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Actualités Criminelles of Wednesday, 12 May 2021

Source: Le Jour

Comment se protéger des cybercriminels ?

Environ 7 sites web d’administrations publiques ont subi une attaque de type web Environ 7 sites web d’administrations publiques ont subi une attaque de type web

Fraude, escroquerie, extorsion, vandalisme, harcèlement. Environ 7 sites web d’administrations publiques ont subi une attaque de type web d’effacement, 34 sites gouvernementaux sont attaqués par des programmes malveillants, des opérations d’usurpation d’identité de plusieurs membres du gouvernement, environ 4 milliards de pertes liées au cyber-arnaque.

Le compte facebook d’Ekema Emmanuel Likine, membre de la cellule de communication de l’Assemblée nationale du Cameroun a été piraté par un individu aux idées malveillantes dans le but de nuire à sa réputation. La victime a lancé l’alerte il y a quelques heures seulement sur les réseaux sociaux afin d’amener ses followers à être sur leur qui-vive. Avant ce cri de détresse, le bourreau avait déjà réussi à extorquer la somme de 50 000 Fcfa à une de ses proches et attendait encore 70 000 Fcfa. « Je regrette vivement que certains amis et parents proches soient déjà tombés dans cette arnaque. Je présente mes profondes excuses à tous ceux qui sont tombés entre les mains de ces arnaqueurs sanglants et sans vergogne », a-t-il posté.

Eyafa Jacques Calvin alias Samuel Mvondo Ayolo a été identifié et présenté le 10 mai 2021 à la presse dans l’enceinte de la Délégation générale à la sûreté nationale (Dgsn). Il a usurpé l’identité du Directeur du cabinet civil de la présidence de la République pour commettre de nombreux forfaits. Il y a quelques mois encore, c’est le compte de notre confrère Francky Bizal Ze qui passait sous le contrôle d’un hacker. Ce dernier voulait lui aussi escroquer de l’argent à tous ses amis en ligne. Martin Tsapi et bien d’autres Camerounais ont déjà fait les frais de cette nouvelle forme d’arnaque qui a cours dans le monde interconnecté. Des témoignages des victimes peuvent tenir dans un conteneur de 40 pieds. Personne n’est à l’abri. C’est ce qu’on appelle la cybercriminalité.

Un crime en développement

Selon l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic), la cybercriminalité est l’activité qui consiste à utiliser les systèmes et réseaux informatiques en général et Internet en particulier pour poser des actes criminels ou proscrits par la loi. C’est un acte déviant ou indirect causé par un être humain de manière consciente ou inconsciente, spontanée ou préméditée, immédiate ou différée, individuelle ou groupale, dans son milieu propre ou ailleurs, avec un impact en ligne ou hors ligne qui peut toucher directement ou indirectement un humain, une entité structurée ou un État. Ces cybercriminels nous tournent autour au quotidien. Leur profil robot est bien connu. Ce sont des ex-employés qui désirent se venger de leur licenciement ; ce sont des entreprises qui désirent espionner les activités de leur concurrent ou de les surclasser ; c’est toute personne malveillante qui opère aux moyens des Tic. Leur but ultime est de commettre un crime ou une cyber attaque pour servir leurs intérêts ou ceux de leurs alliés en volant des informations ou en détruisant des systèmes. Ils peuvent également chercher à nuire ou tester leur capacité de nuisance en sapant la qualité des services. Pour y arriver, ils procèdent par des logiciels malveillants, des spamming (inondation de courriels indésirables pour des fins publicitaires), par scamming, par des intrusions en prenant le contrôle des systèmes entre autres.

Dans sa leçon inaugurale du premier colloque international sur la cybercriminalité et cyber sécurité au Cameroun et en Afrique organisé à Yaoundé du 06 au 07 mai dernier par l’Université de Dschang, le Professeur Guy Mvelle, par ailleurs directeur scientifique nous renseigne que la révélation des crimes sur les systèmes d’information remonte à 2011 lorsque la Camair-Co est victime d’un coup de piraterie ayant entraîné la perte de 500 billets d’avion. Par la suite, l’Antic révèle qu’entre 2015 et 2017, 7 site web d’administrations publiques ont subi une attaque de type web d’effacement, 34 sites gouvernementaux sont attaqués par des programmes malveillants, des opérations d’usurpation d’identité de plusieurs membres du gouvernement, environ 4 milliards de pertes liées au cyber-arnaque.

Vol des données divers

Des données saisissantes qui laissent voir que personne n’est à l’abri de ce nouveau virus ; même pas les grandes puissances car l’affaire Edouard Snowden de 2013 a bougé les Etats-Unis en son temps. Le cyberespace est passé d’un champ d’opportunité à un champ d’affrontement, d’escroquerie, de haine, d’espionnage ; ce qui constitue d’énormes défis pour les Etats tant sur le plan économique, sécuritaire ou socio-politique. Face aux différentes balises déployées, les hackers changent d’approche régulièrement question de s’adapter au nouvel environnement. Pour contrer ces malfaiteurs virtuels, les experts conseillent de toujours maintenir l’antivirus à jour, de ne pas cliquer sur les liens provenant des inconnus, d’éviter le transfert systématique des informations avant plusieurs vérifications entre autres. Au regard des différentes données, il est évident que les cyber-attaques ont de beaux jours. En naviguant dans cette grande autoroute de l’information, il faut réfléchir avant de cliquer.