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Opinions of Friday, 14 February 2020

Journaliste: Abdelaziz Moundé

Attaque de Paris: Ernest Obama rattrapé par ses 'incongruités'

Le 'grand' journaliste de Vision4 attaqué par la BAS Le 'grand' journaliste de Vision4 attaqué par la BAS

Notre pays se meurt des indignations sélectives : on ferme les yeux quand un journaliste, présentateur sur Vision 4, peut dire à une heure de grande écoute : « on va raser votre village... » ; on bouche les oreilles quand un homme de media peut dire impunément : « ce sont des rats, ces anglophones... ». Et on retrouve la vue quand un journaliste est attaqué dans les rues de Paris.

- Notre pays s’est accommodé de discours de haine, violents et discriminatoires quand ils sont tenus par ceux de notre camp : « un Bamileke ne sera jamais président », « on va les chasser, ils ne sont pas chez eux », « on va purifier ce pays... », « ils ne traverseront plus le pont d’Ebebda... ». Motus, bouche cousue. Ce n’est pas bien grave, entend-on souvent.

- Notre pays, en réagissant, par une disposition pénale de répression de propos tribalistes, a trop laissé prospérer un ping-pong macabre, où à la haine, explicitement exprimée par des journalistes et hommes de médias sur le Bamileke malfaisant de nature, sur Kamto, ce Bamileke qui ne sera jamais président, a répondu le fameux et ignoble concept de l’horrible Bulu. Ces joutes du pire, rassemblant des hordes de fans et aficionados du sang, qui ont assombri le lustre d’une certaine idée du Cameroun.

Dès lors, dans cette assomption et cette banalisation du propos ouvertement tribaliste et haineux, on ne peut raisonnablement condamner, à juste titre, de manière ferme une attaque sur Ernest Obama, en l’occurrence, sans revenir sur cette paille si proéminente dans ses yeux.

Les Camerounais qui pointent du doigt ladite BAS, seront toujours partiaux s’ils n’appliquent pas la même hygiène de raisonnement pour l’extrême violence avec laquelle des hommes publics et de médias traitent des questions d’actualité.

Dans notre pays et sa Diaspora, les choses sont à la fois simples et complexes :

- Que nous ayons le courage de dire à tous les haineux, bien identifiés, qu’ils sont de parfaits idiots et des pierres dans notre jardin.
- Que nous ayons le courage de nous détartrer tous - j’insiste sur tous - de ce tribalisme qui fige la pensée, corsete notre cohésion et assombrit la vie publique au Cameroun

- Que plus personne ne trouve des circonstances atténuantes à des journalistes, se moquant allègrement d’une adolescente sur un plateau ; traitant leurs compatriotes de rats ; décrétant les tares d’une tribu...

Comme cela, à chaque fois que l’on s’indignera d’une attaque sur un journaliste, nous aurions fait œuvre de justice !