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xxxxxxxxxxx of Tuesday, 28 April 2020

Source: Lebledparle.com

Manu Dibango au Congo: ce que l'histoire ne dit pas

Instrumentiste énorme, Manu Dibango était artiste complet qui touchait presque à tous les instruments musique. Celui là qui nous a quitté il quelques mois de suite de COVID19, a durant son immense carrière fait un détour au Zaïre, le pays de la musique. L’écrivain Arol Ketch nous amène au séjour de Papa Groove au Congo.

En 1960, Manu Dibango est embauché comme chef d'orchestre dans la boîte bruxelloise les Anges Noirs que les politiciens et intellectuels zaïrois en pleine négociation pour l'indépendance de leur pays fréquentent assidûment. Dans cette boîte, il fait la connaissance d’un jeune étudiant congolais, Justin Marie Bomboko à qui il offre régulièrement des verres de Coca Cola car ce dernier n’a pas assez d’argent pour se payer à boire. Quelques années plus tard, Manu Dibango apprend avec étonnement que le jeune Bomboko est dorénavant ministre des affaires étrangères au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo).

C’est dans la boîte ‘’Les Anges Noirs’’ qu’il fait également la rencontre de Joseph Kabasélé dit « Grand Kallé ». Joseph Kabasélé avait été emmené en Belgique à l’occasion de la table ronde par Patrice Lumumba. Grand Kallé tombe sous le charme du jeu de sax de manu et l’engage comme saxophoniste dans son orchestre l'African Jazz. Manu Dibango, musicien nourrit à l’école occidentale ne connaît plus grand chose à la musique africaine après tant d’années passées loin de la terre de ses ancêtres.



Il retourne aux sources et redécouvre les sonorités africaines dont une musique congolaise très développée et variée. Ensemble, ils enregistrent une quarantaine de morceaux dans un studio à Bruxelles pendant quinze jours. Les chansons enregistrées sont favorablement accueillies par les mélomanes africains et rencontrent un succès phénoménal en Afrique. Grâce au soutien du « Grand Kallé », Manu enregistre avec son copain Cubain Pepito son premier disque African Soul. C’est un bide. Joseph Kabasalé lui propose un contrat d’un mois pour une tournée au Zaïre en août 1961. Il accepte le contrat et embarque son épouse avec lui, direction Léopoldville (actuelle Kinshasa). Partis pour un mois, ils y resteront deux ans. Ce sera une immense tournée africaine au cours de laquelle ils sillonneront en plus des pays d’Afrique francophone, quelques-uns d’Afrique anglophone et du nord.

« Je ne connaissais pas l’Afrique. J’ai appris à jouer la musique africaine avec les africains en Afrique ce qui est différent de faire la musique africaine avec des souvenirs » aimait à rappeler Manu Dibango.

Le couple Dibango prend parallèlement en gérance l’Afro-Negro, une boîte à succès à Léopoldville appartenant à Kabasélé. Son contrat terminé avec Kabaselé et son orchestre, Manu Dibango décide d'ouvrir son propre établissement, le Tam Tam qu’il anime avec ses propres compositions et son orchestre. Manu lance la mode du twist en 1962 avec le titre Twist A Léo. Ce sera un grand succès. Manu Dibango invite ses parents à Brazzaville en Avril 1962. Occasion pour lui, de leur présenter son épouse en terrain neutre.

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