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Crime & Punishment of Friday, 6 November 2020

Source: mondeactuel.net

Kumba: l’ombre de la mort continue de planer à Mother Francisca International Academy

Les riverains, témoins du massacre de sept écoliers âgés de 9 à 12 ans, ont rendu un vibrant hommage aux victimes, dont les dépouilles ont été remises aux familles, jeudi 5 novembre.

Les dépouilles de sept écoliers tués, le 24 octobre dans l’attaque de la Mother Francisca International Academy, à Kumba, dans le Sud-Ouest ont été remises aux familles jeudi 5 novembre. Au moment de l’incident, des familles se sont massées à l’esplanade de la morgue de l’hôpital central de Kumba, pour leur rendre hommage.

Film de la barbarie

De l’avis des riverains, Mother Francisca International Academy n’est pas la cible première des assaillants, ce samedi 24 octobre.

Ces derniers, se dirigeaient d’abord vers une autre école de Fiango, non loin de la périphérie de la ville de Kumba, mais ils n’y trouvent personne : « Il n y’avait aucun élève à Mother Ann car là-bas, ils respectent les consignes des délégués, qui ont interdit la classe le samedi. C’est pour ça qu’ils sont ensuite allés à Mother Francisca », explique une source sécuritaire.

Une fois dans l’enceinte de Mother Francisca International Academy, les assaillants pénètrent dans une classe de sixième. Ils ouvrent le feu. D’abord, sur Victory CamibonNgamenyi, 11 ans. Il sera le premier à tomber sous les balles : « On a entendu des tirs, des pleurs, et les cris de ceux qui demandaient qu’on vienne les sauver », se souvient un élève de classe voisine ».

Comme Victory CamibonNgamenyi,cinq autres tombent, âgés de 9 à 12 ans. Un sixième succombe quelques heures plus tard. Ces hommes, étaient à bord des motos, soit trois par engin affirme un témoin de la scène.

Kumba, zone à risque

A Kumba, localité située à 70 kilomètres de Buea, des blindés de la gendarmerie et du Bataillon d’intervention rapide (BIR) patrouillent dans le centre-ville. L’omniprésence des soldats a fait taire les débats aux relents sécessionnistes qui animaient les conversations des habitants.

« La ville est truffée d’indics, confie Franklin, propriétaire d’un bar à Krammar Junction. Ceux de l’armée, ceux des Ambazoniens…Mieux vaut éviter de parler des sujets controversés ». Kumba est sous la menace depuis 2016. Cette année-là, les habitants étaient sortis nombreux pour manifester pacifiquement et se retrouver au lieudit « Bicec Junction », rejoignant dans leur combat les avocats de Bamenda et les étudiants de Buéa.

L’idée de la sécession brûlait sur toutes les lèvres. Mais la violence a fini par déferler. Le premier camp des Ambazoniens voit le jour à Teke. Les Ambabys se présentent comme les justiciers et gagnent la sympathie des populations. Au fil du temps, la situation s’est enlisée.

L’armée camerounaise déploie les forces dites de troisième catégorie, les mêmes que celles qui sont envoyées pour combattre Boko Haram. Affaibli, les Ambazoniens se radicalisent et se tournent vers les civils, accusés de « Traître ». Ces dernières années, Kumba est le théâtre des enlèvements et assassinats.

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