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Opinions of Monday, 16 August 2021

Auteur: Maboang Kessack Emmanuel

CAN 2021 : un ancien Lion révèle les tares du ministre Narcisse Mouelle Kombi

L’organisation de la prochaine coupe d’Afrique des Nations (CAN 2021) ne plait pas à tout le monde. Maboang Kessack Emmanuel, ancien joueur de l’équipe nationale du Cameroun a adressé une lettre au ministre des sports pour lui faire part des griefs qu’il a contre l’organisation de la compétition au Cameroun. Il dénonce entre autres, l’absence des vieilles gloires du football camerounais dans les différentes commissions mises en place par le ministre pour organiser la CAN.

« Pourquoi dans ce pays le travail des uns et des autres n’est pas reconnu à sa juste valeur? Sans toutefois minimiser ce que font les personnes qui ont été nommées, nous sommes quand même étonnés de voir que Samuel Éto’o ou Maboang Kessack n’est pas dans cette liste, encore moins Misse Misse, Epalle, Ebongue, Mimpo, Mabom, Feutmba, Anouldji, Bekombo ou encore Bitomo. Ebongue a même été capitaine de l’équipe nationale mais il est oublié dans cette liste. Faut-il soutenir la médiocrité pour mériter un poste? », s’interroge-t-il.
Le quart-finaliste de la Coupe du monde 1990 estime que les autorités camerounaises font la culture de la médiocrité.

« Faut-il soutenir la médiocrité pour mériter un poste? Faut-il forcément être dans un clan ou un camp pour être appelé dans des postes de responsabilité liés au sport dans ce pays? Il faut arrêter avec cette façon de faire et être objectif des fois », écrit-il.

CamerounWeb vous propose l’intégralité de la lettre de Maboang Kessack Emmanuel

À tous les dirigeants du football camerounais
Mesdames et messieurs,

Le Cameroun accueille dans quelques mois la plus grande fête du football continental : la coupe d’Afrique des nations. L’édition camerounaise est inédite : 24 clubs. Conséquence, il a fallu mettre plus de moyens financiers pour la préparer, tout comme il faudra plus de ressources humaines pour son implémentation.

Si les uns et les autres s’accordent sur les moyens financiers mobilisés par l’état du Cameroun, ce n’est pas le cas des ressources humaines. Déjà, à la mise en place du Cocan 20-21, des voix s’étaient élevées pour dénoncer l’absence de certaines icones du football et du sport camerounais, les anciennes gloires qui ont rendu le Cameroun fier de par leurs performances. Les autorités ont promis de corriger cela au fur et à mesure qu’on devait avancer dans les préparatifs.

Le 12 aout dernier, le président du Cocan 20-21, le Ministre des Sports Narcisse Mouelle Kombi a nommé des responsables dans deux commissions du Cocan. Et comme d’habitude, cette nomination avait des yeux.

Pourquoi dans ce pays le travail des uns et des autres n’est pas reconnu à sa juste valeur? Sans toutefois minimiser ce que font les personnes qui ont été nommées, nous sommes quand même étonnés de voir que Samuel Éto’o ou Maboang Kessack n’est pas dans cette liste, encore moins Misse Misse, Epalle, Ebongue, Mimpo, Mabom, Feutmba, Anouldji, Bekombo ou encore Bitomo. Ebongue a même été capitaine de l’équipe nationale mais il est oublié dans cette liste. Faut-il soutenir la médiocrité pour mériter un poste? Faut-il forcément être dans un clan ou un camp pour être appelé dans des postes de responsabilité liés au sport dans ce pays? Il faut arrêter avec cette façon de faire et être objectif des fois.

Samuel Éto’o avec tout ce qu’il a fait pour le rayonnement du football camerounais et pour la diplomatie camerounaise, méritait d’être nommé président d’honneur du Cocan, pourquoi pas directeur de cette compétition? Platini a été directeur d’organisation de la coupe du monde en France et ça s’est bien passé! Depuis des années au Cameroun je suis dans la promotion du football à la base, j’organise des jubilés des anciens footballeurs, sans compter des tournois et autres activités sportives, mais je ne suis associé ni de près ni de loin au Cocan.

Je dis merci au Président de la République, S.E. Paul Biya de m’avoir donné un appartement à Olembe en face du Stade. Au moins je pourrais regarder les matchs à la télé tout en écoutant les cris des supporters car, au Chan je n’ai pas eu de billets d’accès au stade ; rien n’indique que ce sera différent à la Can. Je me demande ce que je dirai à tous ces gens qui nous ont vu jouer chez eux et qui seront ici à la Can. Rien, car ils feront leur propre constat qu’au pays de Samuel Éto’o, on choisit qui est ancienne gloire et qui ne mérite pas ce titre.

Très chers dirigeants du football camerounais, c’est très décevant cette manière de faire. Si nous restons tranquilles depuis tout ce temps, ce n’est pas par lâcheté : nous aimons notre pays et nous n’irons jamais en rébellion contre notre pays que nous aimons tant. Cependant, en des occasions comme celle-ci, faites parfois semblant d’aider le chef de l’état à bien conduire le bateau Cameroun. Le monde nous regarde. Chacun récoltera ce qu’il aura semé. À bon entendeur…

(é) Maboang Kessack Emmanuel
Ancien Lion Indomptable
Quart de finaliste de la Coupe du Monde 1990