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Opinions of Friday, 20 August 2021

Auteur: Alain Fogue

Alain Fogue devant le juge : ‘Ne pensez pas que vous pouvez nous intimider’ (vidéo)

Ne pensez pas que vous pouvez nous intimider Ne pensez pas que vous pouvez nous intimider

Lors de son audience du 10 août 2021 à la Cour d'appel du Centre, Alain Fogue a récusé une fois de plus le juge Tankoua Gabriel, qui persiste à vouloir le juger. Alain Fogue explique à la cour comment elle soutient la dictature. Le trésorier général du MRC détenu depuis le 21 septembre 2021 explique à la cour pourquoi elle ne peut pas le juger. « Vous êtes mes adversaires politiques autant que vous êtes ici. Vous soutenez un dictateur qui a volé les élections et qui croit qu'il peut me terroriser en m'amenant chez vous pour qu'on "me mate" » s’est-t-il défendu. Il a rappelé au président de la cour sa détermination à dénoncer l'injustice au Cameroun peu importe le prix à payer
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CamerounWeb vous propose l’intégralité des propose d’Alain Fogué devant la cour

Pourquoi je vais faire appel ? Devant qui je vais faire appel ? Devant ce que nous venons de vivre, comment voulez-vous que le justiciable se sente en sécurité entre vos mains. Je ne dis pas devant votre cour mais entre vos mains. Vous venez de nous donner la démonstration claire que nous sommes entre vos mains. Vous pouvez nous blâmer, vous pouvez nous malmener. Et vous dites qu'on fait des débats politiques. Moi je suis un otage politique monsieur le président. C'est par courtoisie que je vous appelle président. Il y a un minimum de substrat républicain qui est resté en moi malgré toute la torture, malgré toutes les injustices. Autrement je ne vous aurai pas appelé monsieur le président. Je suis un otage politique.

Un homme Biya a volé une élection devant vous. Vous avez été tous témoins. Il ne sert à rien d'être hypocrite. Je suis devant vous pour avoir fait quoi ? Pour avoir demandé qu'on arrête de tuer les anglophones dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, pour avoir demandé qu'on reforme le système électoral, pour avoir demandé que Mo Wongo rende compte des 3000 milliards de la CAN. Je suis devant vous, vous montrez vos muscles. Nous sommes déjà écrasés. Quand on est en prison on ne peut pas nous mettre plus bas.

On a eu toutes les humiliations. Quand on se présente devant vous, Ne pensez pas que vous pouvez nous intimider monsieur le président. Qu'est ce qui fonde votre acharnement à vouloir nous juger ? J'avais été dans dossier où vous étiez avocat général. Vous aviez tout fait sauf du droit. La disposition du code de procédure pénale dit que quand on est notifié vous deviez répondre dans un délai. Vous n'aviez pas répondu. Le moment de la terreur est passé.

Ça ne fonctionne plus avec nous. On observe que vous avez un intérêt extraordinaire dans la cause. Nous sommes des otages et vous êtes membre d'un gang qui ne nous séquestre pour rien. On est séquestré pour rien. Vous le savez. Vous nous détenez pour un certain vieil homme qui tient en otage 30 millions d'habitants dont vous même. Je ne souhaite pas me faire juger par vous parce que vous êtes un de mes adversaires. Vous êtes mes adversaires politiques autant que vous êtes ici.


Vous soutenez un dictateur qui a volé les élections et qui croit qu'il peut me terroriser en m'amenant chez vous pour qu'on "me mate". Même 100 ans en prison je ferai face à cette dictature ainsi qu'à ses instruments de répression. Je ne souhaite pas me faire juger par vous. Je laisse chacun à sa conscience. Vous en avez une. Vous êtes les petites mains de la dictature. Sans les petites mains de la dictature, il n’y a pas de dictature.