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Diasporian News of Monday, 9 November 2020

Source: www.camerounweb.com

Révélations d'Annie Tchoko sur les vraies raisons de le création de 'Bobbi Tanap'

Un mouvement féministe africain a vu le jour à Bruxelles le 17 juillet dernier lors d’une manifestation organisée par la diaspora camerounaise devant les institutions européennes à l’occasion de la rencontre des chefs d’Etats européens pour dénoncer le hold up électoral de 2018 et l’incapacité du gouvernement à mettre fin à la guerre qui sévit dans la partie anglophone depuis 2016 et qui a déjà fait plusieurs victimes et de nombreux déplacés.

Pour percer les mystères de ce mouvement, la rédaction de camerounweb s'est entretenue avec Annie Tchoko, formatrice et militante "Bobbi Tanap" en Belgique.

En quoi consiste votre mouvement ?

ANNIE TCHOKO : Notre mouvement s’appelle « Bobbi Tanap » qui signifie en langage commun « les femmes debout » les femmes sont restées longtemps des spectatrices de la scène politique et nous avons jugé qu’il est temps qu’on prenne les choses en main car la femme est toujours la grande victime de toutes les situations que créent les hommes politiques par conséquent, elles doivent s’impliquer.

Se dénuder la poitrine pour dénoncer, est-ce une copie des Femens ?

Je dirais oui, car ces femmes nous ont inspiré, ce sont des femmes courageuses mais nous sommes aussi allées chercher dans l’histoire du militantisme féminin en Afrique et nous avons découvert que les femmes africaines ont été les premières à utiliser leurs corps pour revendiquer leurs droits notamment au Nigeria; malheureusement l’histoire de l’Afrique est parfois mal connue.

On vous a vu le 04 novembre devant les institutions européennes notamment devant le parlement et devant le Conseil européen, que revendiquez-vous ?

Ce jour n’avait pas été choisi au hasard, il marque le départ du président Ahidjo et l’accession au pouvoir du président Biya en 1982. Le 04 novembre est un jour triste pour nous; nous dénonçons «38 ANS DE POUVOIR » du président Biya qui dirige en Maitre absolu sous le regard complice de la communauté internationale, il fraude les élections, il torture et musèle les journalistes, pille le pays, séquestre et arrête les opposants, incapable de mettre fin à la guerre qui secoue la partie anglophone depuis 4 ans.

Annie Tchoko

POURQOUI AVOIR CHOISI Manifester DEVANT LES INSTITUTIONS Européennes ?

Nous savons que l’Europe est la mère de la démocratie et nous la vivons au quotidien car nous y résidons mais nous ne comprenons pas pourquoi elle continue à soutenir les dictatures; comment comprendre que les Européens soient incapables jusqu’ à présent de prendre des sanctions sévères contre le gouvernement Biya ? Vous n’imaginez pas la gravité de la situation au Cameroun ; la population fait face à un président de la république absent mais spécialiste des communiqués et des décrets, nous sommes confrontés aux défis de la crise sanitaire et à la résolution du conflit dans la partie anglophone; malheureusement on ne le voit pas, le drame de Kumba en est une illustration, 7 ENANTS ont été sauvagement tués dans une école, il s’est fait représenter par le premier ministre,

Dirige-t-on un pays par procuration ?

Face à cette situation, quel message aimeriez-vous passer ?

Le message selon lequel le président Paul Biya ne gouverne plus le Cameroun, rappelez-vous qu’il est très âgé et probablement malade et affaibli ; un petit groupe d’amis s’est accaparé la gestion du pays y ont instauré la terreur et la répression sauvage, la confiscation de droits et libertés collectives et individuelles.

L’exemple le plus récent est la marche initiée par le principal parti d’opposition le 22 septembre pour exiger la nécessité de la tenue d’un dialogue inclusif pour résoudre le conflit dans la partie anglophone
Cette marche pacifique a été qualifiée d insurrectionnelle par le gouvernement sans aucun fondement réel, aujourd’hui, il y a des centaines de citoyens qui sont détenues car ayant participé à cette marche, sans oublier le domicile du principal opposant MAURICE KAMTO QUI EST sous Surveillance Policière. IL NE PEUT SORTIR ET PERSONNE NE PEUT LUI RENDRE VISITE

Au regard de tout ceci, Nous voulons que les choses changent, la communauté internationale, garant des droits et libertés fondamentaux doit sanctionner les membres du gouvernement impliqués dans la violation de ces droits au Cameroun afin qu’une véritable démocratie voit le jour au Cameroun où le citoyen sera au centre de la gouvernance politique.

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