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xxxxxxxxxxx of Monday, 13 July 2020

Source: camer.be

Insécurité à SOA : les étudiants crient à l’aide


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Viols, agressions, cambriolages dans les mini-cités, les étudiants de Soa disent vivre dans la peur constante.

Depuis le crapuleux assassinat de Célestine Ngah Akoa, la jeune étudiante de 19 ans mortellement poignardée non loin de chez elle dans la nuit du 1er juillet dernier, les étudiants vivent dans la peur.

Chanelle et Honorée, deux résidentes de la mini-cité Berta où vivait également Célestine affirment qu’elles pensent déménager avant la fin d’année. »Trop, c’est trop » disent-elles. »Nous sommes en insécurité alors que nous habitons à quelques pas du campus »

Non loin de la mini-cité Berta, nous rencontrons Arouna, un étudiant en sciences économiques qui nous révèle que le sentiment d’insécurité n’est pas nouveau. »La ville de soa est dans l’insécurité depuis et nous les étudiants en sommes les principales victimes. La veille de l’assassinat de Célestine, une jeune étudiante a même été dépossédée de son téléphone derrière l’amphi 1500 » nous dit-il.

Selon les témoignages de plusieurs étudiants interrogés, les mini-cités subissent constamment des cambriolages.

Les téléphones portables sont particulièrement prisés par les malfrats qui s’en prennent à ces jeunes camerounais en quête de savoir. Si pour la plupart des cas, l’issue de ces agressions n’est pas tragique, certaines personnes comme Célestine en viennent à perdre la vie. Un habitant de Soa nous parle du troisième assassinat en l’espace de 22 mois, dans les alentours de la cité universitaire.

D’autres victimes se retrouvent avec des séquelles physiques et psychologiques importantes.

Mireille, une étudiante rencontrée non loin du centre-ville affirme connaître plusieurs filles qui ont subi des viols, mais, ont préféré garder le silence. Certains des viols ont eu lieu derrière le fameux amphi 700 où a été tué Célestine Ngah Akoa. Selon notre enquête, 3 victimes d’agressions sur 5 perpétuées à Soa sont des femmes.

Sur les raisons de cette recrudescence de l’insécurité, les avis sont presque unanimes.

La majorité des étudiants pointent du doigt la négligence des bailleurs » regardez-vous même, nous payons 350 000fcfa de loyer annuel et nous n’avons même pas de vigile » se plaint Chanelle de la mini cité Berta. Pourtant, à la signature du contrat de bail, le propriétaire des lieux a bien promis de prendre les mesures qu’il fallait pour assurer la sécurité de ses locataires. » Regardez, regardez…même la route qui mène à la mini-cité n’est pas éclairée, c’est une vraie brousse. Si les agresseurs ne nous ne tuent pas, les serpents le feront » s’écrie-t-elle à nouveau.

Sur la question de l’éclairage et de l’entretien des voies d’accès aux mini-cités certains résidents évoquent la responsabilité partagée de la mairie et des bailleurs. L’éclairage public faisant bien partie des missions régaliennes des autorités municipales.

Arouna voit bien plus loin que la négligence des bailleurs, pour lui, la faute est aux forces de l’ordre. »Je suis étudiant ici depuis trois ans et je n’ai jamais rencontré la moindre patrouille des forces de l’ordre ». L’étudiant pense que les patrouilles des forces de l’ordre seraient dissuasives pour certaines personnes mal intentionnées.

À ce propos, un gendarme approché affirme que de telles opérations sont bel et bien effectuées mais que les forces de l’ordre ne peuvent pas être partout. »Les étudiants doivent éviter de rentrer trop tard » nous confie-t-il sous anonymat.

En attendant que mairie, bailleur et forces de l’ordre s’accordent, pour les étudiants, c’est la sécurité en mode débrouillardise. » Dans ma cité, nous avons acheté des sifflets. Au moindre mouvement suspect, vous sifflez et les voisins accourent pour vous porter secours » nous renseigne Arouna. » Chez nous, nous fermons le portail à 23h. Tout le monde fait l’effort de rentrer un peu plus tôt » conclut Chanelle.

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