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Culture of Friday, 11 December 2020

Source: Actu Cameroun

France : Manu Dibango aurait soufflé ses 87 bougies ce samedi

L’artiste, décédé le 24 mars, à Melun, en région Parisienne, de la Covid, est né le 12 décembre 1933. Nos compatriotes vivant dans l’hexagone s’en souviennent…

« J’étais tout petit, mais déjà passionné de musique. Manu Dibango est venu se produire à Bafoussam où j’habitais. Ne pouvant accéder à la salle du concert, j’ai trouvé le moyen de grimper sur la fenêtre avec mon petit, frère Alain Bravo Kamga, nous tentions de regarder par la fenêtre pour voir Papa Manu. Quand on a pu l’a percevoir, on était heureux ».

Prince Kestamg ne se doutait pas alors qu’il croisera plus tard le chemin de Manu Dibango à Paris. « J’ai ensuite eu la chance de le voir en pleine répétition, au Val de Fontenay, pour ses 40 ans de scène au Casino de Paris. »

D’autres rencontres marqueront pour toujours Prince Kestang. « Trois évènements avec Papa Manu restent très présents dans ma tête. En 2010, à Cannes, on s’est retrouvé pour le Midem dans un grand restaurant de plus de 400 places en face du palais du festival. Plus j’avançais, plus fort j’entendais scander « Prince! Prince! Prince! ».

C’était la voix du « grand manitou », comme j’aimais l’appeler. J’avance vers lui, il m’embrasse et dit « A oho c’est ici qu’il faut être. Je suis là depuis deux jours et je vois tes posters partout. Franchement, félicitations! », se souvient-il, notant : « il était avec l’un des producteurs de Black épices qui avait produit son album où il avait repris Soul Makossa.

Un autre moment c’était lors de l’hommage à son ancien chef d’orchestre décédé, papa Nono (Noël Ekwabi ndlr), à Montparnasse. Il est passé plusieurs fois près de moi avant de s’arrêter un moment me demander “Toujours Galant”, c’est comme ça qu’il m’appelait, tu ne chantes pas? Je lui ai répondu que j’attendais mon tour. Quand Claire Diboa m’a demandé de m’apprêter, je suis monté sur scène.


A peine avais-je lancé « Oh ohohoh oh oho-hoh » que j’entendis l’accompagnement au piano. C’était le grand manitou! Il m’a aussi reçu sur Africa n°1 avec Robert Brazza, pour un hommage que je rendais à Michael Jackson via Soul Makossa. « C’est des moments inoubliables ».

“Prévenant, très attentionné”
Pour Prince Kestamg, « Manu a tout donné à la musique. Il nous manque déjà même sis es oeuvres sont là pour témoigner du grand artiste qu’il était. Il faut, après la crise de Covid, qu’un hommage soit rendu à la dimension de l’artiste et de l’homme ». Un autre artiste, Aimé Nouma, évoque ses souvenirs avec Manu Dibango.

« Des tas d’images me viennent, notamment, lui riant aux éclats à la télévision française et aussi, lui assis à côté de moi dans un club et me disant « Il n’y a rien, c’est l’homme qui a peur !». Enfin, lui et moi parlant devant la porte de sa loge au Grand Rex avant son concert en octobre 2019 », témoigne Aimé Nouma, artiste Slameur et producteur à Paris. Mais l’image première qui reste à jamais dans sa mémoire, c’est sa rencontre, par le hasard d’un voyage, avec le saxophoniste au regard prévenant.

« En 1981, j’effectuais mon premier voyage au Cameroun, une vingtaine d’années après m’être installé en France. Manu passait dans l’allée centrale de l’avion dans l’attitude de « Monsieur tout-le-monde », il a ralenti devant moi, m’a regardé dans les yeux et fait un large sourire. Je me suis senti flatté, très honoré. Avec son énergie et son audace, il a ouvert le grand bal planétaire permettant aux musiciens de styles divers et auparavant très cloisonnés de jouer ensemble, les uns avec les autres ».

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