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Culture of Saturday, 27 March 2021

Source: griote.tv

Tchiza ou la femme de l’ombre : être le second violon

Amoureuse d’un homme marié, qui sont ces femmes qui se laissent embarquer dans une histoire d’amour avec un homme déjà engagé dans les liens du mariage?

Pourquoi ces femmes acceptent de jouer ce rôle que la société reprouve, est-ce par choix ou par dépit ?

Entre espoir, dépendance, solitude et rêves brisés, manque d’affection, faible estime de soi, que savons-nous des maîtresses d’hommes mariés ? Des femmes qui aiment ou ont aimé un homme qui ne sera jamais totalement le leur ?

Nous connaissons déjà la souffrance que vivent les femmes mariées et trompées, mais c’est très rarement qu’on s’intéresse à celle que vivent les maîtresses.

Notre article a pour but non pas de justifier ce phénomène, mais de s’intéresser à celle-là qui par dépit ou par des circonstances de la vie se retrouve dans ce type de relation condamnée par la société.

Maitresse, Djomba, Tchiza et compagnie…

La notion de «maitresse», «djomba» dans le jargon camerounais ou «tchiza» est dans son acception commune l’état d’une femme, mariée ou non qui entretient une relation extra-conjugale avec un homme légitimement marié à une ou plusieurs femmes.

Ce phénomène d’origine lointaine suscite dans notre société des réactions les plus contradictoires. Il provoque chez certaines personnes des réactions presque hostiles et pour d’autres surtout les hommes qui ici «jouent le beau rôle» ce phénomène évoque leur esprit les «délices du harem».

C’est l’une des raisons qui explique le nombre de plus en plus croisant de ce type de relation dans notre société. L’impression qui se dégage de ce phénomène c’est qu’il n’est pas du tout le fruit du hasard. C’est un phénomène aussi vieux que le monde. Aussi longtemps que notre société existe, l’on a toujours assisté à des relations de cette nature.

Cependant, le doigt accusateur et réprobateur est souvent dirigé vers ces femmes dites maitresses au détriment de celui avec qui elles commettent cet acte. Notre société a souvent tendance à célébrer à la limite ces hommes mariés qui entretiennent des relations extra-conjugales.

Face à l’hostilité de la société vis-à-vis de ces femmes, il est légitime de se poser la question de savoir : qui sont ces femmes qui acceptent de vivent dans une relation ou leurs droits ne seront jamais reconnus, heurtant ainsi les mœurs et l’institution sacrée qu’est le mariage?

S’agit-il d’un choix égoïste ?

Ces femmes décident-elles de faire passer leur confort, leur plaisir avant le bonheur d’autrui ? Ou est-ce une logique de «pas mon couple, pas mon problème».

Il existe deux cas de figure. Celle qui pense être dans une relation et ignore la situation matrimoniale de la personne infidèle, parce qu’il l’omet simplement, et celle qui sait pertinemment que son amant est déjà pris, mais décide tout de même d’entretenir une relation avec ce dernier.

Dans le premier cas, Cette dernière n’a même pas eu le choix d’être complice d’une infidélité, car son amant n’a pas été honnête sur sa situation amoureuse. De nombreuses femmes se retrouvent dans ce type de situation et pensent être dans une exclusive et tombent de haut quand elles se rendent compte qu’elles sont les maitresses, sans même avoir consenti à le devenir.

Dans le second cas, il s’agit souvent des femmes dépitées par la vie, en manque d’amour et d’affection, qui n’ont pas pu trouver un compagnon de vie, et agissent contre leurs croyances et leurs valeurs. Celles qui succombent aux charmes de ces messieurs qui n’ont que pour slogan «I WISH I HAD MET YOU BEFORE I MET MY WIFE» et se font passer comme victimes d’une relation de couple étouffante, insatisfaite.

Dans notre société, les gens sont prompts à juger les maîtresses, parfois plus durement encore que la personne infidèle. Souvent, la femme qui découvre que son mari la trompe en voudra davantage à la maîtresse qu’à son propre conjoint, pourtant c’est lui qui était lié par une promesse de fidélité et a manqué à son engagement. On fait porter à la femme la responsabilité de la sexualité de l’homme.

Mais s’attacher à un homme engagé peut entraîner de réels déchirements

De manière générale, toute jeune femme rêve rencontrer son prince charmant et fonder avec lui une famille. Mais voilà qu’il arrive que la vie a souvent des revers, et les rêvent laissent place à la réalité.

Le poids de l’âge, combiné à la solitude, le besoin d’être aimé et désiré poussent certaines femmes à se retrouver dans ce type de relation malgré le regard réprobateur de la société, tout en sachant que ces hommes ne seront jamais prêts à quitter leurs femmes pour elles.

Les maîtresses sont souvent des femmes vulnérables, elles se contentent des quelques moments de bonheur que leur offre ces hommes, ce qui est une source de beaucoup de frustration.

Malgré la solitude qu’elles vivent tout en étant dans une «relation amoureuse», elles ne peuvent se permettre le luxe de solliciter leurs amants quand elles en ont besoin, encore moins envisager un avenir avec ces derniers. Comme l’a si bien dit Nicole Mara, chanteuse camerounaise «vivre avec un homme marié, c’est jouer les seconds rôles».

C’est donc à tort que la société perçoit la maîtresse comme une «briseuse de couple» insensible, mais la triste réalité est que s’attacher à un homme engagé peut entraîner de réels déchirements, des hommes qui pour la plus part, attachent très peu d’importance à ces dernières, qui savent pertinemment qu’elles ne tiennent pas une place significative dans la vie affective de ces derniers.

Il y a très peu de cas réussis de relations extra-matrimoniales qui aboutissent en relations officielles et/ou publiquement acceptées avec ou sans mariage. Ne pas pouvoir officialiser leurs relations est pour ces femmes source de beaucoup de frustrations, de colère, d’anxiété et, dans une large mesure, de solitude.

Malgré tout cela, elles éprouvent souvent des difficultés à se défaire de cette relation clandestine, motivées par l’amour qu’elles portent à leurs amants, et d’une vie commune hypothétique.

Ces femmes qui au départ de la relation étaient conscientes de la situation matrimoniale de leur amant, se disaient «Je vais le prendre pour ce qu’il peut m’apporter », finissent vite par avoir des attentes, à s’attacher et à souffrir de la non-réciprocité. Elles ont un désir amoureux qui dépasse largement le désir sexuel et se font berner par ces hommes qui laissent entrevoir l’espoir d’une vie commune qui malheureusement ne se fera jamais.

Ces femmes préfèrent se contenter du peu qu’elles reçoivent même en sachant que cet amour est impossible, et ont tendance à idéaliser l’homme avec lequel elles passent quelques moments de grâces intenses et passionnelles. Or dans la vraie vie, une relation de couple n’est pas constituée exclusivement d’ébats passionnels.

En général, les maitresses vivent l’isolement et un sentiment de honte et de culpabilité

Elles ont peur et n’osent pas se confier, vivent dans la peur d’être découvertes et que cela mette fin à la relation. Elles préfèrent rester dans l’ombre et attendre que l’amant soit libre. Ce qui fragilise l’estime de soi.

On a tendance dans notre société à banaliser la souffrance de la maîtresse. Pourtant celle-ci vit une réelle et très grande détresse. Attendre d’être choisie, le fait de ne jamais être vue en couple, être seule dans les moments difficiles, comme lorsque surviennent la maladie ou les soucis financiers, faire le deuil de la maternité, tout ceci entraine des souffrances importantes, qui peuvent aller jusqu’à la dépression. Par ailleurs, la maîtresse peut être poursuivie pour complicité d’adultère, prévue par les dispositions combinées des articles 97 et 361 du code pénal.

A toutes ces femmes, sachez une chose, les hommes se définissent par leur réussite familiale, ils n’oseront jamais faire éclater cette cellule, qui symbolise l’aboutissement d’un projet de vie.

Il est donc grand temps de sortir de ces relations et faites à l’avenir des choix plus constructifs, car ces hommes ne quitteront jamais leur(s) femme(s) pour vous.

Sylvie_EKOBE_Juriste

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