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Opinions of Friday, 8 February 2019

Journaliste: Baruchu

Arrestation de Kamto: la longue liste des erreurs de Paul Biya

« Illégal » comme « irrecevable », en tout cas Mr Biya et son régime n’ont de cesse –et c’est leur unique argument- d’accuser Mr Kamto et son parti d’actions illégales. Et dans le cas d’espèce, les lois supposées non respectées ne sont rien d’autre que les multiples interdictions des autorités face aux déclarations du MRC à vouloir poser des actes politiques garantis aux citoyens par la Constitution. Le droit de manifester pacifiquement fait partie de la liberté d’expression que je compare au droit de respirer. Cela ne peut être soumis à l’autorisation de qui que ce soit ; le parti déclare et l’autorité encadre la manifestation pour qu’elle se passe dans de bonnes conditions.

De son côté, Mr Kamto et ses partisans prennent soin d’agir conformément à la Constitution de la République du Cameroun et s’estiment dans leur bon droit. Pourtant les voilà molestés, gazés, blessés par balle, déportés, détenus dans des conditions inhumaines et dégradantes (cf. les avocats) par le régime Biya.

La Constitution, Loi de toutes les lois, garante de la République

Or, la Constitution c’est LA LOI SUPREME D’UN PAYS ; c’est LA LOI FONDAMENTALE, c’est-à-dire LA LOI DE TOUTES LES LOIS. Autrement dit, les lois diverses ne sont valables que dans la mesure de leur constitutionalité, c’est-à-dire leur conformité à la Constitution. Si une autorité édicte une loi, un ordre ou une interdiction contraire à la constitution, c’est l’arbitraire, c’est illégal et dangereux pour la République.
Voilà pourquoi le Président de la République a pour mission de protéger la Constitution et de gouverner conformément à la Constitution, et en exigeant rigoureusement cela de tous collaborateurs.

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La République c’est la « res-publica », c’est-à-dire la chose (le bien) qui appartient à tous les camerounais(e)s. LA CONSTITUTION C’EST GARANTE DE LA REPUBLIQUE. C’est grâce à la Constitution qu’aucun camerounais, fut-il chef de l’Etat, n’est plus camerounais qu’un autre. Ainsi même le respect dû au chef de l’Etat doit être constitutionnel, afin de ne pas glisser dans un culte archaïque et obscurantiste de la personnalité. C’est la Constitution qui garantit à chaque citoyen des droits et libertés inaliénables, et le protège des abus, mauvaises foi, méchancetés ou ignorances éventuelles de certaines autorités.

Contre tout ce qui précède, Mr Biya s’est malheureusement habitué à manipuler la Constitution selon ses humeurs égoïstes au lieu de la protéger et l’appliquer dans l’intérêt supérieure de la nation.

A titre d’exemple : Biya n’a pas respecté les provisions de la Constitution camerounaise sur la nomination du Conseil constitutionnel, sur la séparation des trois pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ; sur les élections libres et transparentes ; l’équipe des voyous d’un faux Transparency international suffit pour le rappeler à tous ; Le Parlement a-t-il voté pour la guerre au NOSO ? Etc.

Non-Respect de la Constitution et émergence de l’Etat répressif

La conséquence c’est la chute de l’Etat de droit et l’émergence progressive d’un Etat voyou s’illustrant par les maux suivants: inertie, gangstérisme et pillage (où est la CAN 2019 ?), terreur militaire et répression sanglante, terreur judiciaire, assassinats, impunité, réduction du Parlement, Sénat et de la Justice en caisse d’enregistrement, infiltration et pourrissement/corruption des structures de l’Etat par le Rdpc, tribalisme d’Etat, promotion des médiocres et des criminels, persécution systématique de tout citoyen engagé à servir honnêtement la République, etc.

Par contre, Mr Kamto et son parti ont jusqu’ici posé chaque pas conformément aux droits et libertés garantis par la Constitution, malgré les tracasseries innombrables orchestrées par les autorités ; et cela affole un pouvoir qui a trop de mal à respecter la Constitution, tellement il s’est englué dans l’arbitraire. Rien ne justifie le dénigrement et la violence contre le Mrc et la personne de Mr Kamto, dont la probité et le dévouement historique pour le Cameroun et même à l’international n’échappent à personne.

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Par conséquent, les Camerounais(e)s, y compris Mr Biya et son régime, sont aujourd’hui au tournant de l’histoire. Il faut choisir entre être une vraie République où la légalité des lois et autres actes administratifs est fondée dans la Constitution, et être un empire où les droits, libertés et devoirs citoyens dépendent plutôt des humeurs arbitraires du chef. Mr Biya a souvent parlé de nation moderne !!!

Respect des institutions, en premier lieu, la Constitution

Et quand on parle de respect des institutions, la toute première institution à respecter par tous en commençant par le premier citoyen, c’est la Constitution de la République ; afin que tous aient une chance de vivre, de s’exprimer selon leur compétences et de contribuer au développement de leur pays.

Depuis 37 ans, tant de génération sont sacrifiés par un système inique, démagogique et répressif de gouvernement. Ce n’est pas le problème de Kamto seul ; c’est le problème de tous les camerounais(e)s sans distinction aucune de chapelle politique ou de tribu. Mr Kamto et son parti ont eu le mérite historique de démasquer la forfaiture en mondovision pour que tous les compatriotes constatent la réalité pourrie de ce régime.

Tribalisme=sauvagerie et sous-développement ; Mais nos enfants veulent aimer et vivre

La haine tribale secrétée et diffusée sur les médias officiels par le régime venimeux de Biya est une trahison de la nation qu’il devait rassembler et construire ; c’est une négation de la modernité et de la civilisation. C’est l’option pour la barbarie et le sous-développement perpétuel ; car toutes les nations fortes le sont devenues en valorisant intelligemment la diversité de leurs ressources humaines et naturelles. Le programme de société du MRC, rendu public et accessible à tous, et en lequel le peuple a trouvé le meilleur chemin pour son avenir, est un programme pour le Cameroun dans son entièreté et non pour une ou quelques régions. Le régime répand le fiel de la haine pour que les enfants du Cameroun s’entretuent et oublient de lui demander des comptes. Les enfants du Cameroun veulent aimer et vivre ; preuve en est qu’en 2018, alors que les incantations tribalistes étaient au plus sauvage, deux stars camerounaises Beti et Bami, LP. et Dc., se sont mariées d’amour, au vu et au su de tous ; alors que le régime distrait le peuple par ses appels génocidaires entre les tribus. C’était un message du Ciel au peuple camerounais. L’amour est vainqueur.

Leaders d’opinion, un bien pour la nation ; Libérer les prisonniers politiques

Le peuple camerounais doit faire échec aux appels génocidaires et prendre son destin en main en exigeant simplement de Mr Biya le respect de la Constitution de la République. La question inévitable n’est pas celle de compatriotes à combattre, mais celle du Cameroun que nous choisissons pour nos enfants : celui de l’arbitraire ou celui d’une véritable République ? C’est bien Mr Biya qui disait un jour : « Ne combattons pas, débattons » !!!

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En conclusion, Je demande au Président Paul Biya de libéré le Professeur Maurice Kamto et tous les prisonniers politiques. Ils appartiennent au peuple camerounais et ils n’ont fait que manifester leurs droits constitutionnels. Les citoyens engagés en politique et les leaders d’opinion méritent respect et protection, car ils incarnent une part de la fierté nationale comme les champions sportifs et autres champions ; et surtout, ils portent des programmes susceptibles d’améliorer et même de révolutionner le devenir collectif de la nation.