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Opinions of Thursday, 1 October 2020

Journaliste: Armand Noutack II?

1er octobre 1961 - 1er octobre 2020: voici les vraies raisons de la colère des anglophones

Il y a 59 ans, nos frères du Southern Cameroon signaient des "accords" pour la réunification du Cameroun à Foumban.

La délégation anglophone était conduite par Foncha et celle francophone conduite par Ahidjo.
Il faut rappeler qu'un débat houleux va se déclencher à Foumban car la partie anglophone "découvre" un projet constitutionnel déjà prêt alors qu'elle croyait être venue débattre de la constitution, tous semblent surpris sauf Foncha.

Ahmadou Babatoura AHIDJO va leur laisser deux jours pour traduire et donner leur point de vue sur la constitution du futur Etat fédéral.

D'ailleurs Nerius Namaso Mbilé, le numéro 2 du KNDP (Kamerun National Democratic Party) de Foncha va s'exclamer violemment dans la salle : " i have never seen leaders put in place nation's constitution in two days ".

Le premier mot qui va véritablement faire débat sera le mot "INDIVISIBLE", les anglophones n'en voulaient pas ... Preuve qu'ils étaient venus signer des accords pour un mariage avec possibilité de divorce au cas où...

Convaincus par Foncha, les leaders anglophones vont rapidement se mettre au travail et accepter les accords de Foumban.
La réunification sera proclamée le 1er octobre 1961, marquant ainsi l'indépendance du Southern Cameroon par son rattachement au Cameroun francophone "indépendant" quelques mois plus tôt.
En 59 ans, quel bilan peut-on faire de la RÉUNIFICATION ?

On constate aujourd'hui que l'unité nationale telle que perçue par Ahidjo est un ÉCHEC RETENTISSANT, cet échec part du 20 mai 1972 avec l'organisation d'un référendum ILLÉGAL sur l'ensemble du territoire national. La logique aurait voulu l'organisation de deux référendums séparés dans les deux Etats fédérés.

Après 59 ans, il est désormais clair qu'il faille urgemment RETOURNER À FOUMBAN, la fracture entre la partie anglophone et francophone du Cameroun n'est plus seulement ouverte, elle est béante.
Pourquoi je dis que le 1er octobre 1961 est la date la plus importante de notre histoire, pour la simple raison que c'est celle qui s'éloigne le plus des polémiques !
Au Cameroun nous n'avons aucune date consensuelle,

- le 1er janvier: le 1er janvier 1960 est creux, une fausse indépendance proclamée par quelqu'un qui ne s'était jamais, au grand jamais battu pour la libération du Cameroun, il va d'ailleurs se positionner en marionnette à travers les honteux accords de coopération avec la puissance colonisatrice. Celle ci va l'aider à réprimer dans le SANG la contestation des camerounais de l'UPC qui le trouvaient ( avec Raison ) ILLÉGITIME !

- le 11 février : encore une chimère, un non-sens. Le 11 février 1961 , après le référendum organisé par l'ONU, tandis que le Southern Cameroon choisit de se rattacher au Cameroun francophone , le Northern Cameroon opte pour son rattachement au Nigeria indépendant depuis le 1er octobre 1960 . Ahidjo va contester les résultats du référendum au Northern Cameroon et va rapidement introduire une requête pour l'annulation et la reprise du vote, l'ONU va juger sa plainte irrecevable. La journée du 11 février sera désormais journée de DEUIL NATIONAL avec les drapeaux en berne chaque fois. Curieusement en 1965, Ahidjo la "marionnette française" décide de transformer une journée de DEUIL NATIONAL en fête de la jeunesse dont la première édition est célébrée le 11 février 1966. Alors dites-moi, est-ce normal de faire défiler les enfants sur toute l'étendue du territoire chaque 11 février date de la perte d'une portion de notre territoire ? Date de DEUIL NATIONAL ?

- le 20 mai : le 20 mai 1972, Ahidjo piétine les accords HISTORIQUES de Foumban en organisant un référendum sur l'étendue du territoire afin (pompeusement) de renforcer et consolider l'unité nationale, comme si de 1961 à 1972 les camerounais avaient un problème d'unité nationale ... Pour cela il justifie cette ERREUR HISTORIQUE MONUMENTALE par sa volonté de réduire les dépenses de l'État fédéral devenues lourdes. Il aurait pourtant suffit de maintenir l'État fédéral et d'implémenter des MÉCANISMES DE RÉGULATION. Au lieu de cela il va organiser un référendum unique sur l'ensemble du territoire national. Sachant bien que les francophones sont majoritaires, les résultats étaient connus d'avance. Pour l'historien français spécialiste du Cameroun Philippe Gaillard, on a même demandé dans certaines zones ANGLOPHONES de choisir entre le OUI et le YES.

En réalité, d'après moi les francophones n'avaient même pas besoin de prendre part au référendum, il revenait comme en 1961 de poser la question aux populations du Southern Cameroon uniquement. En vérité, Ahidjo voulait juste asseoir son pouvoir sur l'ensemble du pays et il a été aidé en cela malheureusement et peut-être "naïvement" par Foncha qui voulait demeurer le leader incontesté du Cameroun anglophone, un égoïste. Ce dernier après sa "mise à l'écart" des hautes sphères du pouvoir, va d'ailleurs se rendre à l'ONU en 1990 pour introduire une requête en vue du retour aux accords de Foumban. Comme la requête de Ahidjo en 1961 sur la question du Northern Cameroon, la sienne sera aussi jugée irrecevable !

Voilà donc un pays sans mémoire, sans repères historiques, sans dates ...
En France personne ne conteste le 14 juillet fête nationale, Idem pour le 4 juillet aux USA. Tous les pays d'Afrique ou presque, ont pour fête nationale leurs dates d'indépendance,
Toute cette cacophonie est due au fait que le programme de l'UPC n'avait pas été respecté , s'il y avait eu RÉUNIFICATION D’ABORD ET INDÉPENDANCE ENSUITE, la date du 1er octobre 1961 serait aujourd'hui notre FÊTE NATIONALE , elle ferait certainement l'unanimité , puisque aucun anglophone, aucun francophone ne trouverait à redire !

Voilà pourquoi je trouve qu'elle est la plus importante, elle est même l'unique date à célébrer au Cameroun.

Il y a déjà certes de nombreux morts, des dégâts matériels, mais rien n'est encore perdu, nous pouvons toujours retourner à Foumban !

C'est ce que demande le MRC, c'est l'une des raisons pour lesquelles nous marchons, nous marchons par amour pour le Cameroun, nous marchons par honneur pour les martyrs de notre "indépendance inachevée" ...

Ce n'est pas l'insurrection, c'est l'amour du Cameroun, c'est le patriotisme.
Il est urgent de résoudre la crise anglophone avant toute chose !

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