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Opinions of Friday, 30 November 2018

Journaliste: Kand Owalski

Ambazonie: les nouveaux-nés sans soins, meurent en brousse [Témoignages]

Ces enfants sur la photo écriront une autobiographie à l'âge adulte s'ils survivent. Voici ce qu'ils diront individuellement, probablement :

Mon nom est Tebitt Nji for, j'ai 23 ans et je n'ai jamais connu mon père ; ni mon village. Ils avaient tous deux été brûlés par l'armée de mon pays il y a exactement 23 ans. Ma mère raconte qu'elle eut la vie sauve en s'enfuyant dans la brousse, le ventre plein de moi et un fagot d'habits sur la tête. C'était le dernier jour où elle vit mon père, mes oncles, mes frères et notre village. Quand nous sommes revenus sur nos pas des années après le génocide, nous avons ramassé quelques squelettes. Certains étaient en bon état, d'autres pas. Il y'avait des squelettes sans crâne d'autres sans fémur. Nous leur avons donné des noms; des noms de nos frères, de nos pères, de nos sœurs, nos tantes. Chacun pouvait se prendre la part de terrain qu'il voulait pour se construire ; nous n'étions plus assez nombreux. . .

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Ma mère m'a souvent dit que je n'étais pas un enfant ordinaire. L'histoire de ma naissance n'est pas semblable à celle de tous les enfants. C'est en fuyant les cris des canons que je suis né. Ma mère raconte qu'elle n'avait rien ressenti. Qu'elle avait continué de courir jusqu'à ce que le cordon ombilical la retienne. C'est alors qu'elle regarda entre ses jambes. Elle avait perdu tout son sang ; peut-être moi aussi, se dit-elle. Le temps d'y penser elle s'était évanouie. Ma mère raconte que c'est oncle Paul qui vint à son secours. Il l'avait croisée sur la route d'où il l'avait transportée en me posant sur son ventre jusque dans les forêts où le reste du monde s'était réfugié. Oncle Paul dit que je ne pleurais pas; que j'étais comme mort. Il dit que c'est un miracle si ma mère et moi nous sommes sortis. . .