Vous-êtes ici: AccueilWallOpinionsArticles2021 01 24Article 568822

Opinions of Sunday, 24 January 2021

Auteur: Arlette Framboise Doumbé Ding

Cameroun : 'c'est donc Paul Biya le problème'

Expliquer à Dieudonné Essomba et ses amis que fermer la porte aux « étrangers » n'a rien de courageux ni de sage. D'abord parce que malgré les discours, aucun Camerounais n'est et ne sera jamais étranger au Cameroun.

Ceux qui pensent le contraire ne connaissent ni l'histoire ni la force des idées et des causes justes. Même la conservation du pouvoir et la force des armes ne sont jamais venues de façon définitive à bout des idées justes. Nulle part dans le monde cela ne s'est fait.

Malgré la réticence et le pouvoir des hommes, les femmes ont gagné leur droit de vote aux États unis en 1930 à travers le mouvement des suffragettes. Ce n'était ni parce qu'elles étaient les plus fortes ou les plus nombreuses, ni parce qu'elles avaient préalablement conquis le pouvoir. C'était parce qu'elles défendaient une cause juste.

Nelson Mandela et l'ANC ont obtenu la fin de la politique de l'apartheid en Afrique du Sud. Non pas parce qu'ils avaient la capacité de faire face à la puissante armée du régime raciste blanc d'alors, mais parce qu'ils défendaient des idées justes. Il y a quelques décennies encore, les racistes Américains juraient ne pas pouvoir vivre dans un pays dirigé par un noir ni même se soumettre à l'autorité des noirs dans quelques domaines que soient. Pour eux, un noir à la maison blanche n'était simplement pas envisageable. Leur état d'esprit pouvait se résumer dans cette phrase : « un noir ne sera jamais président ». Ou encore : « un noir à la maison blanche, jamais ».

Ces racistes téméraires qui avaient théorisé des discours de haine contre les noirs avaient contre eux, des hommes et des mouvements antiracistes farouchement opposés à la marginalisation et à la déshumanisation de l'homme noir et qui plus est, revendiquaient une égalité de droit entre blancs et noirs. Des idées justes qui ont fini par triompher une fois de plus. Puisque l'Amérique a connu tour à tour un président noir et une vice-présidente noire au grand désarroi des racistes qui croyaient à l'illusion d'un supremacisme blanc éternel.

Et pour ne pas arranger leurs affaires, Joe Biden vient de nommer un Black à la tête du pentagone. Le général à la retraite Lloyd Austin est le tout premier noir porté à la tête de cette puissante institution Américaine chargée de la défense. Pour ses premières paroles d'ailleurs, il a tout de suite annoncé sa détermination à débarrasser l'armée Américaine des extrémistes et surtout des racistes.

Sale temps donc pour ces énergumènes qui croyaient ne pouvoir jamais travailler sous l'autorité de l'homme noir. Ils savent désormais que l'illusion du pouvoir éternel n'empêche pas l'expression de la réalité. Et la réalité aujourd'hui c'est que les blancs peuvent vivre et travailler sous l'autorité des noirs. Il y a tout juste 50 ans, c'était encore impensable dans une certaine Amérique.

Tout cela pour dire quoi ?

Pour dire qu'il est illusoire d'assoir un pouvoir sur le rejet de l'autre. Sur l'exclusion ethnique fantaisiste. Sur la confiscation hégémonique du pouvoir par une ethnie. Ceux qui pensent le contraire sont dominés par le poids de l'ignorance. Les bénéfices tirés de ces injustices ne peuvent réjouir que les esprits sommaires. Car ils ne mesurent pas la vacuité du bonheur égoïste et éphémère. Toute institution assise sur des bases injustes à une durée de vie limitée dans le temps. C'est pourquoi le régime Biya va s'écrouler malgré les fausses apparences de sérénité.

J'invite la jeunesse Camerounaise à se méfier des faux diagnostics portés par des tribalistes faussaires comme Mathias Éric Owona Nguini et Dieudonné Essomba entre autres. Car contrairement à ce qu'ils font croire, ce ne sont pas les manifestations pacifiques ou les critiques, au demeurant justifiées, contre le régime de Biya qui menacent la paix sociale et la stabilité dans ce pays. Ce qui menace la paix et la stabilité c'est l'injustice et la mal gouvernance incarnée depuis 4 décennies par le régime autiste de monsieur Paul Biya. C'est surtout son incompétence, son incapacité à apporter des réponses efficientes aux maux qui minent le Cameroun. Bref c'est l'incapacité de ce régime tribaliste à gouverner qui menace plus que toute autre chose la paix sociale et la stabilité de ce pays. Il y a des faits qui l'attestent. La gestion chaotique de la crise du NOSO n'en est pas le moindre. Pas plus que le chômage galopant et la misère ambiante qui a contraint 350 milles jeunes à faire le benskin rien que dans la ville de Douala.

Face à ce tableau sombre et décoiffant, la solution n'est pas de dire comme Dieudonné Essomba que chacun aille chez lui. La solution c'est de s'attaquer à la cause du problème qui est et demeure l'incapacité de Paul Biya à travailler avec compétence.



Ahidjo a-t-il réussi parce-que sous son règne chaque Camerounais était rentré chez lui travailler chez lui ? Non. Pas du tout ! Alors arrêtez de raconter des âneries au Camerounais simplement parce-que vous voulez justifier le maintien au pouvoir d'un clan d'incompétents.

Ahidjo a réussi parce qu’il était un travailleur consciencieux et compétent. Ce qui a produit les résultats que l'on connaît sur le plan économique.

À son départ en 1982, il avait réussi à hisser le Cameroun au rang enviable de pays à revenus intermédiaires. Entre temps Paul Biya est passé par là et en a fait un pays pauvre très endetté.

Hélas !

Le problème c'est donc Paul Biya. Et la solution commence forcément avec son départ.

Dire que chacun doit rentrer chez lui n'a rien de sage. C'est une distraction liée à l'absence d'esprit. Si j'ose dire. Parce que la sagesse rassemble. Elle ne divise pas. Elle ouvre les portes à l'intégration. Elle ne les ferme pas.

Le vrai courage n'est pas de bomber le torse dans un océan de misère en crachant chaque jour le venin du tribalisme alors qu'on s'interdit par lâcheté de s'attaquer à la vraie cause des malheurs du Cameroun. Le vrai courage c'est de dire la vérité aux Camerounais quel qu’en soit le prix à payer. Et la vérité ici c'est Paul Biya le problème du Cameroun aujourd'hui de par son incompétence et sa fatigue évidente liée au poids de l'âge. Les autres problèmes du Cameroun n'en sont que les conséquences.

Et sauf à manquer d'esprit, il est insensé de laisser la cause pour s'attaquer uniquement aux conséquences. Ayez l'esprit ouvert pour voir la vérité en face. C'est Paul Biya et son régime la source de nos malheurs. Les combattre est juste et bon au moins pour la santé sociale de ce pays tombé en lambeaux ethniques.

Le peuple combattant doit persévérer dans la lutte pour la fin du système Biya et pour le triomphe de la démocratie au Cameroun. Il n'y a pas meilleure façon d'offrir un avenir radieux à ce pays que nous aimons tous.

Il faut persévérer dans cette lutte pacifique contre la dictature pour que triomphe la démocratie. C'est une cause juste. Et comme toute cause juste, elle finira par triompher.

Dieu bénisse le Cameroun.