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Opinions of Wednesday, 15 July 2020

Journaliste: Le mandalarin

Cameroun : Paul Eric Kingué, l'éternel incompris


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J’ai suivi avec une attention particulière la sortie du truculent maire de Njombe-Penja, Paul Eric Kingue (PEK) sur canal 2 international au cours de l’émission dominical l’arène du très pragmatique Rodrigue Tongue. Je le dit tout de go : J’ai trouvé un excellent PEK maîtrisant parfaitement son sujet.

Si on peut un tant soit peu s’intéresser à la personnalité divergeante et quelque fois versatile du personnage, il faut néanmoins lui reconnaître un background solide de la gestion de la chose administrative. M. PEK sait de quoi il parle.

Le fil d’Ariane de cette émission faut-il le rappeler était la mise en œuvre des prérogatives désormais dévolues aux maires dans ce qu’il est convenu désormais de qualifier comme un serpent de mer, la loi sur la décentralisation et son non moins épineux problème de distribution des cartes.

Plus que tous ses camarades maires, PEK est celui-là qu’il faudra suivre de très près pour que la décentralisation ne soit pas un autre avortement dans le long sillage de la répartition juste des ressources. Il appartient au gouvernement et plus particulièrement au ministère chargé de la décentralisation de définir les enjeux pour éviter tout amalgame. Un arbitrage du premier ministre est même de mon point de vu fort recommandé. Ne serait-ce que dans un suivi méthodique de la mise en place de la loi telle qu’elle a été promulguée. Ni plus ni moins.

Ayant dit cela je ne rabats point le caquet à cette opinion qui pense qu’il faille attendre les décrets d’application pour une interprétation juste de la loi. Je dis qu’en attendant ces décrets il faut reconnaître que force revient à la loi. D’ailleurs les patrons administratifs le reconnaissent implicitement lorsqu’ils demandent aux maires de « sursoir immédiatement à l’exercice de leur compétence relative à l’exploitation des substances minérales non concessibles transférées par la loi du 24 décembre 2019, portant code général des collectivités territoriales décentralisées, en attendant la signature du décret fixant les modalités d’exercice de ladite compétence ». Ceci dit-on sur instruction du ministre de la Décentralisation et du Développement Local, M. Georges Elanga Obam.


On peut bien entendue s’émouvoir de ce que soucieux de faire régner le calme et éviter des empoignades qui n’aideront certainement personne, les patrons de l’administration demanderaient d’observer un statut quo. C’est défendable. Mais si on l’acceptait ainsi ce serait ouvrir une boîte de pandore, mieux à la laisser entre-ouverte. Car qui connait le Cameroun sait que les trafics d’influence et autre magouilles de bas étage gangrènent l’administration toute entière. Ne nous y trompons pas les déclarations de certains de ces administrateurs ne sont pas anodins. Certains parmi eux (et beaucoup avec eux) savent très bien que surseoir aux prérogatives des maires contribuerai à leur couper l’herbe grassement offerte par ces sociétés sous les pieds. Ils ont donc recours à quelque stratagème pour essayer de garder le gombo le plus longtemps possible.

Je voudrais ici rappeler ces quelques mots du député-président Cabral Libii réagissant sur le même sujet : « J'appelle les Ministres à beaucoup de précautions concernant les droits acquis des avancées de la décentralisation. Beaucoup d'entre eux n'ont aucune idée de ce que c'est qu'être élu par le peuple. La loi doit être respectée! TRÊVE de condescendance! »

ET BAM ! Le mot est lâché ! « Élu du peuple ». Les ministres de tutelle n’ont qu’à bien se tenir, eux qui ne sont que « coptés » puis nommés souvent au détriment des plus méritants, gagneraient à ne pas sous-estimer le pouvoir, la vraie légitimité d’un responsable élu.

Cependant faut-il pour autant donner libre cours à toute sa fougue de superman comme le fait actuellement le maire de Njombe-Penja ? En quelques jours seulement il à échangé des amabilités avec des responsables de tutelle, apposé des scellés sur certain chantiers, été obligé de séparer des bagarres naissantes et pour finir porter plainte contre le préfet du Moungo. Cela fait beaucoup pour un responsable public en si peu de temps. Il faut bien comprendre l’état d’esprit dans lequel se trouve le bouillant maire de Njombe-Penja. C’est quelqu’un qui estime avoir injustement fait de la prison à 2 reprises et qui d’une certaine manière en veut certainement à l'administration toute entière et ceux qui la représente. Ceci joue un rôle primordial dans sa façon à lui d’appréhender les situations. PEK bien que dans son droit, gagnerai à prendre un peu plus de recul devant des situations qu’il juge injustes, car mieux que quiconque il sait que la témérité peut parfois nuire surtout dans un pays comme le Cameroun.

De l’autre côté le gouvernement, les gouverneurs, les préfets et même les sous-préfets devront comprendre qu’ils sont assis sur une poudrière avec au-dessus d'eux la décentralisation et ses décrets d'applications qui tiennent la mèche – heureusement - encore mouillée. Avec l’échec de la mise en place des résolutions du grand dialogue national, il est impératif et même crucial pour le vivre ensemble dans la paix et la concorde tant prônées que la décentralisation se fasse de manière rapide, rigoureuse et surtout équitable, c’est-à-dire conforme à la loi, pour ne pas être obligés d’avoir à éteindre un autre foyer dans un autre NOSO. Trop attendre reviendrai à laisser le temps à la MÈCHE de sécher. Ne pas être rigoureux reviendrait à secouer la POUDRIÈRE et faire preuve d’un laxisme vis-à-vis de la loi reviendrai à l’allumer.

Le mandalarin

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