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Actualités Criminelles of Wednesday, 8 September 2021

Source: Mutations

Kribi: lumière sombre sur la disparition de deux pêcheurs

Les deux pêcheurs disparus le 10 juin dernier ont en fin donné de leurs nouvelles Les deux pêcheurs disparus le 10 juin dernier ont en fin donné de leurs nouvelles

Alors qu’on les croit morts suite à leur disparition le 10 juin dernier, les deux pêcheurs du débarcadère de Nzami vivraient clandestinement entre Campo et Lolodorf

L’épais brouillard qui planait sur la disparition des surnommés « Papi » et « Okocho » s’est quasiment dissipé. La peur et l’inquiétude qui caractérisaient les populations de Nzamie dans la ville de Kribi (région du Sud) ont cédé place à la quiétude. Les deux pêcheurs disparus le 10 juin dernier ont en fin donné de leurs nouvelles. «Ils sont des nôtres. Mais vivent clandestinement», apprend-on.

Au débarcadère de Nzamie, où les deux amis pratiquaient leur activité quotidienne, l’ambiance est détendue le mardi 24 août. Presque tout le monde détient l’information qu’ils sont en vie. Mais nul ne sait exactement où ils se trouvent.

Certains pensent qu’ils vivraient dans une petite île située dans l’arrondissement de Campo. D’autrès pensent qu’ils se réfugieraient dans un village dans l’arrondissement de Lolodorf. Au fond, la lumière sur leur existence actuelle est sombre.

Ce sont des « vivants morts ». Au sein de la famille, le deuil n’a jamais été célébré. Des indiscrétions font état de ce que leurs proches parents ainsi que les conjointes savent où ils se trouvent. Sauf qu’ils sont peu diserts sur la question. « Ici, nous ne nous faisons plus de doute. Ils sont vivants. Il semble même que l’une des conjointes est allée dernièrement voir son mari. Il se porte bien. Mais leurs bouches sont cousues. Ces personnes ne vous diront jamais où vivent Papi et Okocho » confie un habitant du quartier.

Mais pourquoi vivre en cavale ? Une question qui taraude tous les esprits. Beaucoup pensent que leur acte se justifierait par la crainte de poursuites judiciaires de la part du propriétaire du matériel perdu en mer. Aux dernières nouvelles, celui-ci mis au courant de leur existence serait à leur recherche.

C’est dans la matinée du jeudi 10 juin dernier que Papi et Okocho avaient embarqué à bord d’une grande pirogue à moteur, pour vaquer à leur activité régulière. Le cap était mis sur les eaux territoriales à Campo, à la frontière, entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale. Durée du séjour maritime, 48 heures. Samedi 12 juin, jour prévu pour leur retour, ils sont attendus, en vain.

Dans des débarcadères et autres lieux de vente de poissons frais, plusieurs interrogations se posaient. C’est chacun qui y allait de son opinion. Certains pensaient au naufrage dû aux intempéries diverses qui surviennent en mer. D’autres pensent que les disparus auraient pu se heurter à un bateau ou à un gros rocher. En effet, le duo avait eu un accident maritime. Car un pêcheur témoigne avoir vu un congélateur flotter en mer dans la nuit du 14 au 15 juin.

On a alors vite compris qu’il est arrivé malheur au duo qui figurait parmi les rares acteurs à pêcher à plus de 20 brasses, soit 30 mètres de profondeur. La communauté des pêcheurs décide de se lancer à leur recherche. Dimanche 20 juin, l’une des patrouilles retrouve non loin de Londji à 15 km de Kribi l’épave de la pirogue utilisée par les disparus Toute chose qui a poussé à la conclusion qu’ils sont morts, assurément noyés. Que non.