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Opinions of Tuesday, 26 January 2021

Auteur: Dieudonné Essomba

Affaire Sokoudjou : la République des préfets est morte !

Les réactions outrées suscitées par des attitudes de défiance vis-à-vis de l’Etat de certains acteurs montrent une seule chose : certains Camerounais vivent encore dans le passé.

Les attitudes de défiance contre l’Etat se multiplient de manière exponentielle. A côté de quelques cas médiatiques, mais somme toutes anecdotiques comme le conflit opposant la Maire de Foumban à l’autorité administrative, ou celui du Chef SOUKOUDJOU se moquant des intimidations du Préfet, on peut citer des cas plus graves des populations s’opposant victorieusement aux titres fonciers délivrés par l’Etat, et même critiques comme les Ambazoniens prenant les armes et pourchassant l’Etat à coups de milliers de morts.

Assez paradoxalement, la réponse que certains prétendent apporter à ces situations qui prennent un caractère ubiquitaire et de plus en plus explosif est la force, le recours à la loi, la récitation des grands principes sur la République.

Tout se passe comme si la République du Cameroun vivait dans son univers à elle, sans tenir compte des évolutions du monde réel.

Tous les Camerounais doivent comprendre que le Cameroun de 2021 n’est plus le Cameroun de 1970. Les conditions qui prévalaient en 1960 et qui permettaient le musellement des populations et des Communautés sous la pseudo-idéologie de « l’unité nationale à bâtir » ont disparu et ne reviendront plus jamais.

Il n’y aura plus jamais de parti unique, ni de police politique pour pourchasser les opposants accusés de subversion.

Il ne sera plus possible d’imposer une seule chaine d’informations nationales qui distille la seule vérité que tout le monde doit suivre ! Les réseaux sociaux, les télévisions câblées, Internet, toute ces évolutions ont mis fin à ce monde clos.

L’arrogance des sous-préfets représentant la lumière qui « encadraient » les populations représentant les ténèbres n‘a plus aucun sens aujourd’hui! Le sous-préfet ne peut plus encadrer personne, puisque les jeunes gens qu’il prétend encadrer ont souvent un niveau intellectuel supérieur au sien et savent bien que son poste, il ne le doit souvent qu’à la corruption rampante.

Du reste, ce modèle d’Etat n’a réussi à aucun des objectifs qu’il s’était assigné pour museler les Camerounais. Il n’a apporté ni le bien-être économique, ni le développement, créant plutôt une bureaucratie parasitaire et improductive, qui aspire comme une énorme puce une Nation squelettique rongée par le chômage et la misère.

La paix à coup de violence dont il se targuait vole chaque jour en éclats : outre les conflits qu’on pourrait qualifier d’exogènes comme Boko Haram, ses prétentions à imposer partout ses unités nationales ont créé une sanglante guérilla sécessionniste qui n’en est qu’à ses débuts et durera 40 ans, nonobstant quelques accalmies périodiques, comme il est d’ailleurs de coutume dans ce genre de mouvement.

Tout vole en éclats et l’Etat n’a plus les moyens de contrôler ces tendances centrifuges. La décentralisation qui a apparu comme une perspective crédible de réduire ces tensions est pervertie et entravée, dans l’espérance totalement folle et insensée que le Cameroun pourra encore revenir comme avant.

Or, c’était l’ultime opportunité de mener le Cameroun vers un modèle capable de gérer ses contraintes internes, qu’elles soient politiques ou économiques.

Cette occasion est entrain d’être perdue par l‘autisme d’une élite qui ne comprend rien et continue rêver béatement d’une République des Préfets!
Mais une République des Préfets, c’est terminé à jamais au Cameroun !
Il y aura une autre République.

Il ne faut pas seulement que cette nouvelle République s’impose dans le désordre, la guerre et le sang.

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