Vous-êtes ici: AccueilActualitésActualités Criminelles2021 09 01Article 616693

Actualités Criminelles of Wednesday, 1 September 2021

Source: La Nouvelle Expression

Crime rituel: un albinos enlevé et tué: sa dépouille retrouvée mutilée à Bafoussam

La police a ouvert une enquête La police a ouvert une enquête

Fouodji Flaubert était porté disparu depuis quatre jours. Plusieurs avis de recherches avaient été lancés à travers les médias et les réseaux sociaux.

Le dimanche 29 Août, le corps de ce chef de famille a été découvert dans une broussaille au quartier Djeleng 2 à Bafoussam, avec certains organes enlevés. La police a ouvert une enquête. Les ongs avaient lancé l’alerte aux enlèvements depuis le mois d’avril. Elles réclament des sanctions sévères.

Ce lundi 30 Août, les membres de la famille de Fouodji Flaubert sont inconsolables au domicile familial situé au quartier Djeleng 2 dans l’arrondissement de Bafoussam 1e. Les enfants de cet homme âgé d’une quarantaine d’année, commerçant au marché A de Bafoussam, ont toujours du mal à croire ce qui est arrivé à leur papa.

« Il n’est pas rentré à la maison et nous avons constaté que ses téléphones étaient éteints. Il n’a pas quitté le pays sinon nous serions informés. C’est lorsque nous avons passé un jour sans avoir de ses nouvelles que nous avons lancé l’avis de recherche. Il ne présentait aucun signe de malaise» explique l’une de ses filles en larmes, qui avait elle-même envoyé un message à travers les réseaux sociaux aux autres membres de la famille.

«C’est très dur. Qu’il repose en paix, courage à la famille, que Dieu l’accueille parmi ses étoiles. C’était notre voisin au marché. Un homme charmant C’est dur à supporter », affirme quelques commerçants solidairement mobilisés pour venir présenter leurs condoléances dès l’annonce de la nouvelle.

Corps retrouvé abandonné

La nouvelle de sa découverte a été largement publiée sur les réseaux sociaux par les membres de la famille-ce lundi 30 Août. «Il y a quelques jours j’avais posté la disparition de ce papa albinos. Sa fille vient de m’annoncer que le corps a été retrouvé sans vie, dans un état terrible», a mentionné Madame Nana un proche de famille sur tweeter.

Au Commissariat de police de Bafoussam 1e, les policiers indiquent que la dépouille de Fouodji Flaubert a été découverte dans le même arrondissement, mutilée, abandonnée dans une broussaille. Le corps aurait, été amputé d’organes emportés par’ les ravisseurs.

Déployer les gros moyens pour débusquer assassins

«Nous travaillons sur la piste d’un crime rituel. Il faut très rapidement rassembler les preuves et rechercher les ravisseurs. L’information étant secrète, nous ne pouvons pas tout vous dévoiler», a expliqué un fonctionnaire de la police qui a gardé l’anonymat.

L’adjudant-chef, commandant-adjoint de la brigade de gendarmerie de Djeleng 5 affirme qu’ils sont en train de faire des recherches plus approfondies. «Je vais faire le tour de toutes les brigades de gendarmerie de la ville. Je pense que d’ici demain nous aurons plus d’informations» a-t-il indiqué.

Pour lui, les enlèvements sont faiblement recensés . dans une ville comme Bafoussam. «Nous avons beaucoup plus de disparition de mineurs. Des mineurs parfois albinos, quelques cas ont été recensés. Mais des cas d’enlèvements comme celui-ci, c’est un peu rare quand même», mentionne-t-il.

Doute

Au vu de l’ambiance qui règne au sein des unités, il est difficile de croire que des moyens colossaux seront déployés pour faire la lumière sur cette affaire. Les médias de la ville n’en parlent pas. Le gouverneur et les hauts gradés de la région ne sont pas au courant. Pourtant il est de la responsabilité de l’État d’assurer la sécurité des personnes en tant que garant du adroit à la vie de tous ceux qui sont sur son territoire. Et ces crimes sont encouragés par l’impunité des auteurs et complices.

L’attitude «trop fermée à la communication de la famille» est un autre frein pour faire prospérer cette affaire. Les enfants du défunt aux dernières nouvelles auraient décidé de ne plus donner des interviews à la presse.

«Depuis ce matin, nous sommes débordés par les coups de fils des journalistes qui appellent partout dans le pays. Nous ne voulons plus communiquer. Laissez nous nous concentrer pour enterrer notre papa», a expliqué l’un des membres de la famille, qui venait juste de raccrocher le téléphone de manière brusque. Le corps est placé à la morgue de l’hôpital régional de Bafoussam. ».

L’alerte avait pourtant été donnée

Waffo Marie Madeleine, présidente de l’association des femmes albinos du Cameroun, affirme qu’aux mois d’avril et Mai elle a reçu des informations selon lesquelles des personnes non identifiées cherchent à enlever des albinos à Bafoussam.

«Nous avons demandé à tous les albinos de Bafoussam et Bandjoun de faire très attention à leurs mouvements, car il y a des ravisseurs qui pourraient les enlever ou porter atteinte à leurs vies. J’ai aussi passé l’information au ministre des affaires sociales avec qui je siège au conseil d’administration de l’association nationale des handicapés.

Elle a promis de prendre des dispositions au niveau de son ministère. Ce qui est arrivé est déplorable. Mais il faut retrouver les assassins», a-t-elle indiqué. Elle indique qu’elle fera une descente dans la ville de Bafoussam dans les prochains jours pour s’enquérir de la situation.

«Des enlèvements avec morts d’hommes comme ceux-ci, nous en recensons plusieurs fois tous les deux ans dans les villes de l’Ouest du pays. Ce sont les marabouts qui font des enlèvements pareils. Des tradipraticiens qui font des amputations pour faire des pratiques de magie.

Je pense qu’il est temps que l’État prenne des sanctions sévères pour stopper ce phénomène avant qu’il ne prenne de l’ampleur», explique madame Waffo Marie Madeleine.

Sanctionner sévèrement les auteurs

Selon le juriste Lontsi Victor, les faits cités sont constitutifs d’atteintes à l’intégrité corporelle prévus et réprimés par le code pénal, en ses articles 74, 275, 277, 277 alinéa 1. Car les crimes sont les infractions pénales les plus graves et doivent être lourdement sanctionnées par la loi. Si les albinos victimes de ces actes n’ont pas vu leurs plaintes prospérer, ceci est un énorme problème car l’État a pris des engagements tant dans notre loi constitutionnelle, que dans les diverses conventions ratifiées d’assurer la sécurité de la population. Et tant que les actes ne sont pas punis, les auteurs recommenceront.

La convention relative aux droits des personnes handicapées oblige les États signataires à protéger le droit à la vie. L’article 10 stipule que «Les États Parties réaffirment que le droit à la vie est inhérent* à la personne humaine et prennent toutes mesures nécessaires pour en assurer aux personnes handicapées la jouissance effective, sur la base de l’égalité avec les autres». Et l’État doit prendre des mesures pour assurer ces droits.