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Diasporian News of Thursday, 10 December 2020

Source: camer

Attaque de l’ambassade du Cameroun: dans les coulisses du procès à Bruxelles

Plusieurs suspects devraient comparaitre en 2021 devant le Tribunal de Première Instance (TPI) de Bruxelles pour répondre des faits de dégradation des ouvertures de l’ambassade du Cameroun à Bruxelles.

Pour rappel, des manifestants opposés au régime de Paul Biya avaient fait irruption à l’avenue Brugman dans la nuit du 26 au 27 janvier 2019. Ces assaillants, encagoulés, s’étaient attaqués aux portes et fenêtres de l’immeuble siège de la représentation diplomatique du Cameroun.

Une instruction judiciaire avait été ouverte par la constitution de partie civile de l'Ambassade du Cameroun représentée par le chef de poste diplomatique Evina Abe'e Daniel. C’était le 29 mars 2019 contre ceux que la presse à qualifier d’activistes camerounais.

Opération spontanée ?

Selon toute vraisemblance, la prise d’assaut de l’ambassade du Cameroun à Bruxelles n’était pas un évènement préparé. En dehors de son déroulement spectaculaire, il fut d’ailleurs un échec selon plusieurs analystes.

Après le déroulement des faits, certains activistes poursuivis et que nous avons interrogés, nous ont indiqué que leur action du 26 janvier 2019 était spontanée.

Imiter Paris et Berlin

Cette action étonnante aurait été donc inspirée par l’écho des arrestations massives des militants du mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) qui participaient à une marche blanche sur place au Cameroun ce jour-là. A cela, vient s’ajouter l’annonce des casses perpétrées, avec une certaine facilité il faut le reconnaître, dans les ambassades du Cameroun à Paris (France) et Berlin (RFA) ce même samedi.

Simple coïncidence ? Face à ces évènements listés plus haut, les membres du Code réunis à Bruxelles pour des raisons internes au départ, décident aussitôt d’entrer dans la danse et de porter le coup fatal à l’ambassade du Cameroun à Bruxelles.

Echaudés notamment par les actions menées par leurs paires de la diaspora en France et en Allemagne, les leaders du Code réunis en Belgique interrompent leur assemblée dans la ville de Bruxelles et décident tous de foncer à l’avenue Brugman peut après 20 heures ce samedi 26 janvier 2019.

Précisons que le personnel d’ambassade n’est pas présent dans leurs bureaux puisque l’opération se déroule un samedi et pendant la nuit.
Les ouvertures attaquées ne cèdent pas aux « coups de burins » des assaillants en furie. Les fenêtres et les portes sont blindés et l’impact des armes blanches n’explose pas le dispositif. Les fauteurs ne parviennent pas à pénétrer dans l’enceinte même du bâtiment.

La police descend sur les lieux

Alerté, la police belge intervient très rapidement. Une fois sur place, elle interpelle puis relâche plusieurs personnes faute d’éléments suffisamment à charge pour établir le cas de flagrant délit.

Mentionnons que certains suspects nous ont confié avoir fait le voyage de la France pour assister à l’assemblée du Code à Bruxelles. Une seule personne a été finalement conduite au commissariat pour une audition beaucoup plus poussée la nuit des faits. Il s’agit du nommé Djakam Bouendé Carlos interpelé en raison de son altercation avec un membre du personnel de l’ambassade sur le site de l’offensive. Rendu au poste de police, Djakam Bouendé Carlos a été auditionné, puis relâché après minuit, soit au petit matin du dimanche 27 janvier 2019. Soulignons que plusieurs autres provocateurs ont quitté les lieux avant l’arrivée des forces de l’ordre.

Des assaillants non encore formellement identifiés

L’exploitation des images des caméras de surveillance a permis de constater qu’une dizaine d’assaillants, voire plus, s’attaquaient aux ouvertures de l’ambassade et «tentaient de pénétrer par effraction dans l’enceinte de l’ambassade» selon la plainte initiée par le chef de poste diplomatique du Cameroun en poste à bruxelles. Les meneurs étaient encagoulés rendant ainsi difficile leur identification, l’opération s’étant déroulée tard dans la nuit.

Des auditions infructueuses

Le gardien de l’ambassade serait un témoin privilégié de la casse. Il aurait lancé l’alerte qui a abouti à l’intervention de la police cette nuit-là. Comme lui, plusieurs suspects ont été interrogés.
Puis, il y a d’autres témoins au rang desquels l’on peut citer Gustave Ndieunang Nakong. Ce militaire de carrière est le responsable en charge de la sécurité auprès de l’ambassade du Cameroun à Bruxelles. Le samedi 26 janvier 2019, il n’était pas en service à l’ambassade puisqu’il ne travaillait pas ce jour de week-end.

Prévenu de l’attaque du siège de l’ambassade par sa hiérarchie, il est arrivé sur les lieux de l’incident après le départ des assaillants. Il y est resté pour les constats d’usage en compagnie de plusieurs membres du personnel de l’ambassade venus aux nouvelles. Lesdits membres du personnel d’ambassade quitteront d’ailleurs le site très tard ; ils étaient les tout derniers à partir de l’avenue Brugman au petit matin du dimanche.

Quelques jours après la casse, la police procède à d’autres auditions. C’est d’ailleurs en sa qualité de responsable de la sécurité que Gustave Ndieunang Nakong sera lui aussi convoqué et auditionné par la police bruxelloise comme témoin au début du mois de février 2019 et non pas comme suspect comme l’a erronément indiqué certains médias en ligne. Depuis lors, le militaire de carrière n’a plus été ni convoqué, ni recontacté dans le cadre du procès en cours.

Dans l’ensemble, les diverses auditions n’ont jusqu’ici pas toujours permis de confondre les suspects, ni t’établir les responsabilités. Un épais manteau d’incertitudes pèse désormais sur l’avenir du procès devant les juridictions criminelles belges selon plusieurs suspects.

Ouverture attendue du procès 2 ans après les faits

Convoqués une première fois le 12 mai 2020, le procès (encore en phase de l’instruction) avait été renvoyé en raison de la situation sanitaire liée au Covid-19.

Le ministère public avait d’ailleurs requis un non-lieu considérant qu’il y a très peu d’élément à charge du principal suspect.

Le 22 septembre dernier, la justice a à nouveau renvoyé l’affaire cette fois au 21 janvier 2021. La chambre du conseil du tribunal siègera à partir de 10h 15 au Palais de Justice pour délibérer et rendre une décision sur les suites à donner au procès.

Non-lieu ou renvoi devant le tribunal correctionnel ?

Les magistrats du siège adopteront-ils la position du procureur du roi qui a requis un non-lieu ? La charge des frais de procédure incombera alors à l’ambassade du Cameroun, partie plaignante qui gardera néanmoins son droit d’introduire un recours auprès de la chambre des mises en accusation près la cour d'appel.

Au final, deux issues sont possibles dans le cadre de ce procès : un non-lieu ou un renvoi devant le tribunal correctionnel.

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