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Opinions of Friday, 12 March 2021

Auteur: Boris Bertolt

Boris Bertolt donne une seconde claque à Martin Camus Mimb

Après une première publication dans laquelle il s'en prend à Martin Camus Mimb, le journaliste lanceur d'alertes revient quelques heures après s'attaquer encore une fois à son confrère journaliste sportif.

Cher Martin, je me serais volontiers passé de ce texte. J’aurai espéré que tu aurais compris le sens d’une colère, d’une indignation. Oh que non, l’arrogance, l’orgueil, et le mépris de classe prennent régulièrement le dessus sur la raison chez ceux qui ont le sentiment d’être des privilégiés d’une société inégalitaire. Car, de la préservation de leurs privilèges, réside en réalité l’essence des acquis économiques et sociaux qu’ils génèrent et dont par alliance avec l’ordre dominant, ils en sont les bénéficiaires. L’orgueil, l’arrogance et le mépris de classe constituent dès lors les traits caractéristiques de ceux qui se sentent supérieurs dans un ordre social et hiérarchique injuste et inégalitaire.

Martin, ce qui est en cause dans ce débat, ce n’est pas ta liberté de penser prise en otage par ceux que tu qualifies de « procureurs de la morale ». Primo, la liberté de penser renvoie à la capacité de l’être humain de raisonner. Cogito Ergo Sun, je pense donc je suis. L’objectif étant de formuler et définir des critères de vérité. Car la vérité est constitutive de la liberté. Le droit de penser n’est donc pas le droit de dire ou de faire du ‘importe quoi mais le droit de formuler un discours sur la vérité. Or la vérité qui t’ai requise par le tribunal de l’opinion publique est celle de savoir si la police camerounaise que tu loues si bien et qui parfois fait de bonnes choses est efficace dans son travail de délivrance des passeports et des CNI aux camerounais ? Le but de ta pensée libre est dès lors de formuler un discours de vérité sur une question sociale et politique qui génère de la douleur dans les cœurs.

Ceux qui l’exigent, sont-ils pour autant « des procureurs de la morale » ? Encore qu’il y a là dans l’usage de cette expression une forme de mépris de l’opinion publique, mais de manière plus profonde une certaine vacuité intellectuelle de ta part. Car, « les procureurs de la morale » sont consubstantiels à l’organisation de la société. Car la société repose sur un consensus, un contrat, des valeurs, le désir de justice et d’égalité qui lient les différents individus et acteurs. Et dans l’organisation de cette logique du vivre en commun, de l’en-commun, les individus s’entendent sur des institutions qui s’assurent que la vérité, la justice, l’égalité puissent triompher. C’est pourquoi le système pénal existe pour dire la vérité dans les tribunaux. C’est pourquoi dans nos villages il y a les conseils des chefs. Ces institutions sont en réalité des « procureurs de la morale » car leur objectif c’est de s’assurer que dans la communauté, les individus partagent les mêmes valeurs et sont en permanence portés par le désir de vérité. Car de cette vérité découle leur liberté.

Dans les sociétés contemporaines, les opinions publiques sont des nouveaux « procureurs de la morale ». C’est pourquoi des acteurs publiques ou politiques impliqués dans des scandales sexuels ou de corruption sont parfois contraints de démissionner. Je ne suis donc pas responsable de ton déficit de connaissance sur des questions aussi sensibles pour le vivre ensemble, pour l’équilibre social que sont la vérité et la morale.

Par respect pour tes compatriotes qui ont perdu un travail parce qu’ils n’ont pas de carte d’identité ou de passeport, qui ont raté leurs bourses d’étude par absence de passeport, qui ont séjourné dans des commissariats pour défaut de CNI, qui ont été parfois mis en détention, tu as un devoir de vérité et non de mépris de classe. Devrais-je te rappeler que ton statut de journaliste te confère déjà un traitement privilégié dans la délivrance d’un passeport et du CNI ? Oh que non. La logique de classe te rend aveugle. Le discours sur la vérité au nom de la raison t’est inconnu. Ce qui est donc en cause mon cher ce n’est pas « la dictature de la pensée ». C’est l’arrogance, la suffisance et le mépris de classe affiché et assumé par un individu au nom de la liberté de penser. En réalité, cet homme, n’est plus libre, il est prisonnier de lui-même.

Pour finir cher Martin, je me passerais bien d’être contraint d’écrire ton profil psychologique. Dire la vérité est également une forme permanente de quête de liberté.

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