Vous-êtes ici: AccueilActualitésActualités Criminelles2021 06 20Article 603421

Actualités Criminelles of Sunday, 20 June 2021

Source: Repères

Insécurité - Grand banditisme - Désordre urbain : la peur s’empare des villes et villages

'Je peux affirmer que la situation sécuritaire du pays est globalement sous contrôle' 'Je peux affirmer que la situation sécuritaire du pays est globalement sous contrôle'

La première conférence semestrielle des gouverneurs de régions s’est spécialement penchée sur ces fléaux sociaux en pleine recrudescence au moment où le Cameroun s’apprête à accueillir la CAN.

La situation sécuritaire du Cameroun était au cœur de la première Conférence semestrielle 2021 des gouverneurs des 10 régions du Cameroun, tenue du 14 au 15 juin à Yaoundé. « Après analyses de vos différents rapports, je peux affirmer que la situation sécuritaire du pays est globalement sous contrôle », s’est gaussé le ministre de l’Administration territoriale (MINAT) face aux gouverneurs à l’ouverture des travaux.

Dans le même temps, Paul Atanga Nji reconnait, pour dire le moins, que des défis importants restent à relever. « Ces assises se tiennent dans un contexte marqué par la persistance d’actes de banditisme dans certaines de nos villes et campagnes », note le MINAT. Ce dernier admet qu’en dépit des résultats encourageants obtenus sur le terrain, la situation sécuritaire des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (en proie à une crise sociopolitique), de l’Extrême-Nord (la secte terroriste Boko Haram y reste active) et dans une certaine mesure de l’Est (sous les spasmes de l’insécurité en Centrafrique) mérite une évaluation profonde.

Pour autant, Paul Atanga Nji n’ignore pas la poussée de l’insécurité aussi bien en milieu urbain que rural. « Nos échanges nous permettront d’évaluer nos stratégies en vue de les adapter à l’évolution des méthodes sans cesse changeantes des hors-la-loi », prescrit Paul Atanga Nji. Qui recommande aux gouverneurs d’accorder une attention particulière à la criminalité cybernétique, aux vols à main armée, aux braquages à domicile et dans les taxis, aux prises d’otages avec demande de rançon, etc. qui connaissent une recrudescence ces derniers temps.

Recrudescence des braquages

Mais le MINAT et les gouverneurs n’ont pas seulement planché sur la situation sécuritaire. Le désordre urbain, commun à la quasi-totalité des villes camerounaises d’après le MINAT, était aussi au cœur des échanges. Et c’est justement pour cette raison que la première conférence semestrielle 2021 des 10 gouverneurs de régions, organisée du 14 au 15 juin, était placée sur le thème “Décentralisation et ordre public”. Et la situation préoccupe jusqu’au Premier ministre. Lors de l’inauguration du nouvel immeuble siège de la direction générale des Impôts le 27 novembre 2020, Joseph Dion Ngute avait publiquement tancé le maire de Yaoundé, Luc Messi Atangana. « Il est temps que notre capitale cesse de donner l’image d’un bidonville à ciel ouvert avec des constructions anarchiques, des voiries dégradées et une insalubrité rampante », s’est alors insurgé le chef du gouvernement.

Face aux gouverneurs, Paul Atanga Nji a martelé qu’il faut, sans délai, mettre fin au désordre urbain. « Vous devez instruire vos préfets de veiller à ce que les bacs à ordures ménagères ne soient plus visibles dans les centres urbains et sur les axes dans nos villes. C’est une mauvaise image pour nous tous et pour ceux qui visitent notre pays », a insisté le MINAT. Surtout que le Cameroun accueille la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football en janvier prochain.

Capitale poubelle

Le Premier ministre soutient que la solution passe par l’élaboration « d’un véritable schéma directeur d’aménagement et de veiller à son application rigoureuse sur le terrain ». Pour sa part, le MINAT a prescrit aux préfets et aux sous-préfets d’effectuer des descentes régulières sur le terrain afin d’assurer la propreté des villes. De leur côté, les maires de villes et les maires de communes doivent inscrire la propreté de la cité dans leurs agendas quotidien, hebdomadaire et mensuel. Mais le désordre urbain ne se limite pas à l’amoncellement des ordures ménagères ici et là. L’occupation anarchique de la voie publique par les transporteurs, les commerçants, etc. représente son autre visage.

Paul Atanga Nji note que « ce phénomène a tendance à se généraliser, malgré les efforts déployés par les municipalités ». Sous le prisme du MINAT, l’activité des motos-taxis constitue l’autre facette du désordre urbain. « En effet, il a été établi que bon nombre d’entre eux sont malheureusement des vecteurs de l’insécurité et de la violence dans nos cités et villages », regrette Paul Atanga Nji. Pourtant, face aux carences des transports en commun, les motos-taxis représentent dans la plupart des grandes villes le moyen de locomotion le plus utilisé. Le MINAT préconise une densification de l’opération d’identification des conducteurs et des motos dans le cadre de l’assainissement du secteur.