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Culture of Sunday, 1 November 2020

Source: camer

Le nouveau visage du marché du sexe à Yaoundé

Contexte oblige pour s’adapter à son temps, le marché de la prostitution a subi des mutations, notamment en ce qui concerne les lieux où elle s’exerce et ses acteurs.

Yaoundé, capitale politique du Cameroun, lieu-dit « Total Melen », il est 20 heures. Les nombreux débits de boisson situés le long sur la rue réputée chaude de « mini ferme » crache d’ores et déjà leurs décibels dans un vacarme infernal auquel se mêlent les vrombissements des automobiles et des motos-taxis, qui s’empressent à cet endroit.

A cette heure de la nuit, les rues sont encore encombrées de passants qui, pour la plupart rejoignent leurs domiciles après une journée de dur labeur.

Pour d’autres, ce n’est que le début d’une longue nuit, leur journée de « travail ». Evelyne A, la trentaine, en fait partie. Vendeuse d’œufs cuits à la coque, c’est à cette heure que commencent ses affaires. Tenant son seau sous le bras, elle explique : « Je commence ma journée à 20 heures de lundi à Dimanche, je me met sur mon 31,
puis je vais à l' attaque », muni de mon petit seau d’œufs transparent, avec dix œufs maximum et une petite boite de piment », Evelyne vent donc les œufs toutes la nuit à Mini ferme, mais pas seulement.

En fait son concept est original, pour faire face à la concurrence entre des centaines de prostitués qui se livrent à une bataille féroce ici, elle a choisi d’être mobile, itinérante, armée d’un alibi servant de tremplin : ses œufs dans le seau.

Elle s’approche de vous pour vous proposer des œufs à acheter et pendant que vous êtes à vouloir vous faire servir, elle vous propose une marchandise bien plus intéressante et dont on peut discuter du prix, contrairement à l’œuf.

Voilà des nouveaux concepts imaginés et mis en acte par des prostituées. Il ne s’agit plus pour les prostituées de se tenir à des carrefours le long de certaines ruelles obscures de la capitale ou de rester cachées derrière les « comptoirs ». Il y a désormais les prostituées itinérantes à côté de celles qui officient à un lieu fixe. Et visiblement à en croire Evelyne, cette option peut s’avérer payantes. « Mes recettes varient entre six mille francs et vingt-cinq mille francs CFA selon les jours et la chance ».

La chance pour Evelyne c’est quand par exemple un client imprudent l’embarque et elle réussi à le droguer pour soutirer tout le contenu de ses poches. Elle peut ainsi voire son revenu nocturne multiplié au gré de la fortune.

Autres lieux, même mœurs : Ekounou. Approchée, une ‘’call boxeuse’’ explique : « Je gère le call box mais en réalité je me débrouille autrement ». Christelle, 18 ans à peine est habillée de manière soignée, tout le contraire de l’allure d’une tenancière de call box. « Je dois être belle pour attirer la clientèle j’ai une garde-robe bien fournie, car les clients recherchent la qualité », se justifie-t-elle. De plus en plus, les prostituées se cachent derrière les petits métiers innocents pour pratiquer le plus vieux métier du monde.

Bien que cette pratique soit proscrite par la loi camerounaise, elle continue de servir un peu partout auprès des clients abandonnés ou occasionnels.

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