Vous-êtes ici: AccueilCulture2021 01 11Article 566405

Culture of Monday, 11 January 2021

Source: www.camerounweb.com

CamerounWeb Awards 2020 : choississez votre ‘Acteur Culturel de l’année’

Ils ont impacté l'actualité camerounaise en 2020 Ils ont impacté l'actualité camerounaise en 2020

Dans cette rubrique, cinq artistes camerounais compétissent notamment Manu Dibango, Charlotte Dipanda, Petit Pays, le Collectif des artistes et Amal Amadou. Chacun a à sa façon marqué l’esprit des camerounais par leur mort subite sans crier gare, leur prise de parole, leur combat et leur victoire. Chers lecteurs, aidez-nous à choisir l’acteur culturel qui vous a le plus marqué.



Manu Dibango, parti sans crier gare dans un moment difficile
Papagroove ou Papa Manu, l’un des saxophonistes les plus connus n’est plus de ce monde. Le chanteur d’origine camerounaise a tiré sa révérence durant les sévices de la crise sanitaire liée au Covid-19, le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans. Une nouvelle qui a effondré le monde musical camerounais et du monde entier mais également ses nombreux fans. Personne ne s’attendait à cette triste nouvelle même lorsqu’il a été annoncé son hospitalisation parce qu’atteint du covid-19.

Il laisse derrière lui soixante années de carrière et d’engagements, sans pause ni éclipse, enchaînant plusieurs vies, les oreilles toujours en alerte, à l’écoute du son des époques qu’il traversait.

Saxophoniste au son charnu et rond, identifiable dès les premières mesures, Manu Dibango savait aussi être pianiste, vibraphoniste, joueur de marimba, pouvait jouer de la mandoline et, récemment, du balafon. Il était également chanteur, arrangeur et chef d’orchestre. Le compositeur de Soul Makossa (1972), le titre avec lequel il avait acquis une notoriété mondiale, résumait tout cela en une formule, lancée dans un de ces puissants éclats de rire qu’il semait à la volée : « Je me contente de faire de la musique. »



Manu Dibango, la fierté camerounaise a laissé un bel héritage à l’Afrique et au monde et sa mort a aussi laissé un grand vide que pour l’instant personne n’est à la hauteur. Il a représenté avec éclat l’Afrique à travers le monde. Sa chanson, Soul ‘Makossa’ vendue à des millions d’exemplaires à travers le monde. Le tube sera emprunté, sans autorisation, par Michael Jackson pour Wanna Be Startin’ Somethin’ sur l’album Thriller (1982). Il sera encore cité par Rihanna dans Don’t Stop the Music (2007) et par Jennifer Lopez dans le clip de Feelin’ So Good (2012).

Quelques dates remarquables sur la vie de Manu Dibango.
12 décembre 1933 : Naissance à Douala (Cameroun).
1949 : Arrivée en France.
1972 : Premier album, « O Boso ».
1972 : « Soul Makossa » qui entre l’année suivante dans les classements américains.
1989 : Parution de « Trois kilos de café », sa première autobiographie.
2014 : Dernier album, « Balade en Saxo ».
2019 : Tournée des soixante ans de carrière.
24 mars 2020 : Mort à Paris.


Charlotte Dipanda, la belle avec une voix qui résonne fort

Connue réservée et posée, une seule parole de Charlotte Dipanda face aux journalistes de la Voix de l’Amérique a fait trembler l’opinion camerounaise en mai 2020. Dans Vous et Nous, l'artiste a appelé Paul Biya le chef de l'État camerounais au pouvoir depuis 38 ans a passé la main. Elle est allée plus loin dans ses propos et avance que « le Cameroun ne peut pas se développer sous le régime Biya ».

Un éternel règne qui selon elle, n'a plus rien à apporter pour le développement du Cameroun. Pas de langue de bois de la part de l'artiste féminine camerounaise la plus célèbre à l'international. Paul Biya doit partir, et laisser le pouvoir à une génération plus jeune qui pourra conduire les Camerounais au développement. « Il est temps qu’on nous propose autre chose. Il est temps que le Cameroun se développe et tant qu’il n’y a pas d’alternance, il n’y a pas véritablement de développement possible », a-t-elle déclaré.

Cette déclaration a provoqué un tollé au sein du sérail camerounais, mais après elle d’autres voix des artistes se sont élevées pour dénoncer la léthargie dans laquelle le Cameroun végète depuis un moment. Cette année a été particulièrement difficile pour la chanteuse qui a perdu ses proches durant la crise sanitaire qui sévit actuellement dans le monde. Elle a maudit la covid-19 qui lui a arraché trois proches notamment son ingénieur de son, Sam Clayton et des musiciens camerounais, Manu Dibango et Ntoumba Minka. « " Je me souviendrai toujours de cette pandémie à travers des personnes que j'aime, que j'ai perdues et je sais qu'il y a des milliers de familles endeuillées.Cette période vient nous rappeler de fondamentalement s'aimer et de nous dire que nos actes d'amour, c'est maintenant ", a-t-elle conclu.

Mais elle a donné le sourire à ses fans en décembre, la fin de l’année 2020 avec cette vérité qu’elle a dévoilé sur sa relation avec le chanteur Singuila. Le duo a d’ailleurs sorti une chanson ensemble ‘Amour en cages’ qui comptabilise des millions de vues déjà sur youtube.


Petit Pays, le ‘Rabbi’ qui démontre encore sa force de frappe

La gestion du Cameroun ne convient plus à tout le monde. Après la dénonciation des politiques, des artistes aussi se sont mêlés à la danse et dénoncent les dysfonctionnements dans le pays de Paul Biya. Petit Pays fait partie des courageux qui ont tiré sur le régime cette année 2020. Rabbi n’a plus confiance en ce système Biya qui dirige durant 38 ans le pays.

« Il dit attendre un Sauveur pour changer la donne », a-t-il déclaré lors d’une interview avec une web télévision sénégalaise. L’artiste a donc exprimé son ras-le-bol sur la gestion de la musique camerounaise aujourd’hui. Il a aussi touché la haine tribale qui se développe dangereusement au Cameroun et lance la phrase qui va faire tiquer les camerounais : « Le Cameroun est mal géré ».

Ce bout de phrase a fait sauter les camerounais de leur sommeil qui lui ont apporté leur soutien sur la toile et un peu partout. « Le Cameroun est le seul pays au monde qui est divisé. Quand vous allez à l’extérieur, vous trouverez, les fêtes des Bafia, les fêtes des Bamiléké… C’est une forme de malédiction. Au Cameroun, chaque village veut réclamer une musique, ce n’est pas possible. Nous sommes un pays qui n’a pas sa propre langue. Pour se comprendre il faut parler français. On n’existe pas chez nous ici. Nous faisons semblant. Le Cameroun n’est pas géré”, a-t-il affirmé.

Quelques jours après ces propos, il sera convoqué au bureau du ministre de la justice Laurent Esso. Mais à la sortie de cette rencontre, l’artiste a posté une photo de lui et le ministre avec ce commentaire « J’ai été reçu ce jour par Laurent Lorenzo le "cœur du pays" pour parler de l'actualité brûlante dans notre pays et dans le monde. »

Il faut aussi rappeler que le Turbo d’Afrique comme on le surnomme, un artiste au grand génie, et certainement le plus prolifique de sa génération possède à lui seul plus de 4 disques d'or et plusieurs reconnaissances à l'échelle internationale.


Le collectif des artistes contre la guerre au NOSO
Il s’agit du Mouvement des artistes camerounais pour la Paix créé au lendemain du tragique décès d’au moins 8 enfants survenu samedi 28 octobre 2020 lors de l’attaque d’un établissement privé situé dans la ville de Kumba.

Le mouvement mené par le rappeur Maalhox, réunit des artistes confirmés ou pas, unis pour trouver des solutions au retour de la paix dans le NOSO. Un geste qui est tout à fait à notre honneur, Lady Ponce a déjà rejoint le mouvement qui compte déjç parmi les siens Krotal, le Dynastie le Tigre, Petit Malo, Xzafrane, Salatiel. Leur union a été saluée par des Camerounais qui se disent dépassés par les tristes évènements qui se déroulent au NOSO.


Djaïli Amadou Amal, la nouvelle coqueluche des camerounais

Son exploit sur la scène littéraire mondiale lui a conféré des honneurs au pays et ailleurs. Djaïli Amadou Amal, la digne fille du Nord Cameroun, a reflété son identité dans son livre « Les impatientes », premier roman publié en France. Elle relate entre les lignes l’histoire de trois femmes vivant à l'extrême Nord du Cameroun, Ramla, Hindou et Safira qui luttent chaque jour contre la violence exercée à leur encontre, contre le mariage forcé, le viol conjugal, la polygamie.

Ce chef-d’œuvre a été couronné par le Prix Goncourt des Lycéens, après qu’elle ait reçu l'année dernière le Prix Orange du livre en Afrique, Djaïli Amadou Amal, "sauvée par la littérature" d'après ses mots, veut voir en cette récompense un espoir pour l'avenir.

L’écrivaine, de père camerounais et de mère égyptienne révèle qu’elle s’est entichée de la littérature dès son bas âge. Elle a lu durant son enfance des grands écrivains comme Amadou Hampaté Bâ, Ferdinand Oyono, Ken Bugul, ainsi que des romans sur le mariage comme Une si longue lettre, de Mariama Bâ, et Sous l’orage, de Seydou Badian Kouyaté, qui l’ont fortement inspirée. « Mais vous savez qui je préfère ? Juliette Benzoni ! J’adore son héroïne, Catherine de Montsalvy ! ».

Objet de fascination, elle a été reçue au palais de l’Unité de Etoudi. Elle a été accueillie par la première dame le 23 décembre 2020. Pour la circonstance, elle a été honorée par Chantal Biya qui a adressé ses vives félicitations à l’écrivaine Camerounaise Djaili Amal pour le succès littéraire.


Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter