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Opinions of Tuesday, 12 February 2019

Journaliste: cameroonvoice.com

Ambazonie: L'insoutenable vidéo des exactions militaires à Limbé

Ci-dessus, une tribune "anonyme" parvenue il y a quelques instant à notre rédaction. Au vitriol, elle est accompagnée d'une vidéo prise sur Facebook montrant des atrocités incroyables perpétrées par les forces de défense du Cameroun sur les populations de la ville touristique de Limbe, principal pôle économique de la région anglophone du Sud-ouest déjà en proie à l'une des plus violentes guerres civiles actuelles en Afrique.

Quels que soient l'auteur ou les auteurs de cette tribune signée par de soi-disant "citoyens prêts au sacrifice suprême pour le retour de la justice au Cameroun", elle illustre la pente dangereuse sur fond de menace d'implosion sur laquelle se trouve ce pays d'Afrique centrale jadis modèle de stabilité, mais victime du refus de ses dirigeants d'y faire prévaloir la notion d'Etat de droit. Des dirigeants qui doivent sans doute se ressaisir pour essayer de sauver le reste et éviter que ce pays qui va en lambeaux ne sombre dans l'horreur d'une guerre fratricide qui le ramènerait au moins un siècle en arrière.

D'Etat voyou, à Etat assassin qui laisse son armée tirer sur des femmes et leurs enfants y compris des nourrissons au dos, le Cameroun est devenu depuis quelques temps un non Etat. Paul Biya, prétendument réélu en octobre 2018 dont des sources au palais présidentiel renseignent qu'en fait il n'est plus en état de gouverner sa propre existence, a démissionné de ses responsabilités depuis belle lurette.

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L'armée « professionnelle » de Beti Assomo, Issa Tchiroma, Atanga Nji, René Sadi et autres trublions de la cancrerie tribale gouvernante a perdu son âme pour de bon, se transformant littéralement en une milice de criminels de guerre sanguinaires dont les exactions sont devenues indescriptibles.

C'est à cette armée que la France vient de réaffirmer son soutien en prétextant des accords de défense qui la lient au Cameroun. Le régime de Biya menace d'exterminer les Camerounais avant de disparaitre (le moi ou le chaos mobutuïen). La France le soutient de toutes ses forces.

Le précédent avec le Rwanda à l'origine d'un quart de siècle d'inimitié franco-rwandaise n'a pas servi de leçon au pays de Macron, mais toute chose ayant une fin, l'avenir du Cameroun ne s'envisageant plus malheureusement qu'en terme de guerre civile à l'issue de laquelle le régime tyrannique de Biya devra inéluctablement disparaitre, l'inimitié qui opposera le Cameroun à la France durera au moins le décuple du temps qu'a mis la rupture entre Kigali et Paris.

Voici le traitement infligé à la population de Limbe par la milice de Biya, qui incite à penser que les dieux ont déserté le Cameroun, et que seule une action énergique de ceux qui souffrent contre le régime et ses soutiens peut ramener soit une paix des braves, soit une paix des cimetières dans ce pays jadis béni, qui n'en finit plus de se détruire du fait d'une malédiction lancée sur le Cameroun le 6 novembre 1982, et qui a pour nom Paul Biya.