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Opinions of Monday, 6 January 2020

Journaliste: Michel Biem Tong

Ambazonie : deux faux combattants en mission pour le régime Biya démasqués


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L’image que le régime de Yaoundé tend ces dernières semaines à renvoyer aux Camerounais des ex-séparatistes Nkongho Success et « General » Nambere, c’est celle de deux Camerounais qui ont retrouvé le chemin de la raison en abandonnant la lutte pour le parachèvement de l’indépendance du Southern Cameroons (actuelles régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun). Pourtant, ni l’un ni l’autre n’a mené le moindre combat pour la liberté du peuple anglophone. Depuis l’éclatement de la crise anglophone en octobre 2016, Success Nkongho et General Nambere n’ont fait que ce qu’ils savent le mieux : escroquer les combattants, infiltrer la révolution anglophone au profit du pouvoir de Yaoundé.

Pasteur (d’autres plus incisifs diront « bonbon pasteur ») d’une église pentecôtiste, trafiquant de jeunes filles désireuses d’aller en esclavage au Koweït, Success Nkongho est originaire d’Eyumojock, localité située au sud-ouest anglophone, à la frontière avec le Nigéria. Au moment où la crise éclate en octobre 2016, Success vit à Limbé, cité balnéaire située au sud-ouest anglophone. Réputé opportuniste, friand d’argent et de moralité douteuse, Success Nkongho profite de ces remous socio-politiques pour créer au début de 2017 depuis le Nigéria, une coquille vide appelée Eyumojock Self Defence Forces, un groupe armé dont on ignore les membres encore moins les faits d’armes. Sans doute un moyen de se faire de l’argent.

C’est ainsi que Success Nkongho va être contacté par Lucas Ayaba Cho, le commandant-en-chef des Ambazonians Defences Forces (ADF), l’une des branches militaires du mouvement indépendantiste anglophone, qui lui envoie 10 000 dollars chaque mois pour l’achat des armes au Nigéria. Mais Success Nkhongo va prendre de l’argent sans acheter le matériel demandé. En juillet 2017, lorsqu’il arrive au Nigéria au conclave du.Southern Cameroons Ambazonia Consortium United Front (SCACUF) qui a porté Sisiku Ayuk Tabe à sa tête, Ayaba Cho jure d’avoir la peau de Success Nkongho, présent au conclave. C’est ainsi qu’il s’en fuit pour aller signaler à la police nigériane qu’il est menacé pour ses opinions politiques au Cameroun et ainsi, se faire enregistrer auprès du bureau local du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR).

Contrairement à ce qu’il a transparu le 31 décembre dernier lors de la mascarade organisée par Paul Atanga Nji à l’aéroport de Yaoundé, Success Nkongho n’est pas un ex-réfugié parti du Cameroun du fait de la guerre. C’est de manière tout à fait opportune et sans doute sur la
base de sa coquille vide appelée Eyumojock Self Defence Forces qu’il a été admis au statut de réfugié. En réalité, au dernier semestre de l’année 2017, Success Nkongho est déjà en contact avec Yaoundé pour infiltrer le Scacuf et épier les moindres mouvements de Sisiku Ayuk Tabe. De sources bien informées au sein du sérail camerounais, Success
Nkongho est de ceux qui ont organisé la réunion du 5 janvier 2018 à Abuja au Nera Hotel au cours de laquelle Sisiku Ayuk Tabe et 11 membres du staff dirigeant du mouvement indépendantiste anglophone ont été enlevés par les services secrets nigérians avant d’être remis 2 semaines plus tard aux autorités de Yaoundé.

Ancien soldat du Bataillon d’intervention rapide (BIR), une unité spéciale de l’armée camerounaise, General Nambere est en réalité un infiltré au sein de la branche armée du mouvement indépendantiste anglophone. Mais le Interim Government (dirigé depuis les USA par Sako Ikome Samuel) qui le contacte via Field Marshall, patron des Red Dragons (qui contrôle Le Lebialem) qui le félicite d’avoir rejoint la révolution, ne s’en rend pas compte. General Nambere va fonder un groupe armé à Nyasoso, en pays bakossi, dans le Kupe Manengouba (sud-ouest anglophone). La diaspora va d’ailleurs lui envoyer d’importantes sommes d’argent pour l’achat des armes et la ration des combattants. Mais Nambere va détourner cet argent. Ce qui va mettre les combattants de son groupe ainsi que les populations locales en colère. Sa tête va être mise à prix. Menacé, General Nambere va se
réfugier à Batibo. Il sera accueilli par General Commando, lui aussi déserteur de l’armée camerounaise qui dirige un groupe armé dans la localité.

Puis vers fin 2018, l’Interim Government le met en mission au Nigérianpour l’achat des armes. Une fois arrivé, il est logé dans un hôtel 5 étoiles d’Abuja. Un mois passe, puis deux mois, trois mois… Aucun signe de Nambere. Inquiet, l’Interim Government le contacte pour s’enquérir de la situation. C’est ainsi qu’il apprend le 16 mai 2019 que General Nambere a été arrêté au Nigéria par la police parce que soupçonné de trafic d’armes pour le compte de la révolution anglophone. Mais qu’il a été relâché par la suite. Ce qui est curieux quand on sait que pour bien moins que ça, Ayuk Tabe a été déporté au Cameroun par les services secrets nigérians. Il s’agit en effet d’une histoire montée de toute pièce par General Nambere pour justifier l’impossibilité pour lui d’acheter les armes comme il en a été mandaté par le Interim Government.

S’étant rendu compte que l’Interim Government a découvert le
pot-aux-roses, Nambere se retourne contre Sako Ikome et contre la révolution, déchargeant son fiel à tout va. Il n’est pas surprenant que le pouvoir de Yaoundé se servent de lui comme de Success Nkongho pour donner l’impression à la communauté internationale que des généraux séparatistes sont en train d’abandonner eux-mêmes la lutte alors que de l’avis de beaucoup de sympathisants de la cause indépendantiste, Nambere et Success ne représentent que deux morceaux de sucre dans la mer car n’ayant en rien impacté sur la révolution en cours dans le Cameroun anglophone.

Le 10 novembre 2019, l’image de General Nambere et Success Nkongho, assis dans un hôtel de Yaoundé en compagnie des diplomates français a fait le tour des réseaux sociaux. Il était question pour le pouvoir de Yaoundé et la France de les utiliser pour fragiliser la révolution en engageant une campagne de délation contre les leaders indépendantistes anglophones, contre les organismes humanitaires comme la Fondation Ayah, de localiser tous les campements des groupes séparatistes armés. L’objectif étant de décourager les populations anglophones qui financent et soutiennent les groupes armés indépendantistes sur le terrain et d’écraser la révolte armée.

Le retour de 87 soi-disant réfugiés du Nigéria le 31 décembre dernier à Yaoundé est une autre escroquerie intellectuelle orchestrée par le régime Biya pour donner l’impression que la situation revient progressivement à la normale en zone anglophone. Alors que rien ne s’améliore sur le terrain. Dans les rôles principaux : Success Nkongho et General Nambere. Ce que ces derniers doivent savoir est qu’ils ont
obligation de résultat car en cas d’échec de leur mission, le régime Biya fera ce qu’il sait faire le mieux : les sacrifier soit en les tuant, soit en les abandonnant dans une misère absolue.

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