faille accélérer tout le processus de négociations pour la fin de la guerre. Seulement, doit-on plomber l’éducation des enfants parce qu’il y a un conflit ? Non. La guerre si tant est que la situation dans le Noso en est une, a des règles. En temps de guerre, les enfants scolarisés, les hôpitaux, les écoles, les femmes et les vieillards, bref les populations civiles bénéficient d’une immunité totale. Alors, pourquoi s’attaquer à cette couche de la population qui n’a aucune implication dans le conflit ? Certes, il faut mettre fin à la guerre. Mais en attendant que le conflit s’arrête, nos enfants doivent aller à l’école.

Il est donc clair que la qualité des enseignements et la prestation des élèves dans ces régions en crise subiront un gros coup, car comment étudier et enseigner sereinement dans de telles conditions avec la peur au ventre ? Bien malin qui pourra répondre de manière péremptoire à cette question. Il faut plusieurs facteurs pour garantir une école pérenne à nos enfants dans ces régions. Un, il faut un retour à un dialogue franc et véritablement inclusif ; deux, la libération des leaders qui entretiennent les groupes armées sur le terrain ; trois, la compréhension par les assaillants de ce que les enfants innocents n’ont rien à voir dans ce conflit ; quatre, la coopération des populations civiles et des autorités traditionnelles qui pour la plupart connaissent l’identité de ces hors-la-loi ; et enfin l’appui de l’Union africaine et des Nations Unies ».

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter