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Opinions of Saturday, 20 July 2019

Journaliste: BORIS BERTOLT

Bafoussam: les derniers balbutiements d’une tyrannie

Ils iront à Bafoussam. Ils seront nombreux à Bafoussam. Elites comme populations, mais ils n’y croient plus. Tous savent que la fin c’est pour bientôt. Un peu comme ce canard qui a été egorgé et laissé sur le sol. Il bat de l’aile. Ne veut pas mourir mais sa fin est inéluctable.

Pour les élites de l’Ouest Cameroun, complices de la misère du peuple camerounais, il faut continuer à manger car bientôt on ne mangera plus. Pour les populations affamés, c’est l’occasion d’avoir 10000 ou 20000 fcfa pour avoir de quoi se nourrir pendant trois ou quatre jours mais elles n’aiment pas Paul Biya. Comme la majorité des camerounais. En réalité, c’est un bal d’hypocrites.

C’est jouissif et séduisant d’assister aux derniers balbutiements d’une tyrannie. Il y a encore quelque chose de fabuleux c’est la mise en scène. Des élites Bamileke qui refusent de prendre part au festin macabre. Des chefs traditionnels régulièrement indifférents ou partie prenante à la filouterie qui s’indignent en public comme en privé. Une élite Bamileke qui doit se cacher derrière le sultan des Bamoun pour faire passer la pillule au peuple. Des jeunes en colère qui refusent d’être achetés. C’est simplement beau.

A Yaoundé Paul Biya dort tranquillement après avoir été chassé de Suisse. De plus en plus vomi par ses partenaires, haï par sa diaspora, lâché par certains de ses soutiens obscurs, comme Mobutu Sesse Seko au retour de l’un des ses derniers voyages, il voit dans Bafoussam l’un des rares moments où il peut rêver avoir l’amour de son peuple qu’il sait avoir perdu. Pourtant Bafoussam n’est rien d’autre qu’une réunion d’hypocrites. Paul Biya c’est fini.

Pour augmenter au supplice du vieux tyran la diaspora maintien son boycott et prépare de nouvelles manifestations dans les capitales européennes.

Ce que sa cour d’obligés ne lui dit pas c’est que âgé et malade en même temps que son épouse, il ne pourra plus effectuer des cours séjours privés en Europe en toute quiétude pour se faire soigner comme il l’a fait depuis près de 20 ans. Il va devoir se contenter des avions médicalisés qu’il fait venir au Cameroun. Or 100 avions médicalisés ne valent pas 3 mois de soins intensifs en toute sereinite dans un hôpital en Europe. Paul Biya devra se contenter en voyager comme un clandestin alors qu’il y a encore quelques temps c’était le flambeur de Genève. Quelle triste fin.

Aka je regarde la Casa de Papel en lisant Main basse sur la démocratie. Il ny a rien à Bafoussam. Rien est fini tant que ce n’est pas fini.