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Opinions of Wednesday, 8 May 2019

Journaliste: RAOUL FOTSO

Affaire Kamto: 100 jours tragiques d'un détenu politique à Kondengui

Mon (ma) cher(e) camarade

Cela fait aujourd'hui 100 jours que je suis détenu avec plus de 150 citoyens par le gouvernement actuel de notre pays. En 100 jours j'ai vécu les pires moments de ma vie. Entre déportation, insultes, humiliation, torture, menaces mon parcours est remarquable. Depuis le 20 mai dernier cela est devenu une habitude de voir mes droits fondamentaux violés. Je ne suis d'ailleurs pas la seule victime. Ce régime a privé une épouse de la présence de son mari, une famille de son fils, des jeunes du leadership de leur président, des employés de la gestion de leur patron, des partenaires du développement stratégique de leur pivot, des amis politiques de l'implication de leur départemental, le Cameroun d'un fils aimé.

Les jours a kondengui se suivent mais ne se ressemblent pas. Maison du mépris où le plus fort fait sa volonté, nous avons pu par notre charisme nous imposer. Je ne te cache pas que nos AP (Amis Prisonniers) sont très heureux de notre passage. Une chose est sûre avec notre passage ici le système carcéral ne sera plus pareil. Pendant ces 100 jours j'ai été en contact avec des détenus de tous les quartiers. En passant par la détention au GSO, au SED, l'isolement à la prison central de Yaoundé et la déportation au GSO je peux dire J'AI TRAVAILLÉ LA PRISON. est ce le destin qui se dessine? Dieu a til voulu que je passe par ces étapes ? Je finis par l'accepter car le comble est que je ne suis jamais coupable. Oui c'est le prix à payer lorsque qu'on pense à la prospérité et qu'on aime son pays. Voilà pourquoi je n'ai aucune haine contre la satrapie.

Je peux dire que notre moral est chaque jour au haut niveau. Mon coeur bat au rythme du désir profond des camerounais. Celui du changement. Oui tous nous devons tenir à fin que plus jamais il n'y ait plus de Monique Koumate, bébés qui meurent dans les hopitaux par manque d'oxygène, faux observateurs internationaux, génocide et haine tribale.

Pendant ces 100 jours j'ai vu le peuple camerounais debout pour s'indigner contre l'arrestation arbitraire du Prof Maurice Kamto, les alliés, les militants du MRC et d'autres jeunes gens arrêtés dans le cadre de la crise anglophone. Je remercie les lanceurs d'alerte et toutes les généreuses personnes qui se soucient de notre bien être physique et moral à travers la tontine.

Pendant 100 jours, j'ai vu maman Sounaye brûler ses mains pour nous faire à manger. J'ai vu Hugues et Babari qui ont sacrifiés leur emploi pour la logistique.
J'ai vu le directoire à pied d'œuvre pour pouvoir a nos besoin et encadrer le parti tant sollicité dans le monde entier.

Et comment oublier la dame la plus aimée du Cameroun j'ai nommé maman Julie kamto toujours à l'écoute de toute préoccupation de chaque prisonnier.
Pendant 100 jours le collectif d'avocats n'a pas fermé l'œil, scrutant tous les textes juridiques pour dénoncer l'injustice dont nous avons fait l'objet. 100 jours que nos amazones (AP femmes) tiennent moralement.


Plus que jamais à l'aube de la libération des forces du mal, barrons la route à l'inertie et soyons affranchis de la peur. Nul n'a le titre foncier sur le Cameroun. Nous sommes tous héritiers sans distinction de sexe, tribus, religion, niveau socioculturel, de l'héritage laissé par Um Nyobe, Ernest Wandjie, Douala Manga Bell. Félix Moumie, Samuel Wanko.

Dieu bénit le Cameroun.