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Opinions of Thursday, 16 September 2021

Auteur: Auréole Tchoumi

Auréole Tchoumi donne un cours de marketing politique au MRC et autres partis

Auréole Tchoumi Auréole Tchoumi

Dans une tribune publiée ce jeudi 16 septembre, le journaliste et consultant en communication, ancien communicant du MRC a décidé de donner une petite leçon de marketing politique à certains partis d'opposition. La rédaction de CamerounWeb vous propose cette tribune.

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"Le marketing politique n'est pas une option. Pour ceux qui empruntent souvent des bus pour voyager, il arrive des fois qu'ils croisent un docteur de la rue dans le véhicule. Il parle très mal français, est parfois comique et très sûr de lui. Il sait partir du général au particulier et au bout du chemin, il descend, ayant fait le chiffre. On dit souvent tous qu'on ne leur fera plus aucune recette, mais parfois c'est plus fort que nous. Le gars est simplement CONVAINCANT.

Ce qu'il fait, c'est le Marketing. À sa manière, avant l'acte de VENTE.
Oui ne limitons plus le champs de la mercatique à la seule action de VENDRE.
En politique, c'est idem. Le marketing n'est pas une option. Il est obligatoire.

Pour un Parti politique, vendre, proposer, servir, flatter, convaincre... Sont des initiatives à inscrire dans la durée. Dans un Parti politique, on se fixe des objectifs à atteindre, chaque semaine, chaque mois, chaque trimestre. On évalue l'acte de vente, la force de persuasion des vendeurs et les produits vendus.
On s'arrête quand ça ne marche pas, pour tamiser les intrants et remettre sur le marché soit des produits améliorés soit tout juste une nouvelle façon de vendre.
Ce n'est pas une option. C'est une évidence.
Le problème avec la praxis chez nous, c'est la méconnaissance du produit par ceux-mêmes qui sont censés le vendre, le promouvoir.
Le produit politique c'est le projet de société.
Chaque axe, chaque articulation, chaque paragraphe… doit être connu et mémorisé des VENDEURS. Certains parents de la vieille époque récitaient par cœur les idéaux de leur Parti politique. Ce n'était pas une option. Parfois c'était la condition pour briguer un poste à la base. Un simple concours de connaissances des valeurs, de la vision et des missions du Parti. La charte MVV.
A l'église catholique c'était pareil. On pouvait faire 5 à 6 ans de doctrine, si on ne parvenait pas à réciter par cœur certains textes tirés du livre dédié à la formation en catéchèse. Ce n'était pas une option. L'église catholique a vendu, doucement, lentement, mais sûrement.
Ce qui fait problème aujourd'hui, c'est la formation des vendeurs.
Les partis politiques veulent vendre mais n'ont pas le temps d'inculquer les notions de leur propre science, les valeurs de leur projet de société, le bénéfice produit et les bénéfices d'usage de leur produit. Ils ont une promesse mais zéro justification de cette promesse.
Conséquence:
Ils font de tout le monde des vendeurs. Mais ont plus de mauvais vendeurs que bons. Ont des vendeurs pressés, plus gladiateurs que placeurs. LA MASSE NE VEND PAS CAR LA VENTE EN SOI VA DE LA STRATÉGIE.

Vous avez donc dans la foule, plus de suiveurs que de militants, plus d'ignorants. Vous avez des gens qui ne maîtrisent rien du projet de société, qui n'ont jamais lu les statuts, qui n'ont aucune idée du règlement intérieur, qui ne savent rien des idéaux du Parti. Ils s'en fichent, leur problème, c'est BIYA. BIYA VA PARTIR. TERMINÉ !

Du coup, leur Président National devient un Jésus Christ.
Il doit les délivrer, encaisser pour eux des coups qu'ils ne peuvent supporter, mourir au besoin pour leur prouver qu'il les aime.

Le temps passe, la situation s'enlise, le parti est relégué au second plan. Il finit par mourir de sa belle mort. Fautes de vendeurs formés, qualifiés.
En MARKETING, c'est pourtant basique, Rien ne se vend dans la force, l'acharnement, la haine, la violence. Rien.

Qu'on se le dise, pour l'opposition camerounaise: le Marketing politique n'est pas une option. "