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Opinions of Saturday, 30 May 2020

Journaliste: Jean-Pierre Du Pont

CONFIDENTIEL: voici les derniers réglages pour l'arrivée de Franck Biya au pouvoir


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À l'instant où nous rédigeons ces quelques lignes, il nous parvient que Mr Marcel Djifenji Niat, président du Sénat par fait du prince, vient pour la énième fois de faire l'objet d'une évacuation sanitaire, toutes affaires cessantes vers la Suisse, au moyen d'un avion spécialement affrété pour la circonstance. Ce sera donc conforment au protocole, le très autoritaire Lamidot du Rey Bouba (Tcholliré), qui défraie régulièrement la chronique pour ses nombreux abus et violations des droits de ses administres, Aboubakar Abdoulaye ès-qualité premier vice-président du Sénat, toujours selon le bon plaisir et désidératas du prince, qui assumera l'intérim de la présidence du Sénat, et éventuellement celle de la vacance du pouvoir.

Très malade, et physiquement affaibli, Marcel Niat Djifenji a peut-être effectué là, son dernier voyage... L’homme, devenu un véritable légume, était depuis un certain temps artificiellement maintenu en vie, à grand renfort d'une pléiade de sondes destinées à l'assister dans l'évacuation de ses déchets, et ne se nourrissait plus qu'au moyen de perfusions et tuyaux nasaux. Cet acharnement thérapeutique le prouve bien à quel point ce personnage était et est indispensable, dans le narratif du dispositif de l'alternance politique, que le régime moribond de Yaoundé tente de vendre aux camerounais.

Car, la dimension Bamileké de l'encore président du Sénat, sert à l'évidence de caution non-tribale de cette kleptocratie de mafieux, dont le fait tribal est pourtant l'ossature principale de l'argutie de la légitimité.

Pour rappel, en cas de vacance du pouvoir pour démission (ce qui est invraisemblable) décès ou empêchement, c'est le président qui en assure l'intérim de la présidence de la République. Par-delà l'aspect purement théorique, du reste uniquement destinés à donner un habillage juridique, et servir de cache-sexe, à la main mise dynastique sur les institutions, aucun faucon de la clique ou de la firme, ne souhaite franchement pas voir un Bamileké trôner à Etoudi, ne serait-ce que le temps de l'organisation d'une nouvelle élection.

D'ailleurs à cet égard, le retour en grâce de Joseph Owona, un temps fortement soupçonné de vouloir devenir calife à la place du calife, est à ce point de vue assez révélateur, et revêt un symbole de tout premier ordre. Car, tout comme Momo Jean de Dieu, Clément Atangana ne fait pas l'affaire à la tête du Conseil constitutionnel. Face à un poids lourd du droit, il ne peut durement tenir la route, en dehors d'aboyer comme en guise d'incantations : " Irrecevable " au moindre propos contrariant ...

Idem pour le fiston Mathias Eric Owona Nguini, qui par son zèle à casser systématiquement du Bami, interprète à merveille sa partition d'intellectuel mille collines, comme naguère en France Louis -Ferdinand Céline. L'auteur de " Voyage au bout de la nuit ", avait en effet dilué son immense talent d'écrivain, dans l'obsession haineuse, qu'il maugréait à l'endroit les juifs. Une sorte d'Eric Zemmour avant l’heure, même si ce dernier est lui-même juif et descendant des pieds -noirs d'Algérie ...

Comparaison n'est pas raison ? Sauf que l'histoire d'un contient à l’autre, et d'une époque à une autre, a tendance à bégayer. L'homme qui a inventé un concept imbécile, et farfelu digne des républiques bananières les plus archaïques, en préconisant l'institutionnalisation de Chantal Biya, vient de voir ses zèles en génuflexion récompensés au centuple, par l'octroi du tire de vice -recteur d’université. Tout ça uniquement pour ça, me direz-vous ? Tous les hommes sont achetables et vendables le tout étant de connaitre le prix exact de chacun. Quoi que !

Alors, qu'en est-il vraiment de cette succession de gré à gré ? Franck Biya annoncé, à grands sons de tambour, même s'il feint ne pas être intéressé par les sollicitations pressantes de la firme, n'a pas opposé de fin de non-recevoir définitive, et a même été aperçu ces derniers jours, en train de faire un tour de piste, lors d'une sortie savamment orchestrée, destinée vraisemblablement à servir de test grandeur nature et en temps réel. Les membres de la firme, qui ont à la suite du coup de poing sur la table du " Nomgui", sifflant la fin de la récréation face au danger imminent de la perte du pouvoir, ont momentanément décidé d'observer une trêve, pour le bien commun.

Ayant pour la plupart vécu de près, le transfert du pouvoir du camp Ahidjo vers le leur, les membres de la firme sont plus que conscients, que par-delà les seuls enjeux du pouvoir, c'est de leur survie même qu'il s’agit. Alors face à l'éminence d'un tel danger existentiel, pourquoi ne pas se mettre d'accord sur un dénominateur commun, pour bouter l'ennemi hors de la sphère du pouvoir ? Après on pourra toujours aviser, et ajuster les stratégies.

Pour l’instant, l'heure à la diversité des stratégies, car un bon guerrier doit toujours revoir plusieurs solutions de rechange, et ne pas être pris au dépourvu ou à découvert.

Dans ses mémoires, Jacques Foccart ne dit-il pas : " Paul Biya s'éternise au pouvoir, en semant la zizanie au sein de l'opposition " ? Eh bien, pourquoi négliger une stratégie qui a payé par le passé? Ne serait-ce pas comparable, pour emprunter la métaphore du football, au dicton selon lequel on ne change pas une équipe qui gagne?

C'est dans cette optique, les camerounais depuis quelques mois, assistent médusés chaque semaine, à la profusion de petits partis politiques, qui sortent sur terre comme des champignons. On a d'ailleurs l'impression, que le ministre de l'administration territoriale (ministre de l'intérieur), anticipe et devance même parfois, les souhaits de ces partis avant leur existence légale. Ainsi l'a-t-on vu récemment, approuver un parti à qui il prêtait à une appellation, aussitôt contredite et désapprouvée dès le lendemain, par un tweet du président de cette formation ...

Cherchez l’erreur, et surtout la motivation.

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