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Opinions of Thursday, 14 January 2021

Auteur: Michel Biem Tong

CONFIDENTIEL: avant sa mort, le Général Ayeke échangeait avec le Sous-prefet d'Alou

A la fin du WhatsApp voice mail, Ayeke dit au sous-préfet de lui envoyer du crédit téléphonique A la fin du WhatsApp voice mail, Ayeke dit au sous-préfet de lui envoyer du crédit téléphonique

Nos soupçons de collusion entre Genera Major Ayeke du groupe armé Gorillas Fighters et les sécurocrates du régime Biya se confirment peu à peu. Nous avons en notre possession un voice note envoyé par WhatsApp au sous-préfet d'Alou, dans le département du LEBIALEM (sud-ouest anglophone) par General Ayeke, quelques jours avant sa mort. Dans ce voice de 2mn 35 sec où Ayeke donne du "Mister DO" (Divisionnal Officier qui veut dire sous-préfet) à son interlocuteur, le chef du groupe armé demande quand est-ce qu'il envoie ses combattants vers lui alors qu'ils sont en train de manger et boire pour partir ? A la fin du WhatsApp voice mail, Ayeke dit au sous-préfet de lui envoyer du crédit téléphonique non sans avoir menacé de tuer l'autorité administrative. Sont-ce ces menaces de mort qui ont causé la chute de General Ayeke ? Nul ne le saura !

Quoi qu'il en soit, ce message trahit des rapports étroits entre le pouvoir de Yaoundé incarné par l'autorité préfectorale du Lebialem et les Gorillas Fighters du Général Ayeke. Voilà qui confirme ce que nous avons maintes fois soutenu et dénoncé : le parrainage par des dignitaires du régime Biya de certains groupes de voyous dans le Cameroun anglophone, dont le but est de commettre un certain nombre d'atrocités devant pousser la communauté internationale et les populations locales à se dresser contre le mouvement indépendantiste anglophone.

Au moment où General Ayeke est exécuté sommairement par les soldats camerounais ce 13 octobre 2020, ses Gorillas Fighters maintenaient en otage une dizaine de personnes dont des chefs de quartiers dans les villages Tale 1 et Tale 2. En effet, ce sont 15 personnes qui ont été kidnappés. 5 d'entre elles ont été tuées par les hommes d'Ayeke qui demandaient aux 10 autres restées vivantes 10 millions de FCFA de rançons par tête.

Soldat déserteur du Bataillon d'intervention rapide (le fameux BIR) classe 2014, General Ayeke a été le commandant en second de Field Marshall, patron du redoutable groupe armé Red Dragons qui coiffe le Lebialem. Manipulé par certains activistes véreux et retournés du mouvement indépendantiste anglophone, Ayeke a en mars 2019 quitté les Red Dragons après l'échec d'un plan (Ayeke y était inclu) monté par les services secrets camerounais (Sécurité militaire, DGRE) et qui visait à neutraliser les Red Dragons y compris Field Marshall.

Le groupe armé Gorillas Fighters est affilié à l'Ambazonian Defence Forces (ADF), branche armée d'une faction du mouvement indépendantiste que le pouvoir de Yaoundé utilise pour la contre-révolution. Les hommes d'Ayeke se sont illustrés par le règne de la terreur: kidnapping des femmes et des jeunes enfants, demande de rançons aux cultivateurs de cacao, incendie des cases villageoises, menaces de mort à l'endroit des Red Dragons et de Field Marshall, fidèles à la révolution anglophone. Ayeke n'a donc pas été tué par les militaires camerounais en tant que général indépendantiste anglophone mais en tant qu'instrument entre les mains du pouvoir de Yaoundé en vue de la contre-révolution. Nous avons eu à souligner le rôle du ministre de l'Administration territoriale Paul Atanga Nji et du Commandant de la Division De la Sécurité militaire, le colonel Émile BAMKOUI, dans la création, l'armement et le financement des faux groupes armés séparatistes dans le Cameroun anglophone, aux fins de la contre-révolution. Les Gorillas Fighters du Général Ayeke, qui bénéficiait également de l'appui de Paul Tasong, ministre délégué auprès du ministère de l'Economie et élite du Lebialem, faisaient donc partie de ces faux groupes séparatistes.

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